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Lycéens sans papiers : des sursis ? Des autorisations provisoires de séjour ? Non !

PAS D’EXPULSIONS PENDANT L’ETE ! REGULARISATION !

rassemblement mercredi 1er juin de 15 h à 18 h 30 - Place Saint-Michel

vendredi 27 mai 2005, par CGT Educ’Action 94

Depuis quelques temps, les préfectures, obligées de reculer sous la pression des solidarités, accordent aux élèves sans papiers menacés d’expulsion et défendus par leurs enseignants, leurs camarades et les parents d’élèves, des APS (Autorisation provisoire de séjour) de quelques mois (jusqu’à la fin de l’année scolaire), probablement sur instruction du ministère de l’Intérieur.

- La Ferté Bernard : un impressionnant « rempart humain » formé par ses profs et ses copains est dressé devant MANSSOURA menacée d’expulsion.
La préfecture retarde la mesure jusqu’à l’été.
- Cachan (94) : le lycée de MARIE CALISTE se mobilise massivement, la préfecture lui attribue d’abord une APS de 6 mois, pour passer son BTS. Sous la pression persistante, la promesse de régularisation vient d’être obtenue.
- Rouen : c’est un sursis de quelques semaines que la délégation obtient pour KILANI, (avant que le Tribunal administratif n’annule son arrêté préfectoral de reconduite à la frontière, décision dont le préfet a fait appel).

L’attitude du ministère de l’Intérieur est claire : difficile d’expulser des jeunes scolarisés quand ils sont défendus par leurs camarades, leurs enseignants et les parents d’élèves...

Il suffit d’attendre les congés scolaires !

Des vacances pour les uns, des voyages menottés et scotchés à leur siège pour d’autres, avec retour à la misère et parfois à la guerre ? NON !
NOUS NE LAISSERONS PAS FAIRE !

Tous doivent retrouver leurs écoles, collèges, lycées à la rentrée de septembre. Ce n’est pas un sursis de quelques mois que demandent ceux qui se mobilisent pour leurs élèves et leurs camarades. C’est le droit de poursuivre normalement leurs études puis, s’ils en ont le désir, de vivre dans le pays où ils ont commencé à bâtir leur vie ! Autrement dit, une VERITABLE REGULARISATION AVEC, au minimum, UN TITRE DE SEJOUR VIE PRIVEE et FAMILIALE.

Nous appelons toutes les organisations, les citoyens, les enseignants, les travailleurs sociaux... et bien évidemment les élus à soutenir et à participer avec les établissements mobilisés à la réussite de ce rassemblement.

MERCREDI 1er JUIN 2005
Une délégation du Réseau Education sans Frontières demande à être reçue
au ministère de l’Intérieur pour exiger :
- Aucune expulsion de jeunes scolarisés pendant les vacances d’été
- Régularisation des élèves (et le cas échéant de leur famille)

RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN
de 15H00 A 17h30H devant la Préfecture de Police à Paris . M° Cité

Villepin a annoncé récemment un nouveau plan de lutte contre ce qu’il appelle l’immigration illégale. Un de plus ! Cela fait 20 ans que les ministres de l’Intérieur successifs, de Pasqua à Sarkozy en passant par Chevènement et Debré s’acharnent à étouffer les sans papiers. Pourtant, ça ne marche pas, ça ne peut pas marcher ! De l’aveu même de Villepin, les sans papiers seraient de 200 à 400 000 en France, à peu près les mêmes chiffres qu’il y a dix ou vingt ans ! Ce n’est pas avec toujours plus de policiers, toujours davantage de persécutions, que la question sera résolue. Ceux qui viennent en Europe le font pour sauver leur peau, leur avenir et celui de leurs enfants. Et tant pis si pour mener sa politique les ministres doivent se conduire de façon inhumaine et tirer gloire de renvoyer des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants à leur misère natale, parfois à la guerre ou à la dictature.
De plus en plus souvent, dans les établissements scolaires, des jeunes majeurs que les lois privent de papiers se font connaître de leurs enseignants et de leurs camarades. A chaque fois, c’est la stupéfaction de découvrir le vrai visage de ces « clandestins » avec lesquels les ministres tentent d’effrayer les électeurs : des garçons, des filles, des parents exactement comme n’importe qui, mais que leur histoire personnelle et des lois injustes font basculer dans la clandestinité. C’est toujours l’indignation et, de plus en plus souvent, la mobilisation.

Des exemples récents qui valent d’être connus

- Une famille réfugiée à Metz.

Le père Vladimir était vétérinaire en Russie. Il a déserté pour ne pas faire la guerre en Tchétchénie. Il croyait trouver refuge en France, pays des « droits de l’Homme » avec sa femme et sa fille (Karina, 14 ans). Après deux ans de démarches, le statut de réfugié lui est refusé. Début mai, toute la famille est interpellée et placée en centre de rétention à Lyon pour être expulsée vers la Russie où Vladimir subira sept ans de prison pour désertion.
Quand la nouvelle est connue dans le collège de Karina, c’est la colère. Un comité de soutien est crée avec des enseignants, des parents, des militants syndicaux et associatifs. Pétitions, communiqués de presse, bombardement des autorités à coup de protestations, jusqu’à ce que toute la famille soit libérée. Le combat continue pour que les parents obtiennent le droit de vivre dans le pays où ils ont su se trouver les amis dévoués et fidèles qu’ils méritent.

- Un village breton entêté défend sa liberté et ses sans papiers.

Nouvoitou, un village près de Rennes. Une famille angolaise chassée par la guerre y a trouvé refuge. Les enfants (7 et 2,5 ans) vont à l’école du Chêne centenaire. Début mai toute la famille est arrêtée et assignée à résidence dans un hôtel transformé en centre de rétention. Indignation dans le village, comité de soutien. Des dizaines d’habitants furieux font le déplacement jusqu’au tribunal devant lequel la famille est traduite. Depuis, des parents de l’école se relaient pour conduire les enfants de l’hôtel-prison à l’école (25 km). Le Conseil municipal est sur les dents, la presse alertée, les pétitions circulent, toute la population du village et des environs est solidaire... Il faudra bien que les autorités cèdent et accordent un titre de séjour à cette famille bretonne d’adoption adoptée par la Bretagne !

- Medhi, élève du LP Turquetil à Paris est arrêté le 5 mai et emprisonné au centre de rétention de Vincennes.

Colère et émotion quand (dix jours plus tard) ça se sait dans son lycée : protestation du chef d’établissement, pétition-éclair des profs et des élèves. Coup de fil pour prévenir les autorités de la venue le lendemain d’une délégation à la Préfecture de police : Medhi est libéré le soir même.

- Dans les lycées du Val de Marne et de la Seine Saint Denis, aussi, les mobilisations ont permis d’obtenir des régularisations

la liste s’allonge : Ivry-Léger, Créteil-Branly, Maisons-Alfort-Delacroix, Thiais-Apollinaire, Saint-Denis-Suger, Stains-Utrillo, Drancy-Delacroix, Epinay-Feyder, Noisy-le Grand-Tristan, etc ...

IL FAUT FAIRE COMME EUX !
SE FAIRE CONNAÎTRE ! MOBILISER PROFS, ELEVES, PARENTS, ELUS et CITOYENS !