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Déclaration intersyndicale sur l’enseignement professionnel

Unsen-cgt, Snetaa-Eil, Sgen-Cfdt, Se-Unsa et Snuep-Fsu

lundi 7 mars 2005, par CGT Educ’Action 94

Les organisations syndicales Unsen-cgt, Snetaa-Eil, Sgen-Cfdt, Se-Unsa et Snuep-Fsu dénoncent les orientations politiques actuelles en matière d’enseignement professionnel.

Les suppressions de sections de formation se poursuivent depuis maintenant 3 ans. L’offre d’enseignement professionnel est sérieusement entamée, les conditions d’études pour les jeunes et de travail pour les personnels se dégradent, notamment avec les regroupements en enseignement général.

Cette situation est le résultat de choix budgétaires qui sacrifient l’emploi dans l’Education nationale et singulièrement dans les Lycées professionnels.
Le budget 2005, qui programme la suppression de 2 166 emplois de PLP, se situe dans la lignée des 2 budgets précédents. Les postes ouverts au concours de recrutement des PLP connaissent une amputation de 1 500 postes en deux ans. Le recrutement prévu pour cette année ne compensera pas les départs prévisibles à la retraite (2 840 recrutements pour 3005 départs).

Les potentialités de l’enseignement professionnel sont attaquées alors que, dans le même temps, le gouvernement entend promouvoir l’apprentissage.

Ainsi, la loi d’orientation insiste sur la nécessité d’augmenter de cinquante pour cent le nombre d’apprentis actuellement présents -plus de 20 000 dans les lycées professionnels et les lycées technologiques- pour répondre aux objectifs fixés par le gouvernement de passer de 360 000 à 500 000 apprentis dans et hors Éducation nationale d’ici 2009.
Il y a là une certaine cohérence entre le désengagement de l’Etat vis-à-vis des formations sous statut scolaire et le développement de formations sous contrat d’apprentissage.

Ne sommes-nous pas dans une stratégie de substitution de l’un par rapport à l’autre ?
Les organisations Unsen-cgt, Snetaa-Eil, Sgen-Cfdt, Se-Unsa et Snuep-Fsu, rappellent leur opposition à cette politique qui hypothèque gravement l’avenir. Se trouve en effet posée la pérennité d’un système de formation qui a fait ses preuves.

S’il est vrai que l’apprentissage complète la formation initiale publique, la complémentarité dont parlent les ministres, et souvent les régions, est un moyen de concurrencer l’enseignement professionnel au profit de l’apprentissage. Il n’est pas, comme le présente la loi Borloo, un dispositif d’insertion réservé aux publics en difficulté. Il n’est pas non plus, loin s’en faut, un remède miraculeux contre le chômage des jeunes comme tente de le faire croire le gouvernement.
Il est conçu davantage comme une réponse politique au chômage des jeunes que comme un véritable dispositif de formation initiale.

Nous sommes attachés à la défense et à la promotion d’un enseignement sous statut scolaire qui accueille la moitié des élèves scolarisés du second degré, dans les lycées professionnels et les lycées technologiques :

Parce qu’il pose le principe d’une formation professionnelle associée à un enseignement général complet et de haut niveau, permettant une insertion professionnelle et favorisant les évolutions ultérieures dans le cadre d’une formation continue ;
Parce qu’il a su s’ouvrir sur l’entreprise pour asseoir les contenus de formation sur la réalité des métiers ;
Parce qu’il pose les principes fondamentaux de la laïcité républicaine où prime l’intérêt général et non les intérêts des entreprises.
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La mise en place de classes de 3è « découverte professionnelle » 6 heures dans les lycées professionnels complète les actuelles 4è en alternance et réhabilite en fait le palier d’orientation dès la 5è.

Découvrir les métiers est utile à tout collégien. Ceux qui sont en difficulté n’en ont pas plus, ni plus tôt, besoin ou envie pour vaincre leurs difficultés. Le traitement de ces difficultés nécessite d’autres analyses et d’autres moyens. Loin de cela, on utilise la découverte professionnelle renforcée en 3è comme filière de relégation. La "vocation" de remédiation à l’échec scolaire de l’enseignement professionnel se trouve ainsi confortée. Même si l’enseignement professionnel doit participer, comme les collèges et les LEGT, à la remotivation de certains élèves, le désigner comme le seul recours aux difficultés scolaires conduit à stigmatiser et cette voie et les élèves. C’est par ailleurs oublier que sa principale mission est de leur donner une qualification professionnelle reconnue.

Ainsi, la loi d’orientation, rejetée par la totalité des organisations syndicales et des associations de parents d’élèves et de lycéens au Conseil Supérieur de l’Education, constitue une sérieuse menace pour le service public d’éducation dans son ensemble.
Les dispositions concernant l’enseignement professionnel et les PLP sont particulièrement néfastes. Elles annoncent la casse du statut des PLP avec, en perspective, une redéfinition des services et de nouvelles obligations, notamment celle d’enseigner en apprentissage.

Après le succès des actions du 20 janvier les organisations Unsen-cgt, Snetaa-Eil, Sgen-Cfdt, Se-Unsa et Snuep-Fsu appellent les PLP à préparer activement les actions interprofessionnelles du 10 mars pour la défense du service public et à inscrire dans ces actions les aspects spécifiques portant sur les enjeux de l’enseignement professionnel pour :

L’abandon du projet de loi d’orientation,
L’arrêt du développement de l’apprentissage en concurrence à l’enseignement professionnel,
Des moyens budgétaires permettant de préserver et de développer l’offre de formation des lycées professionnels et des lycées technologiques,
L’ouverture de négociations.

Les organisations Unsen-cgt, Snetaa-Eil, Sgen-Cfdt, Se-Unsa et Snuep-Fsu décident d’entreprendre une campagne de mobilisation de l’ensemble des personnels de la voie professionnelle en lançant un appel unitaire pour arrêter le démantèlement de l’enseignement professionnel initial, public et laïque.

Dans un premier temps, elles engagent leurs organisations académiques à solliciter, courant mars, des audiences communes auprès des rectorats et conseils régionaux appuyées, partout où c’est possible, par des délégations d’établissement.
Elles se retrouveront afin d’examiner les termes d’une pétition nationale sur le thème « Halte au démantèlement de l’enseignement professionnel ».

Paris, le 2 mars 2005