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"Convergences" avec Darcos sur la réforme du lycée : la CGT Educ’action dit non !

dimanche 15 juin 2008, par CGT Educ’Action 94

La semaine dernière, Darcos a proposé aux organisations syndicales de signer avec lui un texte qui annonce 16 "points de convergence" sur la réforme du lycée et dont la signature est préalable à toute négociation.

La CGT-Educ’action toujours disposée à porter ses revendications au ministère, condamne cette méthode qui ne reconnaît une organisation syndicale qu’à condition qu’elle donne un premier accord l’engageant déjà sur les axes de la réforme.

Ces "points de convergence" sont des attaques contre le service public d’éducation et sont en nette contradiction avec les revendications portées cette année par la mobilisation dans l’éducation :

- le texte préfigure la baisse du nombre d’heures de cours pour les élèves avec la "modularité" du bac et la "personnalisation" des parcours

- loin d’aller vers la seconde indéterminée ouverte aux trois voies et le lycée pour tous que nous revendiquons, le texte écarte l’enseignement professionnel de la question des lycées : pourquoi ? quel avenir est réservé aux LP ?

- il prévoit d’accroître l’autonomie des établissements (autonomie conçue pour détruire le service public et non donner plus de pouvoir aux personnels et usagers de l’école) en remettant en cause les horaires et les programmes nationaux.

Le texte préfigure une remise en cause des statuts actuels, avec notamment le projet de l’augmentation du temps de travail accompagnant l’annualisation des services.

Ce texte n’est qu’un concentré du rapport Pochard, à peine édulcoré pour le rendre un peu plus présentable. Cette "réforme" du lycée a, comme la destruction des BEP, une logique purement comptable : le gouvernement cherche à trouver les dispositifs lui permettant de supprimer 20.000 postes par an pendant 4 ans ! La réforme nécessaire des lycées ne peut se faire dans le cadre fixé par la RGPP de suppressions massives d’emploi.

Darcos a annoncé mercredi 11 juin que plusieurs syndicats d’enseignants ainsi que des organisations de proviseurs avaient accepté de signer ce "texte de consensus", ce "texte très engageant".

Réunie le 13 juin, la Commission exécutive nationale de la CGT Educ’action a voté contre la signature de ce texte. A ainsi été réaffirmé que ce n’est pas dans les couloirs du ministère que nous réussirons à faire reculer les attaques du gouvernement. C’est en créant le rapport de forces qui l’obligera à reculer.

Partout, le "dialogue social", qui prend maintenant la forme de la signature de dirigeants syndicaux attestant de "positions communes" et de "convergences" avec le MEDEF et le gouvernement, introduit de la confusion, ne sert pas l’intérêt des salariés La masse des personnels, des usagers de l’éducation qui n’ont ni "convergence" ni "position commune" avec le MEDEF et le gouvernement doivent prendre des initiatives partout pour, dès la rentrée, mettre en échec les contre-réformes de Sarkozy-Fillon-Darcos.

Le 17 juin, comme le font déjà les personnels, les parents, les élèves dans plusieurs départements sous des formes variées, nous exprimerons une nouvelle fois notre refus de leur politique tant dans les services publics qu’en matière de retraite et de durée légale du travail.