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Poursuivons et amplifions la mobilisation contre la généralisation des bacs professionnels en 3 ans !

Motion du congrès de la CGT Educ’action réuni à St Jean de Monts le 23 mai 2008

mardi 27 mai 2008, par CGT Educ’Action 94

L’année scolaire 2007 a été marquée par la volonté du ministre de l’Education Nationale d’imposer la généralisation du bac professionnel en 3 ans.

La Cgt Educ’action, a refusé de s’enfermer dans un processus, celui du protocole de discussion où il était impossible de discuter des objectifs. Elle a appelé à poursuivre la mobilisation des personnels dans le cadre d’une intersyndicale.

La formation initiale des futur-e-s salarié-e-s est un enjeu majeur : social, démocratique et économique.

la CGT Educ’action défend le principe d’une culture commune ambitieuse pour vivre sa vie d’Homme et de Femme, de citoyen ou de citoyenne, et sa vie de salarié(e). À l’inverse d’une perspective de progrès, le choix a été fait « d’un socle commun de connaissances » amoindri avec, à la clé, le renforcement d’un « tri scolaire » qui, de fait, est un tri social. La réforme du baccalauréat professionnel fait partie de cette orientation politique.

L’enseignement professionnel ne peut se concevoir sans un enseignement général de qualité. Le congrès tient à rappeler que cette question universelle de la culture commune ne doit pas s’arrêter aux portes du lycée professionnel.

Quels diplômes professionnels ?

Pour la CGT, le diplôme doit remplir une double fonction :

• Celle de la reconnaissance de la qualification professionnelle,

• Celle de la référence de classification dans les conventions collectives (salaire, etc.).

Le Congrès réaffirme l’importance de la formation initiale dans la construction de la qualification et souligne l’intérêt pour les salarié-e-s à ce que les contenus de formation soient en phase avec les exigences sociales et professionnelles. La volonté du Medef de valoriser la compétence au détriment de la qualification n’est pas sans incidence sur la conception des référentiels de formation.

Quelles qualifications ?

D’une profession à l’autre, les évolutions technologiques et l’organisation du travail sont différentes. Cependant des tendances générales s’affirment. Elles se caractérisent par le besoin d’une élévation générale des niveaux de qualification

Les enquêtes indiquent clairement qu’à partir du baccalauréat le diplôme permet aux jeunes de s’insérer plus facilement dans l’emploi. Cependant, dans nombre de secteurs, les jeunes bacheliers sont aux échelons les plus bas de la filière des ouvriers qualifiés quand ils ne sont pas embauchés comme ouvriers spécialisés. La reconnaissance des qualifications qui n’est pas sans incidence sur l’attractivité de la voie professionnelle, est un enjeu central. La CGT Educ’action, avec la confédération, mène le combat pour des formations de qualité et la reconnaissance des qualifications.

Une réforme régressive

Le gouvernement affirme vouloir amener une large majorité d’une classe d’âge au baccalauréat. La réforme annoncée va à l’opposé des objectifs affichés.

Elle va empêcher de nombreux jeunes d’atteindre le Bac Pro alors qu’ils y accèdent aujourd’hui en 4 ans et même 5 ans pour certains, puisque 20% redoublent une année au cours de leur scolarité. Comment imaginer que le Bac Pro en 3 ans tel qu’annoncé pourrait permettre à plus de jeunes de réussir alors que près de 1000 heures d’enseignement seront supprimées aussi bien dans les matières professionnelles que générales ?

De nombreux jeunes qui accèdent aujourd’hui à la seconde professionnelle seront orientés vers des CAP qui n’offrent pas les mêmes potentialités de poursuite d’études ni les mêmes atouts pour trouver un emploi.

Nous sommes face à une réforme régressive et dogmatique qui vise, en premier lieu, à faire des économies budgétaires. 11200 postes sont supprimés pour la rentrée 2008. Même si ces suppressions de postes ne sont pas seulement liées à la transformation des secondes professionnelles pour la rentrée prochaine, le gouvernement annonce 80 000 suppressions d’emplois d’ici 4 ans dans l’Education Nationale. La réforme de l’enseignement professionnel paiera un lourd tribu à cette politique de rigueur budgétaire. Le nombre de postes de PLP, ouverts aux concours de recrutement externes, a été divisé par 2,5 depuis 2002.

