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Non au démantèlement de l’AFPA

vendredi 21 mars 2008, par CGT Educ’Action 94

Suite à la réunion du 18 mars 2008 des représentants des personnels des établissements de l’AFPA à la Bourse du travail à Paris, s’est tenue une conférence de presse. Vous trouverez ci-dessous le premier écho qui émane de l’AEF (agence de presse Education et Formation)

Les six syndicats et 338 représentants des personnels des établissements signent une motion pour dire "non au démantèlement" Le 29 mai 2008 est déclaré "journée centres morts" par les six organisations syndicales de l’Afpa et les 338 représentants des personnels des établissements de l’association réunis hier, mardi 18 mars 2008, à l’appel de leurs syndicats à la Bourse du travail de Paris. Les six syndicats (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO et SUD-solidaires) souhaitent organiser "la montée massive du personnel à Paris" ce jour-là, pour dire "non au démantèlement de l’Afpa". Une manifestation nationale sera organisée devant le ministère chargé de l’Emploi. Dans le même temps, les syndicats appellent à "amplifier" les actions en cours : réunions de personnels, débrayages, envoi de délégation auprès des préfets, des conseils régionaux et des élus, etc.

Premier sujet d’inquiétude, "l’incertitude sur le cadre juridique de l’Afpa". Selon les syndicats et les représentants des personnels signataires d’une motion au terme de la réunion à la Bourse du travail, "la mise de l’Afpa sur le marché concurrentiel au 1er janvier 2009 mènera à la destruction du service public de formation qualifiante". Elle "remettra en cause la possibilité de se former et d’acquérir une qualification, à égalité de droit sur l’ensemble du territoire, pour tous les demandeurs d’emploi (particulièrement les moins qualifiés d’entre eux) ou les salariés actifs qui en ont besoin."

Ils déplorent, à cet égard, le refus de Christine Lagarde, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Emploi, lors du débat sur le projet de loi relatif à la réforme du SPE (service public de l’emploi), de proroger de deux ans les conventions tripartites État/régions/Afpa qui organisent dans presque toutes les régions le transfert anticipé de l’organisation et du financement des stages de l’Afpa avant le 1er janvier 2009. Les syndicats comptent sur le soutien des conseils régionaux comme ils l’ont fait dans le cadre de l’ARF (Association des régions de France, L’AEF n°93310) pour tenter d’obtenir une prolongation de la période transitoire permettant de conventionner l’Afpa. Les syndicats reconnaissent cependant que cette prorogation n’aura d’intérêt que "si elle est mise à profit pour réfléchir au cadre juridique de l’Afpa". Ils affirment qu’"aujourd’hui, sa mise en concurrence s’organise sans aucune transparence".

PERSONNELS DE L’ORIENTATION

Autre motif de revendication, "la préparation concrète et accélérée du transfert des personnels de l’orientation", alors que la loi relative à la réforme du SPE prévoit un "transfert éventuel" à l’opérateur unique résultant de la fusion ANPE-Assédic des personnels de l’Afpa chargés de l’orientation professionnelle des demandeurs d’emploi (L’AEF n°90860). Derrière le transfert des personnels de l’orientation à l’opérateur unique, c’est le transfert de la mission ’gestion des compétences’ de l’Afpa qui s’annonce, selon les syndicats, dont sa mission d’ingénierie. "Ce mouvement qui consiste à segmenter les différents services de l’Afpa vise à marchandiser toute son activité et à la transformer en un organisme de formation comme les autres, dont l’objectif sera de former des stagiaires rentables."

Les représentants des personnels et les syndicats se prononcent également en faveur du maintien des services d’accompagnement "restauration, médecine du travail, rémunération des stagiaires, hébergement". À l’Afpa, l’hébergement des stagiaires est pour le moment gratuit. Qu’adviendra-t-il de ce principe de gratuité "si on change le mode de gestion [de l’hébergement], si on le sous-traite au privé ?". Les syndicats ont entendu parler d’un hébergement d’un montant de "60 euros par stagiaire" dans certains cas. Les syndicats redoutent également la disparition d’un métier étroitement lié à l’accueil, à l’hébergement et à l’accompagnement des stagiaires : celui d’animateur socio-éducatif (130 personnes) financé par la subvention "nuitée des stagiaires".

