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Congrès de l’Union Nationale CGT-Educ’Action - du 9 au 13 mai 2005

Projet de résolution n° 3 : Une démarche de syndicalisme rassemblé pour construire le rapport de force

mercredi 30 mars 2005, par CGT Educ’Action 94

1. LES CONTRADICTIONS ET DIFFICULTÉS DU SYNDICALISME FRANÇAIS

2. UN SYNDICALISME ÉMIETTÉ, UN TAUX DE SYNDICALISATION PARMI LES PLUS FAIBLES

3. Dans le préambule des statuts de la CGT, il est
écrit : « Nous avons l’ambition de construire un rapport de force tourné vers le progrès social... Nous inscrivons notre action dans un combat qui vise l’émancipation des salariés, qui libère la société de toutes formes d’exploitation ».

4. Notre action se situe dans la continuité des valeurs
fondatrices de la CGT, de justice sociale, de solidarité,
de rassemblement, de démocratie, d’unité de tous
les salariés.

5. Nous voulons construire dans l’Éducation nationale
avec les personnels une force solidaire, puissante et
dynamique pour combattre les reculs sociaux et imposer,
en créant les convergences d’action nécessaires avec l’ensemble des salariés, des parents et des jeunes,
une autre politique éducative.

6. Le Congrès de Lille notait : « de scission en scission... le paysage syndical se complexifie et engendre de nouvelles compétitions. Il s’émiette, mobilise les énergies militantes de chaque camp, ce qui ne conduit pas à renforcer la présence syndicale, ni à dégager de véritables dynamiques ».

7. La France est l’un des pays industrialisés qui affiche
le plus faible taux de syndicalisation (8,2 %, secteurs
public et privé confondus). 1 845 000 de personnes
sont syndiquées sur un effectif total de 21,71 millions
de salariés. C’est deux fois moins qu’il y a 25 ans.

8. Le syndicalisme est aujourd’hui à la recherche d’une
efficacité nouvelle. Il s’agit de lui faire franchir une
en recherchant en permanence l’élargissement de son
influence.

9. POURTANT, DES ATTENTES FORTES VIS-À-VIS DU SYNDICALISME

10. La démarche revendicative et la stratégie adoptée par
le 46e puis par le 47e congrès confédéral proposent des
orientations permettant d’affronter les difficultés que
rencontre le mouvement syndical aujourd’hui.

11. Les salariés, actifs, privés d’emploi, retraités, accordent une confiance accrue au syndicalisme notamment
à la CGT, en particulier parmi les 25/35 ans (61 %).

12. Ces atouts doivent nous permettre de progresser et de
dépasser le faible taux de syndicalisation ainsi que
l’émiettement des forces syndicales qui sont autant de
réalités handicapant le déploiement de l’action.

13. C’est le sens de la démarche de la CGT pour un syndicalisme rassemblé.

14. Cette stratégie qui correspond à la situation actuelle du syndicalisme n’hypothèque pas pour autant la recherche d’une unité qui pourrait à terme voir la réunification du syndicalisme.

15. Les diverses enquêtes d’opinion, les résultats aux élections professionnelles, dans le privé comme dans le
public, avec des participations plus élevées, la progression des adhésions attestent de cette évolution
positive de l’opinion des salariés. En témoigne, pour
sa part, le renforcement constant de l’UNSEN depuis
plusieurs années.

16. Le crédit grandissant accordé par les salariés au syndicalisme renforce sa responsabilité, et plus particulièrement celle de la CGT, pour s’opposer à la volonté conjuguée du MEDEF et du gouvernement d’imposer
des politiques régressives, de s’attaquer au droit
du travail et aux droits sociaux. Il se doit de ne pas
décevoir.

17. DES DIFFICULTÉS À SURMONTER

18. Le syndicalisme est aujourd’hui la principale force
organisée, mais sa division, qui ne correspond pas toujours à une fracture idéologique, est un frein à la
syndicalisation.

