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La lettre 335 de l’Ugict Cgt du 17 janvier 2011

lundi 10 janvier 2011, par CGT Educ’Action 94

ÉDITO : IDÉOLOGIE ET DOGMATISME À LA MANOEUVRE

Le débat sur les 35 heures et sur le coût du travail a été
soigneusement alimenté ces dernières semaines à
l’occasion ou en marge des voeux. La semaine passée,
la ministre de l’Économie, Christine Lagarde a estimé que
le débat sur les 35 heures était un « vieux débat mort et
enterré », appelant plutôt à s’interroger sur le coût du travail
en France. Il est vrai qu’après avoir largement introduit
des dérogations et tripatouillé les textes, l’intérêt d’une
remise en cause frontale et définitive a pu paraître inutile
jusque dans les rangs du Medef. L’extrême prudence
sur ce sujet est à mettre en rapport avec la très
forte sensibilité de l’opinion sur cette question. De sondage
en sondage, les salariés refusent la fin des 35
heures et ne croient pas à son utilité pour renouer avec
la compétitivité. Mais les propos de Christine Lagarde
ne sonnent pas la fin de la récré. Ils doivent nous alerter
sur la volonté réaffirmée de baisser encore le coût
du travail qui est un thème constant dans le discours
du Medef. Cette antienne patronale trouve de larges
échos au sommet de l’État. Elle est prêchée comme
un dogme, une véritable idéologie. C’est l’un des griefs
formulés par Éric Verhaeghe, le président de l’Apec,
qui a rendu la semaine dernière tous ses mandats
détenus au nom du Medef. Le discours sur le coût du
travail en France trop élevé selon le patronat en particulier,
l’inquiète : « en pesant sur les conditions de vie
des salariés, on pousse ceux-ci à s’endetter pour vivre.
Or, la crise a démontré les dangers de l’endettement ».
(...) Il est dangereux de répéter à l’envi que le coût du
travail est trop élevé », ce qui aboutit à la « modération
salariale » et à l’endettement « massif » des salariés et
favorise socialement « l’extrémisme ». (...) Face à la
crise, le monde patronal doit assumer ses responsabilités,
prendre sa part d’effort et ne pas chercher à alléger
au maximum son fardeau en le transférant sur la
majorité laborieuse. (...) Sur un plan moral, lance-t-il,
« rien ne justifie que le remboursement de la dette soit
assumé par les plus bas revenus » qui en « profitent le
moins ». Il appelle les élites à « ne pas se comporter
comme une noblesse d’ancien régime » et les exhorte
à « un sursaut républicain ». On ne se plaindra pas
qu’un patron tourne sa veste dans un sursaut de lucidité.
Cette sortie a au moins l’intérêt d’alimenter le
débat et de montrer la collusion idéologique entre le
patronat et l’exécutif.
On avait vu combien toutes les gesticulations et les
coups de menton de Nicolas Sarkozy au début de la
crise avaient surtout pour but de « tout changer » pour
que rien ne change et que tout recommence. Sa gouvernance,
ses réformes et notamment celle du système
de retraite, sont conduites pour donner des
signes aux agences de notation et répondre aux desiderata
patronaux. Tous les mécanismes qui ont
conduit à la crise sont perpétués, tandis que l’on taille
en pièces tous les boucliers de la protection sociale et
du service public dont on a pu mesurer qu’ils étaient
des amortisseurs efficaces de la crise.

SOMMAIRE :
- Temps de travail : pas touche aux 35 heures disent 70 % des cadres
- Collectivités territoriales : pour une reconnaissance des travailleurs sociaux en catégorie A
- Dassault Mérignac : la CGT mobilise pour faire décoller les salaires
- Disparition de la Halde : la CGT saisit José Barroso
- Magistrats administratifs : en grève le 6 février contre une justice « d’abattage »
- Medef : claquements de portes au patronat
- Emploi : les jeunes hommes plus touchés par le chômage en 2009
- Précarité : 100e jour de grève à la Poste de Marseille 02
- Démographie : plus les femmes sont diplômées, moins elles font d’enfants
- États-Unis : le gâchis humain et financier des inégalités de santé
- Colloque CGT-FSU : « Jeunes salariés et syndicalisme »
- Congrès de l’UGICT-CGT : un site dédié avec les documents accessibles à tous

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