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Vos droits

Evaluations CM2 et CE1 ... primes individuelles et « perversions » !

lundi 10 novembre 2008, par CGT Educ’Action 94

D’après Ouest France, 6 mai 2009 ...X. Darcos ...Extrait de l’article
Xavier Darcos furieux contre certains universitaires

"(...) Je serais prof du premier degré, je serais sans doute parmi les mecs qui gueulent. (...)." Il se moque vraiment de nous tous là, non ? ( tous : tous les profs, titulaires et non titulaires de la maternelle à l’université)... [lire l’intégralité de l’article]

Remise à jour du 8 mai 2009 : Tract CGT Educ Action Créteil sur les évaluations de CE1 et du 24 mai 2009 communiqué à la presse de la CGT Educ Action du 20 mai 2009. Appel aux syndiqués CGT...

- Refusons de faire passer les évaluations CE1 comme celles de CM2 !

- voir aussi brève sur ce point


- VOIR TRACT CGT EDUC ACTION CRETEIL SUR LES EVALUATIONS CE1/CM2 ou le télécharger ci dessous :

Tract CGT Educ Action de l’acadmie de Créteil ( 77,93,94) : Refusons de faire passer les évaluations

Article CGT Educ Action 94 du 10 novembre 2008

Les fameuses évaluations des acquis scolaires des élèves a été rendue publique, jeudi 2 octobre, par le ministère. Après la suppression de deux heures d’enseignement, des postes d’enseignants... après la mise en place du décret modifiant les conditions d’enseignement et la mise en place des heures de soutien hors temps scolaire, le budget 2009, la suppression des maîtres E et G, la mise à mort des RASED et de la maternelle.... les nouvelles évaluations de CE1 et CM2 vont mesurer les acquis des élèves au temps T ! Ces évaluations ne seront certainement pas diagnostiques ! Les acquis des CM2 seront mesurés, évaluées à partir des nouveaux programmes et en JANVIER 2009 !

Voir sur le site de la Pmev un diaporama sur les évaluations édité par le MEN : ICI

Etablis en adéquation avec les nouveaux programmes, les cahiers d’évaluation comprennent 60 items (tests) en français et 40 en mathématiques, maintenus secrets jusqu’aux jours des tests. Ceux ci sont fixés du 19 au 23 janvier 2009 pour le CM2, et du 25 au 30 mai pour le CE1. L’ évaluation des acquis permettra de répartir les élèves dans quatre catégories en fonction de leurs acquis :

- élèves en " grande difficulté scolaire " ;

- élèves devant faire " l’objet d’une attention particulière " ;

- élèves dont les savoirs sont " à consolider ",

- élèves ayant réalisé une " bonne performance ".

Ainsi le ministère via les IA et les IEN obligeront :

- les enseignants à inscrire un maximum d’élèves en stage de rattrapage durant les vacances scolaires, et aux heures d’aide individualisée hors temps scolaire !

- les parents à inscrire leurs enfants en stage de rattrapage, ou en heure d’aide individualisée le soir hors temps scolaire en usant du système de culpabilisation .... Ils peuvent peu-être un jour aller plus loin ! ( voir fichier partagé sur l’absentéïsme scolaire.... pourquoi pas ???)

La question est la suivante : à l’allure où vont les contre réformes, il se peut que très rapidement les enseignants des écoles ou des classes "non performantes" soient obligés d’effectuer des heures supplémentaires ( stages de rattrapage durant les vacances scolaires pour les élèves ou pour eux même ??? ) pour faire face au manque de performance des élèves ... de l’école....leur manque de résultat ....

Mesurer les acquis des élèves en janvier, c’est mesurer la performance du système ....C’est aussi mesurer la performance d’une école, des enseignants de cette école, du cycle et des classes concernées ! Et vu les nouvelles mesures gouvernementales, nos salaires vont varier en fonction de nos résultats et du poste occupé !

[ Extrait du communiqué de l’Union Générale des Fédérations Fonctionnaires de la CGT  : Suite au relevé de conclusion signé entre le gouvernement, la CFDT, l’UNSA, la CFTC et la CGC le 22 février 2008 relatif « aux carrières et aux politiques indemnitaires dans la Fonction publique » des mesures ont été prises pour mettre en place un nouveau système qui institue des primes individualisées, en deux parties, en fonction du poste occupé et en fonction des « résultats individuels ». Lire le communiqué sur notre site ]

Le ministère anticipe les mesures liées au relevé de conclusion du 22 février en instituant une prime de 400 euros pour les enseignants de CE1 et de CM2 .... prime liée au poste occupé ! Et plus tard, prime liée aux résultats !