La réforme se met en place dans la confusion et l’improvisation.

Les réflexions sur le BEP et plus généralement sur le niveau V sont stoppées. Les rénovations de certaines spécialités, comme celle du tertiaire administratif, ont été enterrées. Aucune vue d’ensemble n’est proposée sur les 3 voie du lycée. La redéfinition de la voie technologique et plus particulièrement de la filière STI est abandonnée ou reportée selon des orientations que nous ne connaissons pas encore. Nous sommes pour une clarification et une plus grande lisibilité des voies de formation. La généralisation du bac professionnel 3 ans interpelle les positions respectives du bac professionnel et du bac technologique. Alors que le premier permet l’insertion, le second vise la poursuite d’étude. L’avenir des Bacs professionnels ne doit pas se discuter uniquement dans le cadre de la voie professionnelle car elle a une incidence sur le Baccalauréat technologique.

Développer l’enseignement professionnel.

Le bac professionnel doit affirmer sa finalité d’insertion professionnelle, même s’il permet la poursuite d’étude dans l’enseignement supérieur notamment dans les Sections de Techniciens Supérieurs.

Nous sommes attachés à ce que le maximum de jeunes et, à terme, la totalité de ceux-ci, accède au baccalauréat (niveau IV de formation) .

Cet objectif ne pourra être atteint en supprimant les sections de BEP. Elles permettent aux élèves d’acquérir les techniques de bases transversales, de dépasser pour beaucoup d’entre eux leurs difficultés scolaires, d’affirmer et de préciser en deux ans leur projet professionnel pour s’orienter vers un bac professionnel ou un bac technologique.

Le congrès se prononce pour le rétablissement des BEP supprimés et l’abandon de la généralisation du Bac Pro en 3 ans. Par contre nous sommes favorables à des parcours diversifiés selon le besoin des élèves, en 3 ou 4 ans.

L’orientation en fin de 3e vers la voie professionnelle doit résulter d’un choix libre et réfléchi des jeunes vers une formation qualifiante de niveau V (BEP, CAP). La CGT educ’action se prononce par ailleurs pour qu’une orientation positive en fin de seconde de détermination des lycées se fasse sans exclusive vers les voies générales, technologiques et professionnelles. La fuite des élèves entre le BEP et le Bac pro, même si le ministère en exagère les proportions, est une réalité. Mais nous en connaissons les raisons

• les capacités d’accueil en bac pro. Il n’existe qu’une section de bac pro pour 2 sections de BEP.

• l’éloignement des lieux de formations, ce qui interpelle la qualité des transports, la qualité de l’accueil des élèves internes et le coût des frais de scolarité.

• les difficultés sociales et financières des familles, la CGT revendique pour les jeunes lycéens une allocation d’études.

• les difficultés scolaires persistantes pour certains d’entre eux.

Améliorer les conditions de travail des enseignants et d’études pour les élèves.

La réforme du bac professionnel s’accompagne de classes à 30 élèves et plus, avec, qui plus est, l’obligation de faire passer des contenus en 3 ans au lieu de 4 , des classes plus chargées en bac pro, ainsi que dans les CAP. Le congrès de La CGT Educ’action entend porter la revendication de la diminution du temps de face à face pédagogique défini dans ses repères revendicatifs et réaffirme ses revendications sur la limitation et l’encadrement pédagogique du CCF ainsi que le refus du développement de l’apprentissage. Des menaces de la redéfinition des obligations de service des enseignants se préparent dans le prolongement de la commission Pochard.

Nous réaffirmons notre opposition de l’annualisation des services et la casse des statuts, que la mobilisation des personnels avait repoussée en 2000.

Le congrès réaffirme la nécessité de continuer à informer et à réunir les personnels, afin de construire avec eux les mobilisations nécessaires et à appeler à renforcer la CGT.

NON A LA GENERALISATION DES BACS 3 ANS OUI AU MAINTIEN DES BEP 2 ANS ET AU BAC PRO 2 ANS.