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Vos droits

A propos de la suppression de la classe le samedi matin par la CGT Educ Action 93

Site de la CGT Educ Action 93

jeudi 12 juin 2008, par CGT Educ’Action 94

L’annonce de la suppression du samedi a effectivement séduit bon nombre de parents d’élèves et de collègues. Qui n’a pas envie de faire la grasse matinée le samedi ? Toutefois, à y regarder de plus près cela pose un grand nombre de problèmes concrets.

Le décret « organisant » la rentrée 2008 fixe l’horaire hebdomadaire à 24 heures de cours pour les élèves. De fait, Il annualise notre temps de travail en créant une enveloppe globale de 108 heures :

  • 24 heures consacrés aux travaux en équipes pédagogiques et aux relation avec les parents,
  • 18 heures d’animation pédagogiques et de formation,
  • 6 heures de conseil d’école obligatoire,
  • 60 heures consacrées à des actions directes auprès des élèves concernés et au temps d’organisation correspondant (…). Dans le cas où ces actions ne mobiliseraient pas tout ce temps pour un enseignant ou tous les maîtres de l’école, les heures disponibles seront consacrées au renforcement du temps de formation hors la présence des élèves » (Soulignons au passage que le temps de préparation du soutien est compris dans les deux heures, il ne s’agit donc pas de deux heures hebdomadaires pour chaque enseignant !)

Et là, les difficultés commencent !

Le décret prévoit que les conseils des maîtres fassent des propositions :

  • le soir ? Supposons que l’on décide de faire soit 2 fois deux heures soit 4 fois ½ heure de soutien. A la fin des cours, il va de soi que chaque élève, en difficulté ou non, a besoin d’un temps de repos (habituellement de 30 mn). S’il n’est pas inclus dans les heures de soutien, ce temps rallonge donc notre présence au sein de l’école, et nous sommes donc là dans le bénévolat. S’il est décompté du temps du temps de soutien, celui-ci n’est plus que d’une heure effective et non de deux.
  • à la pause méridienne ? L’inspection d’Académie serait contre ; et tant mieux ! Compte tenu des difficultés que nous avons déjà à accueillir tous les demi pensionnaires. Il semble difficile de « caser » une demi heure de soutien entre les deux services !
  • le matin ? Cela supposerait de modifier nos horaires ainsi que ceux des dames de service. A moins d’instaurer un barrage filtrant à l’entrée des écoles, il semble difficile de ne pas accueillir tous les élèves à la même heure. En conséquence, nos services démarreraient à 7 h50 au lieu des 8 h 20 ! Qui effectuera la surveillance des élèves jugés sans difficulté ?
  • le mercredi ? Les élèves en difficulté ont aussi droit au repos et aux activités extra scolaires ! Par ailleurs, ces élèves risquent de vivre cela comme une punition.

Autre problème comme il est indiqué dans le décret cités ci dessus « tous les maîtres » de l’école sont censés y participer. Il s’agit donc de l’enseignant responsable de la classe, certes, mais aussi du directeur d’école parfois totalement déchargé !

L’application du décret semble donc bien compliquée. Toutefois, son rédacteur y a pensé.

Il prévoit que « l’organisation générale de l’aide personnalisée (… soit) arrêtée par l’Inspection de l’éducation nationale de la circonscription sur proposition du conseil des maîtres ».

Ce serait donc à nous au final, d’organiser cette usine à gaz ! Remarquez, cela peut donner des situations croquignolesques pour les parents d’élèves si dans un même groupe, chaque école prend des dispositions différentes : entre le petit qui est à la maternelle qu’il faudra aller chercher à 16 h 30 et celui qui est en élémentaire qui finirait une jour sur deux à 17 h.

Combattons cette réforme, ce n’est pas à nous d’organiser son application !
Sur les avenants au projet d’école, barrons le volet concernant les 60 heures et ajoutons "la prise en charge des élèves en difficulté doit se faire sur le temps scolaire et par des enseignants RASED" ; Utilisons les heures « pour la concertation et la formation des enseignants ».

VOIR SUR LE SITE DE LA CGT EUDC ACTION 93