La CGT Educ Action 94 dénonce la mise en place de ces primes individualisées et aléatoires qui ne répondent en rien à l’augmentation des salaires et du pouvoir d’achat exigées par les personnels ! Pire que tout : ces primes individuelles vont permettre au gouvernement de plus diviser les personnels, donc mieux manipuler tous les enseignants !

Voir et signer sur le site de la CGT Educ Action 06 la pétition contre la mise en place des primes individualisées et la prime de 400 euros : Merci Not Bon Maître : ICI

La CGT Educ Action 94 dénonce la perversion du système d’évaluation des élèves, des enseignants, des écoles ! Elle dénonce la totale perversion du système mis en place au sein, notamment, de l’éducation nationale, système visant la mise en place de :

- l’individualisations des pratiques, des salaires, des résultats,
- la division des personnels,
- la division entre parents et enseignants,
- la mise à l’écart vis à vis des savoirs, d’élèves de plus en plus nombreux,
- la propulsion de nombreux élèves vers l’exclusion,
- la dégradation des conditions d’enseignement et de travail ....qui vont induire plus de souffrances au travail, du travail tant pour les élèves que pour les personnels !
- la mise en concurrence des élèves, des écoles, des enseignants ....
- la sélection des élèves, des écoles....pour faire un système scolaire élitiste pour les classes les plus élevées.... Et les autres, que vont-ils devenir ? Soit précaires, soit incarcérés très tôt ?

C’est ensemble qu’il faut dire non, qu’il faut refuser !

La perversion, au sens pathologique du terme, a été porté plus amplement, dans nos contrées par le vent du ZYSME !

Il ne faut pas accepter !
Seuls, on est isolés, ensemble, on est plus fort !
C’est une autre école qu’il faut !

Voir sur le tract de la CGT Educ Action Créteil les actions, manifestations, grève prévues sur notre académie !


- Voir les relevés de conclusion du 21 février 2008 relatif au pouvoir d’achat dans la fonction publique, dont carrières et indemnitaire : en cliquant ICI ou à télécharger ci dessous :

Relevés de conclusion du 21 02 08 sur pouvoir d’achat FP

- Lire la tettre des ministres Santini et Woerth aux fonctionnaires
(tous ?) sur la prime à la fonction et au résultats (PFR)

Lettres des ministres aux fonctionnaires

- Voir sur le site de la fonction publique la rubrique consacrée au pouvoir d’achat : ICI

Lire absolument les interventions et l’intervention du ministre de l’éducation nationale sur la question de l’enseignement scolaire à l’assemblée nationale, mardi 4 novembre : ICI


Extrait de l’article du Monde du 7 novembre 2008 : Xavier Darcos : « La crise ne remet pas en cause notre raisonnement sur l’organisation de l’Etat » . Propos recueillis par Luc Cédelle.

Suppressions de postes d’enseignants, réformes contestées de l’école primaire et du lycée, le ministre de l’éducation nationale, Xavier Darcos, a ouvert plusieurs chantiers sensibles. Les syndicats d’enseignants, qui ont organisé avec succès une première manifestation le 19 octobre, ont appelé à une nouvelle grève dans le primaire le 20 novembre.

Est-il pertinent de supprimer 30 000 postes de fonctionnaires pour économiser 776 millions d’euros sur le budget 2009, alors que, pour prendre ce seul exemple, un incident de "trading" vient de faire perdre 751 millions aux Caisses d’épargne ?

Les sommes sont très importantes, comparables par leurs montants, mais la comparaison s’arrête là. Vous ne pouvez pas mettre sur le même plan une logique de désendettement sur le long terme et un gaspillage instantané, aussi scandaleux soit-il. En nous abstenant de recruter 30 000 fonctionnaires, dont 13 500 dans l’éducation nationale, ce n’est pas 776 millions que nous économisons, mais ce chiffre-là répété pendant quarante ans. Soit, sans même compter les pensions, environ 30 milliards. Ce n’est pas rien.

(....)

Vous continuerez donc à baisser le nombre d’enseignants ?

Les années qui précèdent ont montré que la solution quantitative ne répondait pas à nos problèmes, qu’il fallait s’organiser différemment. Nous avons des marges de manoeuvre grâce à une bonne gestion de ce ministère. Pour 2009, nous tirons partie de l’amélioration de l’efficacité du remplacement ou du retour devant les élèves d’enseignants qui étaient mis à disposition dans des associations ou dans d’autres structures...

