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Education : inégalités sociales et école

mercredi 7 mai 2008, par CGT Educ’Action 94

32 % : Taux de chômage des jeunes français sortis du système éducatif sans diplôme en 2004 (Céreq).


La composition sociale des filières, de la 6e aux classes préparatoires

55 % des élèves de classes préparatoires sont enfants de cadres ou de professions libérales, tandis que seuls 16 % ont des parents ouvriers, inactifs ou employés.

A mesure que le niveau d’études augmente, la proportion d’élèves des couches sociales les moins favorisées diminue. Alors que les enfants d’ouvriers, d’inactifs et d’employés représentent la majorité des élèves de sixième (56 % pour les deux catégories cumulées), ils ne constituent qu’une faible part (16 %) des élèves de classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE).

A l’inverse, les enfants, dont les parents sont cadres ou exercent une profession libérale, ne représentent que 16 % des élèves de sixième, tandis qu’ils constituent plus de la moitié (55 %) des élèves de classes préparatoires.

Si les inégalités sont présentes dès l’école maternelle, elles s’accentuent au fur et à mesure que le niveau d’études augmente, du fait d’une moins bonne réussite des enfants issus de milieux défavorisés ou, tout simplement, de choix d’orientation influencés par le milieu social.

Mais le « handicap » du milieu social n’est pas insurmontable : même s’ils sont peu nombreux, et même s’ils doivent redoubler d’efforts, des enfants d’ouvriers et d’employés sont présents dans les filières de prestige.

Voir le tableau : L’origine sociale des élèves de la 6e aux classes préparatoires. Unité : %

Source : Ministère de l’éducation nationale - Direction de l’évaluation de la prospective et de la performance, suivi après le baccalauréat des élèves entrés en sixième en 1995


L’origine sociale des élèves en difficulté au collège

84 % des élèves des sections pour jeunes en difficulté au collège sont issus des catégories sociales défavorisées.

Les catégories sociales les moins favorisées sont très largement sur-représentées dans les sections d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa) qui accueillent les collégiens présentant des difficultés scolaires « graves et durables » (100 000 élèves sur 3,2 millions).

Les enfants d’ouvriers, d’employés et des sans-activité représentent 84 % des élèves en difficulté alors qu’ils constituent la moitié des jeunes qui suivent un enseignement général.

Les enfants d’enseignants et de cadres en représentent 2 %, soit dix fois moins que leur part dans l’enseignement général. Les enfants de cadres moyens (les professions intermédiaires) ou d’artisans et commerçants sont eux aussi nettement sous-représentés.

Les inégalités sociales face à l’école se construisent dès l’école maternelle et primaire.

Elle sont donc déjà marquées à l’entrée au collège où elles s’accentuent.

Le système français est marqué par son académisme, des évaluations fréquentes et des enseignements précoces. Autant d’éléments qui pénalisent ceux qui disposent des plus faibles atouts familiaux.

Voir le tableau : Répartition des collègiens en fonction de la filière et de la catégorie sociale

Source : Ministère de l’éducation nationale, Repères et références statistiques 2007


Accès aux vacances :

Presque la moitié des enfants des familles modestes ne partent pa en vacances contre seulement 3% des enfants des familles aisées...

Voir le graphique : source INSEE

Enfants de 5 à 19 ans qui ne partent pas en vacances selon le revenu de la famille (en %)


La scolarisation des enfants dans le monde

Même si l’éducation progresse dans le monde, 72 millions d’enfants n’étaient toujours pas scolarisés en 2005, contre 96 millions en 1999.

Le nombre d’enfants non scolarisés dans le monde a considérablement baissé ces dernières années. Ils sont quand même encore un peu plus de 72 millions en 2005 contre 96 millions en 1999. Cette évolution est d’autant plus remarquable que, durant le même temps, le nombre d’enfants total à scolariser dans ces pays a fortement augmenté. Des investissements considérables ont été réalisés pour accueillir ces jeunes. Chaque année 34 millions de nouveaux élèves font leur entrée à l’école en Inde, école qui doit en accueillir 5 millions de plus qu’à la fin des années 1990 (l’équivalent de 170 000 classes)...

En Asie du Sud et de l’Ouest et en Afrique subsaharienne les proportions de non-scolarisés sont les plus élevées, respectivement 23,7 % et 45,4 %. Ces zones sont confrontées à la conjonction d’une forte fécondité et de faibles moyens (ou orientés autrement, notamment vers les dépenses militaires...).

Plus de la moitié des enfants non scolarisés dans les pays en voie de développement sont des filles. Mais la proportion est préoccupante en Asie du Sud (essentiellement en Inde), où elle atteint les deux-tiers et dans les pays Arabes (60 %). Des pays où les parents donnent une priorité à leur descendance masculine.

Enfin, il ne faut pas oublier que la situation se détériore dans un certain nombre de pays. Ainsi, le nombre d’enfants non-scolarisés est passé de 393 000 en 1999 à un million en 2005 au Vietnam, ou de 170 000 à 570 000 en Afrique du Sud. Des données là aussi à prendre avec précaution car il peut aussi s’agir d’un meilleur dénombrement...

Avertissement : ces données sont tirées du rapport mondial 2008 de l’éducation pour tous de l’Unesco. Elles doivent être considérées comme des tendances générales, mais leur fiabilité est faible pour certains pays. Une partie des bonnes performances dans l’évolution scolaire peuvent résulter de décisions « politiques » difficilement décelables par l’Unesco.

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21-27 avril 2008 : semaine mondiale d’action « Education pour tous »
L’éducation dans le monde progresse mais de fortes inégalités demeurent entre les pays. Une semaine mondiale d’action à l’initiative de l’Unesco pour rappeler les objectifs à réaliser.

Les inégalités face à l’éducation constituent un enjeu crucial. La situation s’améliore dans le monde, mais les écarts demeurent colossaux.

L’accroissement de la population dans de nombreux pays pauvres, la faiblesse des moyens des états et des choix politiques d’investissements publics discutables constituent des handicaps importants pour une réduction plus rapide de la fracture éducative mondiale.

A l’occasion de la semaine mondiale 2008 de l’éducation pour tous, l’Observatoire des inégalités vous propose des éléments d’information sur le sujet :

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