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Vos droits

Après les RASED,pourquoi pas l’enseignement adapté ?

Document CGT spécial SEGPA EREA

lundi 24 novembre 2008, par CGT Educ’Action 94

Après les RASED, pourquoi pas l’enseignement adapté ?

Nous savons que le ministère travaille incognito à une nouvelle circulaire sur les SEGPA ...

Être dans l’oeil du cyclone n’augure rien de bon pour les élèves et les personnels !

Restons vigilants et mobilisés !

Le mardi 2 décembre,votez, faites voter pour les listes CGT aux élections professionnelles.

- Edito :

L’idée d’un droit à l’éducation apparaît avec la Déclaration des Droits de
l’Homme et du Citoyen : « toute personne a droit à l’éducation ». Danton
lui-même place le besoin d’éducation juste après celui du pain. Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour voir l’État s’emparer de l’école. Elle sera alors laïque, publique et obligatoire… Cela fait émerger une population qualifiée « d’incapables » et de « réfractaires » à l’éducation.

En 1909, l’État répond en créant des classes spécialisées bien qu’une large part des enfants quitte rapidement le système scolaire pour la vie active. Au lendemain de 1945, on ouvre en France des classes de perfectionnement (plus de 3 500 en 1956).
C’est la généralisation de l’accès au collège qui amène l’institution à créer, en 1967, les Sections d’Enseignement Spécialisées (SES) annexées aux Collèges d’Enseignement Secondaires (CES). En effet, le nombre d’élèves en difficulté croît avec les effectifs, on parle alors de déficients intellectuels légers !

Les élèves de SES sont sélectionnés par des commissions pluridisciplinaires sous l’égide du préfet. Les personnels, eux, ont deux origines : le primaire (les titulaires du Certificat d’Aptitude à l’Enfance Inadaptée : CAEI) et la voie professionnelle (Professeurs de Lycée Professionnel). L’enseignement général délivré est axé sur les fondamentaux ; en atelier, il s’agit d’un enseignement professionnel
dès la 4e.

Au cours des années 80-90, l’idée de remédiation cognitive, d’éducabilité et d’intégration monte en puissance. On parle de désavantages socioculturels et de déficit d’apprentissage. Les enseignants du primaire passent le Certificat d’Aptitude Pédagogique Spécialisé d’Adaptation et d’Intégration Scolaire (CAPSAIS) et ont pour support un livret de compétence académique.

Pour la partie professionnelle, on se sert d’un référentiel 1e année de CAP. La circulaire de 1996 transforme les SES en SEGPA (Section d’Enseignement Général et Professionnel Adaptée), « les élèves de SEGPA sont des collégiens à part entière ». A ce titre, ils ont accès à tous les enseignements du collège (les horaires d’enseignement général augmentent) et le texte prévoit l’intervention des PLC (Professeur de Collège et Lycée) en Arts, EPS, Langue Vivante, Technologie…

Les intervenants se multiplient sans réelle formation à l’enseignement
spécialisé.

En 2005, les élèves de SEGPA sont considérés comme relevant de l’enseignement ordinaire et suivent les programmes du collège adapté. Les enseignements en atelier se transforment avec la circulaire de 2006 qui interdit aux élèves l’utilisation des machines dites « dangereuses ». Les PLP doivent axer leurs enseignements sur le technologique.
Aujourd’hui, avec la nouvelle CDO (Commission Départementale d’Orientation), le système d’orientation des élèves en grande difficulté scolaire vers les SEGPA ou EREA va, lui aussi, subir une transformation de taille.

Davantage d’élèves handicapés sont dirigés vers les SEGPA/EREA ; davantage d’élèves relevant de SEGPA/EREA accèdent au collège.
Peu à peu, la spécificité de la voie remédiative offerte par la SEGPAse fond dans le collège…

Sommes-nous à l’aube de leur fusion / disparition ?
Franck Scheirlinck, sden 60
21 novembre 2008

- p 2/3 Nous sommes enseignants de SEGPA... Nous exigeons... .

- p. 4 Ne laissons pas faire ! .

- p. 5 Nous sommes enseignants d’EREA...

- p. 6 Quel avenir pour nos élèves ? Bulletin de syndicalisation