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Rassemblement 24 juin 18H00 devant le CRA de Vincennes

Centre de rétention de Vincennes : appel au rassemblement et communiqués de presse !

MRAP- FTCR-UTIT, RESF, FERC CGT, CGT Paris

mardi 24 juin 2008, par CGT Educ’Action 94

Du plus recent au plus ancien


Communiqué de l’UD CGT de Paris

MANIFESTATION CE SOIR DEVANT LE CENTRE DE VINCENNES

Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP)- FTCR-UTIT appellent à un rassemblement devant le centre de rétention de Vincennes, ce soir à partir de 18 heures, pour dénoncer « la honte pour la République » que représentent les Centres de rétention.
De nombreuses Associations et Syndicats se joindront à la manifestation.

L’ UD CGT Paris appelle à y participer.

Rassemblement :

Mardi 24 juin 2008 à 18 h devant le CRA de Vincennes

RER A : station Joinville Le Pont


Communiqué de presse du RESF au sujet des événements de Vincennes

Il y a trois jours, le ministre Hortefeux paradait : presque 30 000 d’expulsions depuis 12 mois, 80% de plus que l’année dernière à la même époque. Des chiffres incontestablement gonflés (incluant les départs de touristes ayant dépassé la date de validité de leur visa ou les retours « volontaires » de Roumains ou de Bulgares expulsés avec un pécule du montant du prix de leur retour en autocar) mais qui en disent long : le respect des droits humains est bien menacé quand un responsable politique croit utile à sa gloire de gonfler les chiffres des mauvais traitements qu’il inflige à une fraction de la population !

La réalité n’a pas tardé à se manifester. Le décès le 21 juin d’un tunisien de 41 ans dans les murs de la prison administrative pour étrangers de Vincennes a été l’étincelle qui a allumé l’incendie, au sens propre comme figuré. Le soir même un premier départ de feu se produisait. Dimanche vers 15 heures, il semble que plusieurs foyers se soient déclarés, que les policiers sur place auraient été incapables de contenir (les extincteurs auraient été vides). Les internés administratifs étaient alors rassemblés dans la cour, gazés disent certains, parqués derrières des barrières. 17 d’entre eux, intoxiqués par la fumée ont été hospitalisés, quatorze selon la police auraient disparu, les autres ont été transférés en car et en train vers les prisons administratives de Palaiseau, Lille et Nîmes. Les deux centres de rétention de Vincennes sont entièrement détruits.

Ces événements d’une extrême gravité étaient parfaitement prévisibles, d’autant qu’ils se sont déjà produits dans des pays européens poursuivant les mêmes objectifs : Incendies des centre de rétention de Yarl’s Wood en Grande-Bretagne (2002), de Schipol-Oost aux Pays-Bas (2005).

Voilà des mois que la tension monte dans la majorité des prisons administratives pour étrangers. Vincennes avait déjà été partiellement détruit par un incendie puis, au moment des fêtes de fin d’année, une vague de révolte partie du Mesnil-Amelot avait gagné Vincennes. Mais, en réalité, c’est quotidiennement que les tensions et les incidents très violents y ont lieu, spécialement à Vincennes qui, avec 280 places, constitue le CRA le plus important de France. Encore plus qu’ailleurs, les incidents y sont quotidiens : automutilations, tentatives de suicide, grèves de la faim, bagarres pour un rien, incidents parfois très violents avec la police, se produisent chaque jour. Le sénateur de Paris Jean Desessard, un familier des lieux d’enfermement, disait en sortant de Vincennes il y a une quinzaine de jours, n’avoir jamais perçu une tension pareille.

Le stakhanovisme du ministre en matière d’expulsions, ses objectifs chiffrés, à l’unité près, imposés à toute la chaîne administrative et policière (dont la rétention est l’avant dernière étape) engendrent une tension extrême des personnels débordés, parfois conduits à prendre des libertés avec les procédures et contraints à des gestes qui heurtent leur conscience. A l’inverse, cette chasse à l’homme génère la terreur chez les sans papiers en liberté et le désespoir chez ceux qui sont pris. Les gestes comme ceux d’hier à Vincennes sont inévitables. Ils se reproduiront si la même politique se poursuit.

Car le véritable scandale n’est pas que quelques centaines d’hommes désespérés aient incendié leur prison. Il est dans leur internement administratif, prélude à leur expulsion. La peine qui les attend, leur bannissement, est pire que la prison. Ils ont été arrêtés à l’improviste, enfermés. Ils ont perdu leur travail, ils perdront leur logement, la totalité des biens qu’ils avaient accumulés, certains perdront leur conjoint et leurs enfants. Ils seront déposés menottés, dans la tenue dans laquelle ils ont été arrêtés, sur le tarmac d’un aéroport où personne ne les attend. Une expulsion est une humiliation dont personne ne se remet. Certains finissent mendiants, fous ou suicidés.

