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La lettre 342 de l’Ugict Cgt du 07 mars 2011

jeudi 3 mars 2011, par CGT Educ’Action 94

ÉDITO : « ESPIONNAGE » CHEZ RENAULT : LES « FUITES » FONT « PSCHITT »

L’affaire d’espionnage industriel chez Renault est en train
de se révéler totalement bidonnée. Elle a éclaté début
janvier avec la mise à pied, puis le licenciement de trois
cadres haut placés, à la suite d’une enquête interne de
Renault consécutive à l’envoi de courriers anonymes.
Ces cadres étaient soupçonnés d’avoir touché des potsde-
vin via des comptes bancaires en Suisse ou au
Liechtenstein. Le syndicat CGT de Renault a estimé jeudi
que « cette affaire gravissime pour l’image de l’entreprise
témoigne du climat délétère au sein de Renault, qui ne
cesse de s’amplifier au cours des dernières années »,
poursuit la CGT. En outre, indique le syndicat, l’évocation
de possibles manipulations « montre malheureusement
le dédain de la direction à l’encontre des salariés victimes,
au regard des conséquences désastreuses pour eux ».
Cette affaire pourrait bien, dans notre pays, remettre en
selle le débat lancé dès 2005 sur la mise en place des
systèmes d’alertes éthiques dans les entreprises. Le
Monde indiquait déjà en mai 2009 qu’aux États-Unis les
dénonciations ont augmenté de 21 % au premier trimestre
2009, contre 16,5 % en 2008 et 11 % trois ans auparavant.
Tout cela justifiant la mise en place de systèmes
de « whistleblowing » et autres « dispositifs d’alerte professionnelle
 ». La même année en novembre, la justice a
suspendu le système de dénonciation anonyme mis en
place au sein de la société Benoist-Girard, filiale du
groupe américain Stryker. Mais quelque 1 300 entreprises
utiliseraient des dispositifs similaires en France. On
voit dans ce genre d’affaires que ces systèmes, sous le
contrôle exclusif de l’employeur, sont des armes redoutables
contre les salariés. Que l’on habille l’infamie de la
dénonciation anonyme sous le vocable d’alerte éthique
n’est pas anodin. Lorsque l’on sait dans quelle estime les
employeurs tiennent les syndicalistes soupçonnés a priori
de jouer contre l’intérêt général, on doit s’inquiéter d’un
tel développement du « whistleblowing ». Mais au-delà, il
est insupportable d’ajouter à toutes les pressions déjà
subies par les salariés et les cadres, celle de devoir se
méfier de tout le monde. Plus fondamentalement, avec
ces systèmes, on détourne l’attention vis-à-vis des turpitudes
et des pratiques patronales. Qui va dire ce qui est
éthique et ce qui ne l’est pas ? Quelle banque, ou tout
simplement quelle multinationale accepterait par exemple
d’être dénoncée par ses propres cadres parce qu’elle
continue d’avoir des activités dans les paradis fiscaux ?
La transparence au nom de laquelle sont mis en place
ces systèmes est une vue de l’esprit. Elle se fonde sur
une relation de subordination des salariés, cadres compris.
Devons-nous accepter d’abdiquer notre citoyenneté
en arrivant au bureau ou à l’atelier et accepter sans
regimber la mise en place de systèmes de surveillance,
de dénonciation ? On a vu chez Renault ce que valent les
enquêtes et procédures internes. Qu’aujourd’hui Carlos
Ghosn, le patron de Renault patauge dans le marigot
qu’il a créé, est une belle leçon dont hélas, il ne risque pas
de faire les frais à titre personnel. Dans cette affaire, et
sauf rebondissement, trois cadres supérieurs sont injustement
aujourd’hui au ban d’infamie. Pour une affaire
connue, combien d’autres étouffées ? Combien de licenciements
express, de bonne foi bafouée ?

SOMMAIRE :

- NYSE Euronext : appel à débrayer le 7 mars
- Thales : journée d’action pour les salaires
- Sénat : les assistants parlementaires réclament une convention collective
- Prisma Presse : la grève pour les salaires
- Suicide du commandant du CMA-CGM-Lapérouse : le management mis en cause
- « Un pays, une école, un avenir » : tous mobilisés le 19 mars !
- Non à la xénophobie et à la politique du pilori : mobilisation le 9 mars
- Double journée des femmes : deux fois plus de temps à s’occuper des enfants
- Congrès de l’UGICT-CGT : un site dédié avec des documents accessibles à tous

Téléchargez la lettre pour la lire, l’afficher en salle des profs !