Pour cette rentrée, on nous avait expliqué que le non-renouvellement de 11 200 postes mènerait à des classes surchargées. Or nous avons un meilleur taux d’encadrement que l’an dernier. Nous sommes parvenus à gérer les diminutions de postes sans pénaliser le système éducatif.

Allez-vous enterrer la revalorisation des enseignants, juste commencée ?

Nous continuons ! J’ai mission de tenir cette promesse. Sur 2008, nous consacrons plus de 400 millions d’euros pour revaloriser les enseignants. Nous avons instauré une prime substantielle - 1 500 euros - pour aider les jeunes à l’entrée dans le métier. Nous avons défiscalisé les heures supplémentaires que les professeurs, contrairement à ce qui est dit parfois, prennent. Nous avons augmenté d’autres dispositifs de rémunération de toute nature. Tout cela, déjà, permet à beaucoup d’enseignants de trouver plus d’aisance sur le plan matériel.

Avant la fin de l’année, en accord avec Christine Albanel, sera lancé le pass culture qui leur permettra d’accéder gratuitement aux lieux de culture. Je tiens également à reconnaître l’évolution de certaines missions. Par exemple, puisque nous mettons en place de nouvelles évaluations des élèves de l’école primaire, tous les professeurs de CE1 et de CM2 chargés de ces évaluations en février 2009 percevront une prime exceptionnelle de 400 euros. Enfin, les professeurs qui obtiennent une mutation vont pouvoir bénéficier d’un prêt immobilier à taux zéro. (...)

Le lycée "modulaire" que vous annonciez se réduit à deux modules de 3 heures en classe de seconde à partir de 2009. Pourquoi ce choix si "raisonnable", selon vos propres termes ?

Nous n’avons pour l’instant abordé que la classe de seconde. Les discussions n’ont pas commencé sur la 1re et la terminale. Et tout en sauvegardant un tronc commun de 21 heures, nous apportons déjà des changements majeurs. L’organisation en deux semestres, séparés par une semaine de bilan ; les modules et la possibilité d’en changer, sans conséquence sur la future orientation ; les trois heures hebdomadaires de soutien personnalisé... Tout cela fait bien plus qu’une réformette. Notre démarche est cohérente. Nous voulons consolider partout les bases d’un savoir partagé : les fondamentaux au primaire, le socle commun au collège, le tronc commun au lycée. (...)

Comment vos réformes peuvent-elles s’installer sans l’adhésion des professionnels chargés de les appliquer ?

Je crois que cette adhésion, elle vient. Bien sûr, certains écrivent, protestent, défilent... Mais nous savons que, petit à petit, les réformes se mettent en place. Quand on a dit, le 19 octobre, "les professeurs ont manifesté", ils étaient 97 % à ne pas le faire. Si l’on faisait un montage des manifestations des années 1970 à nos jours, on trouverait les mêmes slogans. Sincèrement, je ne pense pas que les enseignants d’aujourd’hui s’y reconnaissent.

Cela dit, derrière les apparences, les choses bougent. Nous avons signé avec les syndicats 12 accords en dix-huit mois, soit plus que dans les quinze années précédentes. Les élections professionnelles, début décembre, incitent au maximalisme. Sur le lycée, le principal syndicat a dû quitter les discussions pour ne pas être accusé de collaborer avec le pouvoir, alors que nombre de ses adhérents sont d’accord avec ce que nous proposons ! Cela étant, le rôle du ministre n’est pas de s’occuper en priorité des syndicats, mais des élèves. Je ne cogère pas, voilà. Ma fonction est d’accomplir le projet sur lequel nous avons été élus. Si je ne le faisais pas, je serais pire qu’un mauvais ministre : un mauvais démocrate.

Vous affectionnez la posture inflexible ?

On essaie d’accréditer l’idée que mon action ne serait pas guidée par une préoccupation de justice sociale. Tout ce que nous faisons, sans exception, a pour but de nous occuper de ceux qui ne vont pas bien. Nous voulons donner à tous ce dont les gens aisés disposent de par leur situation. Donner, dans l’école publique, ce qu’on trouve parfois dans l’école privée : un temps différent, une écoute, un certain rapport aux familles... Donner ce qui, habituellement, s’achète. Alors quand j’entends dire que je serais dans une logique purement libérale, cette critique me blesse. Heureusement, du côté des familles, ces mesures sont plébiscitées.