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Déclaration de la CGT-Educ’Action au Comité Technique Académique du 16 janvier

lundi 22 janvier 2018, par CGT Educ’Action 94

La répartition ministérielle des moyens laissait présager une rentrée 2018 marquée par de nouvelles dégradations des conditions de travail des personnels et d’apprentissage des élèves dans les collèges et lycées. Cette politique d’austérité est dans la droite ligne du comité action publique 2022 mis en œuvre par le gouvernement, qui a pour objectif principal de procéder à une réduction drastique des dépenses publiques, avec d’ores et déjà l’annonce de la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires sur le quinquennat.
Dans le premier degré, nous notons le maintien de l’inflexion donnée depuis la rentrée 2016 mais nous craignons qu’elle soit insuffisante pour permettre, dans de bonnes conditions, la mise en place de l’ambition présidentielle de dédoubler les classes de CP et CE1. En effet notre académie et particulièrement la Seine-Saint-Denis connaissent une sous dotation structurelle : Les problèmes de remplacements sont encore très présents et entraînent par exemple une difficulté d’accès aux formations REP+, la précarité est persistante, les classes de très petites sections ne sont pas en nombre suffisant, les seuils ne sont plus respectés. La politique gouvernementale, au-delà de la « communication », n’a pas, par son manque d’ampleur, l’ambition d’offrir aux élèves de notre académie le même service public qu’ailleurs sur le territoire.
Dans le second degré la situation continue d’empirer. Le taux d’encadrement (H/E) est au plus bas en passant en dessous de la barre des 1,49. Pour une augmentation prévue de 4 370 élèves aucun poste de personnel CPE, d’infirmier·e, assistant·e social·e ou d’administratif·ve n’est prévu. Cette non dotation ne pourra donc pas répondre aux difficultés des établissement comme le collège Pablo Neruda de Pierrefitte en grève depuis la rentrée pour des moyens en vie scolaire dont l’octroi d’un poste supplémentaire de CPE. En ce qui concerne le service social nous tenons à vous rappeler que certaines AS sont encore en poste sur plusieurs établissements REP.
Dans les lycées généraux et technologiques la situation se maintient, ou plutôt devrions nous dire que les difficultés se maintiennent. Le déphasage constant ces dernières années entre moyens supplémentaires et hausse démographique a fortement dégradé le climat scolaire et les conditions d’apprentissage dans les établissements. En témoignent les mouvements de grève de cette rentrée et les nombreux rassemblements devant le rectorat.
Dans la voie professionnelle, la suppression de 60 emplois n’est pas justifiée alors même que le rectorat se permet toujours de ne pas respecter les horaires réglementaires en baccalauréat professionnel. La baisse attendue du nombre d’élèves nous apparaît comme un argument bien léger quand on sait que le taux d’encadrement est et sera inférieur à celui 2011.
Les 91 emplois supplémentaires pour l’année 2018 sont loin de couvrir l’augmentation démographique dans les collèges cristoliens. Il manque, dans la prévision 2018, 158 emplois pour seulement maintenir le taux d’encadrement prévu pour la rentrée 2017. Le département le plus touché est la Seine Saint Denis. Cette dotation de moyens de 2018 marque un renoncement affiché à toute politique d’éducation prioritaire dans le second degré. Les premières victimes de ce manque de moyens sont les élèves les plus fragiles : les élèves allophones qui voit les dispositifs UP2A dégradés par le manque d’heures d’enseignement ou la mise en place d’inclusions sans prise en compte des besoins élèves. La CGT Educ’action sera au côté des personnels mobilisés le 24 janvier pour la défense des classes d’accueil en Seine Saint Denis.
Le gouvernement n’a pas l’ambition de l’émancipation de chaque jeune et n’est pas décidé à y consacrer les moyens nécessaires. Son choix politique est plutôt celui plus ou moins assumé d’organiser une sélection à l’entrée de l’université et ainsi rajouter des barrières aux élèves les plus fragiles pour l’accès à l’enseignement supérieur. La réforme du lycée dessine la mise en place d’un processus de sélection dès le début du lycée ainsi que la suppression du baccalauréat comme premier grade universitaire.
La création de 5 BTS sur l’académie n’est pas une mesure suffisante pour répondre aux difficultés d’accès des élèves, notamment issus de la voie professionnelle, aux poursuites d’étude. Deux ouvertures sont prévues en apprentissage. Nous tenons à rappeler que l’apprentissage reste une voie d’accès plus discriminante que le scolaire. L’élévation générale du niveau de qualification est un enjeu et un besoin tant économique que social. La CGT Educ’action défend la nécessité de permettre l’émancipation de tous les jeunes par l’accès aux poursuites d’études de leur choix. La CGT Educ’action revendique la mise en place de classes passerelles avec des moyens dédiés entre le baccalauréat professionnel et les BTS pour rendre ce droit effectif.
La CGT éduc’action Créteil est indignée de la manière dont notre académie traite son personnel non-titulaire ne possédant pas la nationalité française. Suite à la décision ministérielle de 2016 de commencer les cours d’espagnol en classe de 5e le rectorat a mis en place une grande campagne de recrutement de professeurs non-titulaires d’espagnol et ce jusqu’en Amérique latine. L’académie n’a pas assuré le suivi nécessaire pour sécuriser ces personnels, les plongeant dans de grandes difficultés : certains collègues n’ont pas pu venir, revenir ou rester sur le territoire français car le rectorat ne leur a pas remis en temps et en heure les documents nécessaires à l’établissement ou au renouvellement de leur VISA ; et ce malgré la signature de promesses d’embauche en juillet. Du fait du manque de suivi, des collègues n’ont pu se rendre sur le territoire et prendre leur fonction qu’après les vacances d’automne. Malgré des promesses d’embauche à l’année, ces collègues se voit attribuer des contrats courts parfois sans être rémunérés pendant les vacances. Certains collègues n’ont pour le moment pas encore touché leur paye. Le rectorat doit au plus vite régulariser leurs situations et tenir ses engagements en leur remettant des contrats annuels leur permettant ainsi de rester sereinement sur le territoire. Le rectorat doit mettre en place les moyens et les dispositifs pour assumer dans le respect des personnels ses ambitions de recrutement.
Enfin nous souhaitions revenir sur la situation de M. Stoller. Cette fois-ci ce ne sont pas les personnels en grève, les parents d’élèves, les élèves, les représentants politiques ou encore les commissaires paritaires PLP mais le tribunal administratif qui considère que la « mutation dans l’intérêt du service » qu’a subi notre collègue est une sanction déguisée. Sur le fond et sur la forme le tribunal a cassé votre décision le 21 décembre. À ce jour, vous n’avez toujours pas réintégré M. Stoller. Pour la CGT Educ’action il est temps d’en finir, dans l’intérêt du bon fonctionnement du service, M. Stoller doit pouvoir reprendre ses fonctions de DDFPT au lycée Suger de St Denis.