19. C’est un obstacle au déploiement des luttes, d’autant
qu’une partie du syndicalisme défend l’idée d’un clivage
en deux pôles inconciliables, l’un incarné par la
CFDT, qui serait de compromis et de négociation au
nom d’un réalisme et d’un réformisme assumé, l’autre,
contestataire, autour de la CGT (déclaration de
F.Chérèque lors des 40 ans de la CFDT).

20. Un des dangers, pour ne pas dire un des pièges consisterait à instituer une ligne de démarcation entre organisations syndicales.

21. Le 4e congrès de l’UNSEN (Lille) rappelait justement : « il n’y a pas d’avenir pour un syndicalisme constitué en blocs, étiquetant une fois pour toute les uns dans le camp des »réformistes , les autres dans celui des « radicaux ».

22. La CGT fait résolument le choix d’un syndicalisme
qui fasse en sorte que les divergences entre organisations, liées à leur histoire, leurs orientations, leurs stratégies, soient compatibles avec des accords unitaires sur toutes les questions qui peuvent rassembler à un moment donné (conditions de travail, d’emploi et de
rémunération des salariés...).

23. Par rapport au niveau confédéral, le secteur de l’Éducation connaît une situation plus favorable au « syndicalisme rassemblé » bien que marqué par l’émiettement, par la diversité et « la compétition » syndicale, ainsi que par les évolutions de l’UNSA et de la FSU qui ont élargi leur champ de syndicalisation.

24. Il se caractérise par l’action unitaire. Depuis maintenant plusieurs années, une interfédérale, malgré les différences d’approche, a contribué à faire vivre cette réalité.

25. N’est-ce pas l’une des raisons de l’ampleur de la mobilisation du printemps 2003, dans notre secteur ?

26. A contrario, la difficulté de l’unité au plan interprofessionnel n’est-elle pas une des causes de l’échec de l’élargissement des luttes ?

27. Il convient de favoriser la construction d’un front syndical le plus large possible sur la base d’objectifs clairement partagés. Pour ce faire, l’intervention des salariés est déterminante.

28. LES LEVIERS POUR CONSTRUIRE UNE DYNAMIQUE DE RASSEMBLEMENT DU MONDE DU TRAVAIL

29. UN SYNDICALISME RASSEMBLÉ, DE PROPOSITIONS ET DE LUTTES, S’APPUYANT SUR LA DÉMOCRATIE

30. Le syndicalisme rassemblé demeure une nécessité incontournable, du lieu de travail jusqu’au niveau national interprofessionnel. Mais pour en créer les conditions, le volontarisme unitaire ne suffit pas.

31. De manière constante, l’UNSEN et ses organisations
départementales et académiques visent à cette recherche
d’unité et de rassemblement.

32. Cependant l’unité ne peut être seulement de sommet.
Elle y contribue en s’adressant aux autres organisations
dans une recherche de convergence revendicative et de développement de l’action.

33. Mais, sans engagement large des salariés, il est plus
difficile d’aboutir à des accords unitaires.

34. C’est pourquoi il est nécessaire de développer des initiatives multiformes pour informer et débattre de ces
questions avec les salariés.

35. Le contenu, le fondement de l’action doivent être en
permanence soumis aux syndiqués et aux salariés et
discuté.

36. Il convient de mettre en œuvre un syndicalisme qui
agit et négocie, à partir d’une démarche revendicative
qui allie défense des droits et conquêtes nouvelles, un
syndicalisme de lutte et de propositions qui s’appuie
sur la démocratie, par la participation et la consultation des syndiqués, des salariés.

37. Dans cette perspective de contribuer à la mise en place d’une démarche de démocratie sociale, la CGT, avec
ses syndiqués, travaille à la construction de propositions alternatives crédibles en les confrontant à l’avis des salariés, en débattant avec eux.

38. Dans cette perspective, elle développe l’information,
en articulant constats, analyses, propositions revendicatives et perspectives d’action.

39. Dans cette perspective, elle élabore des argumentaires pour répondre au besoin d’information. Ils constituent des supports susceptibles de favoriser l’engagement.

