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Le gouvernement à les moyens de contraindre le patronat à négocier

Déclaration de Maryse Dumas, Secrétaire confédérale de la Cgt, lors de la réunion sur les salaires

vendredi 18 mars 2005, par CGT Educ’Action 94

Le Medef a clairement adressé une fin de non recevoir à l’idée de négocier dans les branches et les entreprises pour revaloriser les salaires.

Le gouvernement ne peut donc s’en tenir à de vagues discours sur son souhait de négociation dans les branches. Il ne peut se contenter d’accompagner l’intransigeance patronale.

Il a des moyens politiques et économiques de contraindre les organisations patronales à la négociation. C’est ce qu’attendent de lui, aujourd’hui, des millions de salariés.

La Cgt présente quatre propositions dans ce sens :
1 - négocier les minima dans les branches pour les rehausser au niveau du Smic.
Le gouvernement doit inciter à ces négociations bloquées depuis plusieurs années. Il doit lui-même convoquer les commissions paritaires partout où nécessaire. Sur d’autres sujets souvent à la demande du Medef, il a poussé à des négociations sous la menace de légiférer en cas d’absence d’accord. La même méthode doit être reprise dans ce cas : il doit menacer de légiférer, si la négociation n’aboutissait pas, pour qu’aucun minima conventionnel ne puisse être inférieur au Smic à échéance rapprochée.

2. - Encourager l’augmentation des salaires dans les entreprises.
Le gouvernement a les moyens économiques de faire pression sur les employeurs pour qu’ils négocient et augmentent les salaires.
En 2003, 10 % seulement des entreprises se sont acquittées de leur obligation annuelle de négocier les salaires.
20 milliards d’euros d’allégements de cotisations patronales sont distribués chaque année sans aucune contrepartie. Ils ont été multipliés par 10 en 10 ans. Ils n’ont eu aucun effet sur le taux de chômage, mais ils contribuent fortement à comprimer les salaires.
La Cgt agit pour remettre à plat l’ensemble du système et réformer l’assiette des cotisations patronales. Dans l’immédiat le gouvernement doit conditionner celles-ci à une politique salariale et d’emploi offensive dans les entreprises et les indexer sur les minima de branches plutôt que sur le Smic.

3.- Décider d’un coup de pouce sur le Smic afin de faire progresser le pouvoir d’achat du Smic mensuel ce qui concerne immédiatement plusieurs millions de salariés, notamment les plus précaires.
Le Ministre devra nous dire comment il peut constater une progression des salaires modestes supérieure à celle des salaires moyens alors que le nombre de travailleurs pauvres ne cesse d’augmenter en France (8% des salariés) supérieur à la moyenne européenne.
Ce n’est pas l’augmentation du SMIC qui tire les salaires vers le bas, contrairement à ce que disent le patronat et le Ministre.
Les deux derniers coups de pouce sur le Smic ont été de 0,29% en 2001 et de 0,45% en 1998.
Les revalorisations horaires du SMIC de ces dernières années ne sont que des rattrapages pour que les 35 heures soient payées 39.
Les salaires sont si bas que dans des professions comme le commerce où en est à revendiquer que la feuille de paie comporte 4 chiffres.

4.- Remettre à plat l’ensemble du dossier précarité, temps partiel imposé, afin de créer des dispositifs qui pénalisent les entreprises grandes utilisatrices de précarité.
- et revoir les relations donneurs d’ordre / sous-traitants afin de rendre les groupes responsables des politiques salariales et d’emplois menées dans les entreprises sous-traitantes.

L’engagement volontariste du gouvernement en faveur des salaires devrait le conduire à mettre au point de nouveaux indicateurs permettant de mesurer l’évolution du pouvoir d’achat à partir des différences de structures de consommation selon les niveaux de revenus.

La Cgt attend du gouvernement qu’il réponde dans le privé, la Fonction Publique et les entreprises publiques aux exigences fortement exprimées le 10 mars sur les salaires, l’emploi, le temps de travail, les déréglementations.

Faute de quoi, la Cgt proposerait aux autres confédérations d’envisager de nouvelles mobilisations.