L’explication aux événements d’hier à Vincennes est là, dans le désespoir total de chacun des enfermés et dans la concentration du malheur dans une centaine de cellules.

Ils se reproduiront, sous une forme ou sous une autre, en France et en Europe puisque la directive de la honte adoptée la semaine dernière à Strasbourg rend légale la rétention de 18 mois, l’interdiction de séjour de 5 ans des expulsés, la possibilité d’enfermer et d’expulser des enfants. Vincennes en pire, plus longtemps et en famille.

Ce qui s’est produit hier signe la faillite de la politique de M. Sarkozy en matière d’immigration. Nous sommes d’une certaine façon à la croisée des chemins. Soit une nouvelle politique est définie, qui prenne en compte les intérêts des pays dont viennent les immigrés, l’aide qu’ils apportent à leur développement, les besoins aussi de main d’oeuvre des pays riches vieillissants, la richesse véritable que constitue le brassage des cultures et des populations, etc,. Une politique réfléchie et concertée. Ou alors, à l’inverse les apprentis sorciers qui ont enclenché la course infernale aux records d’expulsions et de mauvais traitements s’entêtent, rebâtissent Vincennes en plus grand et en plus monstrueux et les choses finiront très mal. Pour les sans papiers, pour les immigrés, mais aussi pour tous les autres, tous ceux qui ne marcheront pas droit.

lundi 23 juin 2008.


Communiqué de la FERC CGT

Centre de Vincennes : le député Lefebvre se défausse de ses responsabilités

La FERC-CGT dénonce vigoureusement les propos tenus par le député UMP, F. Lefebvre, à l’encontre du Réseau Education Sans Frontières (RESF) l’accusant de se livrer à "des provocations (...) au risque de mettre en danger des étrangers retenus".

Si des actes provoquent le désespoir des sans-papiers enfermés en centre de rétention, ce sont bien ceux auxquels se sont livrés récemment le gouvernement et les parlementaires dont se réclame M. Lefebvre.

D’une part, l’adoption par les gouvernements de l’UE et le parlement de Strasbourg de la "directive retour", opportunément qualifiée "directive de la honte", qui condamne tout expulsé à un bannissement de cinq ans du territoire des 27 Etats et qui permet de reconduire de force un sans-papier, y compris mineur, scolarisé, voire non accompagné, dans un pays tiers par lequel il aurait transité et où il n’a aucune attache. D’autre part, l’autosatisfaction provocante, affichée devant la presse par le ministre de l’identité nationale, annonçant qu’il a accompli 30000 expulsions en 12 mois.

L’incendie du CRA de Vincennes est l’expression de ce désespoir, exacerbé par une directive attentatoire aux droits fondamentaux et par un ministre des rafles exhibant sa politique du chiffre comme un tableau de chasse.

Une commission d’enquête indépendante doit éclaircir les circonstances exactes du décès de Salemn Essouli, le retenu tunisien en voie d’expulsion, décédé à 41 ans au CRA de Vincennes, la veille de l’incendie.

Alors que se poursuivent les grèves des travailleurs sans-papiers, la FERC-CGT, qui a participé à la fondation du RESF, renouvelle son exigence d’une régularisation de tous les sans-papiers, comme le revendique la confédération CGT.

L’avenir n’est pas dans une Europe forteresse toujours plus répressive. Il passe par la fermeture des centres de rétention, qu’un rapport du Sénat a justement qualifié d’"horreurs de la République".


Fermeture des centres de rétention, arrêt des rafles, régularisation de tous les sans-papiers

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CRA Vincennes : Communiqué conjoint FTCR-MRAP-UTIT et APPEL A RASSEMBLEMENT MARDI 24 JUIN 08

Après la mort d’un Tunisien de 40 ans au Centre de Rétention de Vincennes samedi 21 juin, le MRAP exprime son émotion face aux informations extrêmement graves qui lui parviennent sur l’incendie qui embrase le CRV et auraient fait plusieurs blessés.

Solidaire de l’expression de la révolte des Sans papiers ainsi que de tous ceux qui estiment que les Centres de Rétention représentent une honte pour la République, le MRAP, la FTCR et l’UTIT appellent à un rassemblement devant le Centre de Rétention de Vincennes mardi 24 juin à 18h.

Ils appellent l’ensemble des organisations qui refusent la politique de criminalisation de l’immigration ainsi que l’immonde obsession du chiffre du Ministre de l’Intérieur dont les évenements de Vincennes sont une des conséquences à se joindre à ce rassemblement.

Adresse du CRA : Ecole nationale de police de Paris, avenue de l’Ecole-de-Joinville, 75012 Paris

Paris le 22 juin 2008