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Mouvement social .... suites du 15 mai !

La meilleure des défenses c’est l’attaque !

La lettre électronique 216 de l’UGICT CGT du 19 mai

lundi 19 mai 2008, par CGT Educ’Action 94

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L’édito de la lettre 216 : la meilleure des défenses c’est l’attaque

Il fallait bien que l’heure soit grave pour que le président de la République intervienne solennellement jeudi soir à l’heure de l’apéritif, alors que les banderoles des 450.000 manifestants venaient juste d’être repliées.

Y avait-il péril imminent ? Les manifs avaient-elles tournées à l’émeute ? Pas le moins du monde, mais l’homme pressé qui nous gouverne ne pouvait pas laisser une seconde l’avantage aux fonctionnaires, aux profs, aux lycéens.

Ses habiles faiseurs de discours, conseillers et porte-serviettes ont dû phosphorer toute la journée pour fignoler la posture idéale à adopter. Et ils l’ont trouvée : détourner l’attention des vraies questions en prenant les usagers du service public en otages et à témoin, insulter les grévistes en refusant de les entendre.

Et en matière d’otages à l’école, on se souvient que l’ancien maire de Neuilly sait donner de sa personne. Il y a dans cette manière de faire, une certaine habileté, une certaine efficacité aussi. Le président a réussi à occuper le terrain avec son annonce de « Service Minimum d’Accueil » inscrit comme un droit par une loi prochaine, éclipsant la colère exprimée par les grévistes et leurs cortèges unitaires.

Mais hélas, le coup médiatique révèle que le président est en difficulté avec sa majorité. Voilà en effet un couac de plus dans les rangs de l’UMP dont les édiles ne cachent pas leur embarras s’ils devaient appliquer le SMA. D’ailleurs, tel qu’il est, tel qu’il a été appliqué en janvier dernier, pour la première fois, cet accueil organisé par les mairies a fait « pschitt ».

Jeudi, en tout, 2 837 communes ont prévu ce 15 mai un service minimum d’accueil dans les écoles... mais pas celle du ministre du Travail, Xavier Bertrand, pourtant donné favori pour succéder à François Fillon ! Saint-Quentin (Aisne), dont Xavier Bertrand, ministre du Travail, est l’adjoint au maire depuis 1995, s’est bien gardée d’appliquer les recommandations gouvernementales. Dans les rangs des maires UMP, on ne s’est pas gênés pour noter que le garde-champêtre avait bien d’autres chats à fouetter que d’amuser les bambins avec son tambour… On ne s’est pas fait prier pour demander qui allait assumer la responsabilité en cas d’accident… bref, on maugrée, on finasse avec des détails… auxquels les conseillers présidentiels n’avaient prêté volontairement aucun intérêt. Mais peu importe, l’essentiel est d’avoir occupé le terrain.

Pour inquiétante que soit la volonté présidentielle de brider l’expression sociale par une limitation du droit de grève et la fabrication de contre-feux aux arrêts de travail, il y a des chances que le pétard soit mouillé. L’obligation faite de se déclarer gréviste 48 heures, a bien été retoquée parce qu’attentatoire au droit de grève. Elle n’est réitérée que pour insulter les instits. Car tous les parents savent bien que la plupart du temps les enseignants prennent leurs responsabilités et avertissent les familles avec un mot dans le carnet. Prétendre qu’ils ne le font pas, c’est insulter leur esprit de responsabilité. Prétendre au surplus qu’ils ne savent pas enseigner, que leurs méthodes « post soixanthuitardes » sont vouées à l’échec et qu’en leur sein des dizaines de milliers paressent et pantouflent à ne rien faire dans des planques mystérieuses, c’est véritablement leur faire injure. Tout est injure dans le discours de jeudi soir.

Face à cette mobilisation d’ampleur exceptionnelle qui fait converger toutes les fonctions publiques et toutes les catégories de fonctionnaires avec les lycéens, étudiants et parents d’élèves, la posture présidentielle adoptée en réponse à cette journée est déplacée et choquante. Le président de la République n’apporte aucune réponse aux légitimes exigences portées ce 15 mai, mais annonce son ambition de faire promulguer une loi avant l’été visant à limiter l’exercice du droit de grève à l’Éducation nationale.

Cette journée aura des suites que les organisations de fonctionnaires vont maintenant envisager car l’intransigeance gouvernementale impose d’inscrire la mobilisation dans la durée. Mais d’ores-et-déjà, les personnels de la Fonction publique ont un autre rendez-vous qui s’annonce tout aussi mobilisateur jeudi 22 mai pour défendre le système de retraite solidaire avec l’ensemble des salariés.

Le reste du sommaire :

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- Salaires : nouvelle grève chez Capgemini

- Franchises médicales : toujours décriées par les Français

- Hôpital menacé à Carhaix : une soixantaine de mairies restent fermées

- France TV : appel à un arrêt de travail le 21 mai

- Sanofi-Aventis : suppression de 400 à 600 postes de visiteurs médicaux

- Groupe Caisse d’Épargne : 3 500 postes supprimés d’ici 2012

- Urgences hospitalières : préparation insuffisante du risque de canicule

- Étudiants en travail social : par milliers à Paris pour défendre leurs stages,

- Fusion GDF-Suez : la CGT veut « une négociation sur les garanties sociales »

- Sondage : 78 % des Français pensent que mai 68 a apporté le progrès social

- Représentativité : le gouvernement reprend la position commune CGT-CFDT patronat

- Rencontres d’Options : « construire un mode de management alternatif »

- CGT Rhône-Alpes : Assises sur « Recherche, Innovation, Territoires, pour des politiques industrielles ambitieuses »

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