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Communiqué de presse de l’APSES (Association des Professeurs de Sciences Economiques et Sociales)

Les SES et la série ES paient le prix fort de la réforme du lycée

lundi 23 novembre 2009

vendredi 27 novembre 2009, par CGT Educ’Action 94

Le contenu de la réforme du lycée rendu public par le Ministre de l’Education nationale suscite un profond mécontentement chez les professeurs de Sciences Economiques et Sociales (SES). Les enseignants de SES tiennent à souligner le décalage qui existe entre la communication de Luc Chatel et le contenu précis de la réforme du lycée qu’il propose.

Les SES dans la classe de seconde

Le Ministre annonce ainsi que les « cours d’économie seront obligatoires » en classe de seconde. Mais de quels cours d’ « économie » parle-t-il ? Que deviennent les autres sciences sociales (notamment la sociologie, l’anthropologie, la science politique) dont chacun se félicite de l’importance à diverses occasions, comme dernièrement lors des hommages rendus à Claude Lévi-Strauss ? Dans quelles conditions ces cours seront-ils dispensés ?
La réforme du lycée fait en effet passer les horaires alloués à l’enseignement des SES de 2h30 hebdomadaires à 1h30 en classe de seconde. Cela constitue une étonnante manière de favoriser la formation économique et sociale des lycéens.
Le Ministre s’obstine par ailleurs à refuser d’intégrer les SES aux enseignements communs de la classe de seconde. Cet enseignement demeure optionnel, au choix avec un enseignement d’ « économie appliquée et gestion », et les élèves suivant un enseignement artistique, de LV3 ou de langues de l’antiquité pourront en être dispensés.

Son prédécesseur, Xavier Darcos, avait pourtant convenu que les lycéens avaient besoin de SES et avait annoncé son intention de les intégrer aux enseignements obligatoires en classe de seconde. Mais c’était il y a un an : la continuité et la cohérence ne semblent pas de mise au Ministère de l’Education Nationale.
Sur les 23h30 d’enseignements dispensés de façon obligatoire aux élèves de seconde, est-il à ce point inconcevable de faire une place à un enseignement de SES ? La demande d’une meilleure compréhension des enjeux contemporains s’exprime très largement dans toute la société. L’école ne peut rester sourde à cette demande que chaque enseignement de l’actuel tronc commun vise à satisfaire, mais qui suppose également de pouvoir mobiliser des connaissances et des méthodes des différentes sciences sociales (et pas seulement ceux de la science économique), ce que permet l’enseignement de SES.
Est-il enfin nécessaire de rappeler que les SES sont le seul enseignement général central d’une des trois séries à ne pas être proposé obligatoirement aux élèves de seconde afin d’éclairer leur choix d’orientation tout en participant à leur formation générale en sciences sociales ? Qu’est-ce qui justifie ce traitement discriminatoire de l’enseignement de SES ?

Les SES dans le cycle terminal

La place accordée aux SES dans le cycle terminal pose trois problèmes. Tout d’abord, parmi les disciplines majeures des trois séries, l’enseignement de SES est celui qui dispose du volume horaire le moins élevé : il y a 8 heures de philosophie en série L, 8h30 d’enseignements scientifiques en série S, et seulement 5 heures de SES en série ES. Une égale dignité des différentes séries ne peut donc passer que par un horaire plus conséquent de l’enseignement de SES en cycle terminal, et des marges de manœuvre existent puisque l’horaire total des élèves est plus faible en série ES que dans la série S. Par ailleurs, le volume horaire de l’enseignement de spécialité en série ES est abaissé à 1h30 alors même qu’il est de 2h en série S et de 3h en série L. Cette inégalité de traitement est inacceptable. Enfin, la partition imposée de l’économie (« approfondie ») et des sciences sociales préfigure une dénaturation de la démarche même des SES que les professeurs de SES refusent.
L’APSES prend également acte de la création d’un enseignement de spécialité « Droit et grands enjeux du monde contemporain » en TL que les enseignants de SES ont vocation à enseigner, dans la mesure où cet enseignement devra mobiliser des connaissances en économie, sociologie et science politique, et demande à ce que l’inspection générale de SES participe à l’élaboration de son programme.

Un rééquilibrage des séries au détriment de la série ES ?

Plus globalement, la rénovation du cycle terminal du lycée donne le sentiment que le rééquilibrage revendiqué des séries passe en fait par le siphonage d’une série ES déstabilisée (par la réduction des horaires en SES et la suppression des spécialités Mathématiques, Langues et Science politique en première) tout en renforçant l’attractivité des séries L et S alors que le Ministre lui-même reconnaît que l’actuelle série ES fonctionne bien !
Aux trois niveaux d’enseignement, les heures dédoublées ne seront plus garanties nationalement mais affectées localement selon les rapports de force et les ajustements de services établissement par établissement. Cela signifie donc que certains professeurs de SES auront la chance d’utiliser Internet ou des groupes réduits pour faire travailler leurs élèves sur des bases de données INSEE, des enquêtes sociologiques ou des démarches expérimentales en sciences sociales alors que d’autres seront réduits à des cours frontaux à 35 élèves par classe. Quel poids les professeurs de SES auront-ils localement face aux demandes des enseignements de tronc commun pour demander ces dédoublements en seconde, alors même que les élèves découvrent une discipline absente du collège ? Comment mettre en place le nécessaire apprentissage des méthodes des sciences sociales, leur mise en pratique et leur évaluation au baccalauréat s’il n’y a pas d’heures à faible effectif en SES dans tous les établissements ?

Pour toutes ces raisons, l’APSES appelle tous les professeurs de SES et tous ceux, citoyens, parents d’élèves, anciens élèves et élèves qui souhaitent défendre les SES et la série ES à s’intégrer dans les cortèges des manifestations du 24 novembre un peu partout en France, et à manifester le mercredi 2 décembre à Paris (voir http://www.apses.org/initiatives-actions/actions-de-l-annee-2009-2010/article/manifestation-des-professeurs-de).

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