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La lettre 307 de l’UGICT CGT du 31 mai 2010

lundi 31 mai 2010, par CGT Educ’Action 94

ÉDITO : LES PROMESSES N’ENGAGENT QUE CEUX QUI LES CROIENT

L’adage n’a jamais été aussi vrai avec Nicolas
Sarkozy, dont la presse a exhumé cette semaine
les promesses de bateleur de foire alors que le
président dénonçait l’héritage de François
Mitterrand avec la retraite à soixante ans. « Le droit
à la retraite à 60 ans doit demeurer, de même que
les 35 heures continueront d’être la durée hebdomadaire
légale du travail. Que ce soit un minimum,
cela me va très bien », disait notamment le prétendant
à l’Élysée dans une interview au Monde (23
janvier 2007). Un an après son accession à l’Élysée,
le 27 mai 2008, le président rejetait aussi sur RTL
l’idée de porter l’âge légal de la retraite à 63,5 ans,
comme le proposait alors la présidente du Medef
Laurence Parisot. « Elle a le droit de dire ça, je dis
que je ne le ferai pas pour un certain nombre de
raisons et la première c’est que je n’en ai pas parlé
pendant ma campagne présidentielle. Ce n’est
pas un engagement que j’ai pris devant les
Français je n’ai donc pas de mandat pour faire cela
et ça compte vous savez pour moi », expliquait-il.
Aujourd’hui, le ministre du Travail estime que c’est
faire un « très mauvais procès » à son patron que de
le rappeler à ses engagements. De même qu’il était
sans doute très injuste de lui mettre sous le nez sa
promesse de ne pas privatiser GDF. Et il serait proprement
scandaleux sans doute de lui projeter en
boucle « je serai le président du pouvoir d’achat ».
Un mauvais procès aux yeux d’Éric Woerth, car
« on ne savait pas qu’il y aurait une crise ». Nous
prendrait-il pour des benêts ? La problématique
des retraites date d’avant la crise et le besoin d’asseoir
les recettes du système par répartition sur un
autre partage de la valeur ajoutée ne remonte pas à
la crise des bourses mondiales, pas plus qu’à
l’éclatement de la bulle Internet. La crise a le dos
large quand il s’agit de justifier les pires mesures.
Les mesures annoncées vont durcir les conditions
d’acquisition des droits à la retraite et vont continuer
à faire baisser le niveau de vie des inactifs. Le
recul de l’âge de la retraite n’a aucun sens dans un
pays où les jeunes ne trouvent pas de travail et où
les salariés en fin de carrière sont éjectés des entreprises.
La journée d’action de jeudi dernier a rassemblé
un million de manifestants largement soutenus par
des séries d’enquêtes d’opinion qui rejettent
majoritairement les mesures annoncées. Certains
n’ont voulu y voir qu’un enterrement en grande
pompe d’un acquis social, affichant un mépris
lamentable pour les forces sociales. Ils auraient
tort de croire que les salariés lâcheront le morceau.
Les syndicats doivent se rencontrer ce lundi
pour donner des suites, mais ils ont tous annoncé
d’autres rendrez-vous…

SOMMAIRE
- Retraite : Bruxelles prône un recul général de l’âge
- Thales Avionics : assignation en justice du plan de réorganisation
- Diplômés Bac + 4 : selon l’Apec, la chute des recrutements est enrayée
- Harcèlement chez Euronext : le parquet qualifie l’entreprise comme cas d’école
- Informaticiens SNCF : « stop à la razzia d’IBM »
- TNS Sofres : des précaires privés de leur contrat demandent un plan social
- Enseignants de BTS : non-défrayés en 2009, ils entament une grève des examens
- Enseignement supérieur : des créations de postes plutôt que le Grand Emprunt !
- Santé : les médecins spécialistes et les médicaments jugés trop chers
- États généraux des professions techniciennes : le 23 septembre 2010

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