MÉTIER DE FORMATEUR, GPEC

Les syndicats réclament par ailleurs le retrait du texte de la direction générale sur "l’évolution du métier de formateur" (L’AEF n°93058) et demandent l’ouverture de négociations "pour l’amélioration des conditions d’exercice du métier et l’évolution de carrière des formateurs". Le projet de la direction conduit "à une perte de sens du métier de formateur de l’Afpa dont la mission est de transmettre des métiers", selon les syndicats, et "bouleverse complètement la politique salariale de l’Afpa".

En ce qui concerne la GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) "mise en place unilatéralement" (L’AEF n°89575), les représentants des personnels se prononcent avec les syndicats "contre toute mobilité professionnelle ou géographique imposée, contre tout licenciement et contre toute sanction prise à l’encontre du personnel". D’après les syndicats, la direction générale annoncerait en particulier "la suppression de huit directions en Île-de-France". Les représentants et les syndicats s’engagent également à "lutter pour le respect des contrats de travail, contre les plans de licenciements rampants et la précarité". L’Afpa compteraient "20% de salariés précaires", selon eux.


Motion des représentants des personnels des établissements de l’AFPA réunis le 18 mars 2008.

Non au démantèlement de l’AFPA

Réunis à la Bourse du travail de Paris le 18 mars 2008, 338 représentants des personnels des établissements de l’AFPA, à l’appel de leurs syndicats, font le constat que la situation de l’association et de son personnel, se dégrade chaque jour un peu plus. L’incertitude sur le cadre juridique (règles de financement) dans lequel l’AFPA est située pour l’avenir fait peser de lourdes menaces sur les éléments fondamentaux de celle-ci :

La mise de l’AFPA sur le marché concurrentiel mènera à la destruction du service public de formation professionnelle qualifiante. C’est la remise en cause de la possibilité de se former et d’acquérir une qualification, à égalité de droit sur l’ensemble du territoire, pour tous les demandeurs d’emploi (particulièrement les moins qualifiés d’entre eux) ou les salariés actifs qui en ont besoin.

la préparation concrète et accélérée du transfert des personnels de l’orientation, la mise en concurrence des formations, la dévolution du patrimoine et des hébergements, la fermeture d’établissements et les suppressions d’emploi mèneront à la dilution voire à la disparition pure et simple de l’AFPA.

Les représentants des établissements de l’AFPA font leur la demande de retrait du texte de la direction générale, « évolution du métier de formateur » et réclament l’ouverture de négociations avec leurs syndicats pour l’amélioration des conditions d’exercice du métier et l’évolution de carrière des formateurs.

Concernant la GPEC mise en place unilatéralement, les représentants se prononcent avec leurs syndicats :

- Contre toute mobilité professionnelle ou géographique imposée,

- Contre tout licenciement,

- Contre toute sanction prise à l’encontre du personnel.

Avec les syndicats, dans les établissements, ils prendront dans l’unité toutes les mesures nécessaires pour défendre les salariés et leurs emplois.

Les représentants des établissements, avec leurs organisations syndicales soutiennent toutes les actions en cours :

- Pour s’opposer dans l’unité aux fermetures de sections de formation, d’établissements,

- Pour le respect des contrats de travail, contre les plans de licenciement rampants et la précarité

- Pour la défense des formations qualifiantes et des titres professionnels homologués,

Ils appellent à les amplifier par des réunions des personnels, des débrayages, et l’envoi de délégations en direction des Préfets, Conseils Régionaux, et des élus (maires, députés, sénateurs etc.), communication aux médias.

Les organisations syndicales proposeront courant avril l’organisation d’actions coordonnées (délégations aux préfectures, Conseils régionaux, débrayages, etc.).

Les représentants des établissements, avec leurs organisations syndicales décident de faire du 29 mai une journée « centres morts » afin d’organiser la montée massive du personnel à Paris pour dire au gouvernement et au ministère : stop !

Grève et manifestation nationale le 29 mai :

- Pour le maintien des financements publics par subvention et contre la mise en concurrence des formations,

- Pour la préservation de l’AFPA et le maintien de tous les emplois,

- Pour la pérennité du Siège national avec des fonctions centrales fortes et structurantes,

- Pour le maintien au sein de l’AFPA des services d’orientation et de la direction de l’ingénierie

- Pour le maintien des services d’accompagnement permettant l’égalité d’accès (hébergement gratuit, restauration, médecine du travail, rémunération des stagiaires