40. Aujourd’hui, l’information est considérée comme
déterminante. En effet, trop nombreux sont ceux, et
parmi eux les personnels de l’Éducation nationale, qui pensent qu’il n’y a pas d’autres solutions que la régression sociale, le recul des droits et la protection
sociale dans un contexte de mondialisation sont inéluctables.

41. Les revendications et propositions avancées par la
CGT doivent être mieux diffusées et débattues avec
les salariés afin qu’ils puissent en mesurer la crédibilité.

42. Lorsqu’elles sont porteuses d’exigences largement
partagées, les luttes sont puissantes et l’unité syndicale devient incontournable.

43. L’UNITÉ DES SALARIÉS : UNE DÉMARCHE
PERMANENTE

44. La recherche de convergences d’action entre les différentes catégories de personnels est indispensable.
Que ce soit dans le cadre fédéral ou interprofessionnel,
les organisations de l’UNSEN, du national au local, doivent s’impliquer dans cette recherche de convergences.

45. Dans les écoles, collèges, lycées et Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM) :

46. • entre personnels d’éducation, d’enseignement et de
direction, de santé, d’administration et de service,

47. • entre titulaires, stagiaires et précaires,

48. • entre instituteurs, professeurs des écoles, ATSEM
et assistants de vie scolaire,

49. • entre personnels du public et du privé avec les personnels
des Centre de Formation d’Apprentis (CFA)
et les personnels, le plus souvent des contractuels des
Groupements d’Intérêt Public (GIP),

50. • dans le cadre de l’activité fédérale, les syndicats départementaux ont un rôle central d’impulsion, de
contact, d’organisation et de suivi.

51. Cette recherche de déploiement est aussi à faire vivre dans les villes, regroupements de communes, et les
départements.

52. UNE ORGANISATION AU SERVICE DES LUTTES

53 Dans sa recherche de convergence et de solidarité
interprofessionnelle, notamment entre public et privé,
l’activité permanente du syndicat est indispensable.

54. Dans le but de rechercher l’élargissement des mobilisations pendant les luttes, cette activité syndicale doit s’articuler avec des formes ponctuelles d’organisation (coordination, assemblées générales), dont
la légitimité doit reposer sur une réelle représentativité et où la CGT doit prendre toute sa place, sans que cela se fasse au détriment de l’activité permanente du syndicat.

55. Face à la crise du politique et à l’absence de perspectives que celle-ci induit, la tentation existe d’amener le syndicalisme à se substituer au politique.

56. Nous devons réaffirmer, chaque fois qu’il est nécessaire, l’indépendance syndicale vis-à-vis des partis
politiques et refuser toute co-élaboration ou soutien
à un projet politique global, quel qu’il soit, comme
l’idée que c’est le syndicalisme qui peut résoudre la
crise du « politique ».

57. Mais indépendance n’est pas synonyme de neutralité,
c’est pourquoi la CGT prend toute sa place dans
le débat public.

58. Par contre, dans le respect des responsabilités et des fonctions des différentes organisations, syndicales,
associatives ou politiques, la CGT entend apporter
sa contribution sur des problèmes généraux comme
sur des dossiers précis.

59. Le syndicalisme CGT s’engage aux côtés de tous ceux
qui veulent donner une nouvelle dimension à l’action
revendicative en Europe et dans le monde.

60. C’est le sens de la participation active d’organisations (comme celle de la FERC dont l’UNSEN) et de militants CGT aux forums sociaux mondiaux et européens.

61. De nouvelles relations et convergences se tissent avec de plus en plus de composantes du mouvement social
dans le respect des identités et responsabilités de chacun.

62. Un processus de création d’une nouvelle organisation
syndicale internationale est en débat au sein de la
Confédération Mondiale du travail, de la Confédération
Internationale des Syndicats Libres et de confédérations
nationales sans affiliation internationale. La CGT est partie prenante de ce processus

63. Pour la part qui lui revient l’UNSEN, au sein de la
FERC , s’engage pour la réussite de celui-ci.