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Repères revendicatifs - Ecole

Ces repères revendicatifs ont été votés au Congrès de Lille en janvier 2002. Ils ne seront pas modifiés lors du Congrès de Port-Barcarès, mais lors d’un prochain Conseil National de l’Union (CNU). Vous pouvez d’ores et déjà faire vos remarques ou poser vos questions, en vue de modifications futures

mardi 15 février 2005, par CGT Educ’Action 94

LES MISSIONS

"L’école favorise l’ouverture de l’élève sur le monde et assure, conjointement avec la famille, l’éducation globale de l’enfant. Elle a pour objectif la réussite individuelle de chaque élève en offrant les mêmes chances à chacun d’entre eux. Elle assure la continuité des apprentissages."

"L’objectif général de l’école maternelle est de développer toutes les possibilités de l’enfant, afin de lui permettre de former sa personnalité et de lui donner les meilleures chances de réussir à l’école élémentaire
et dans la vie en le préparant aux apprentissages ultérieurs. Elle participe aussi au dépistage des difficultés sensorielles, motrices ou intellectuelles et favorise leur traitement précoce.
"

"L’école élémentaire apporte à l’élève les éléments et les instruments fondamentaux du savoir : expression orale et écrite, lecture, mathématiques.
Elle lui permet d’exercer et de développer son intelligence, sa sensibilité, ses aptitudes manuelles, physiques et artistiques.
Elle permet l’acquisition progressive de savoirs méthodologiques et prépare l’élève à suivre dans de bonnes conditions la scolarité du collège.
"

Ces textes ministériels fixent des orientations dans lesquelles nous nous retrouvons. Mais 20 % d’élèves entrent en 6ème sans maîtriser les bases de la lecture et les 60 000 jeunes qui sortent du système éducatif sans diplôme sont, pour la plupart, entrés dans la spirale de
l’échec scolaire dès l’école primaire.

La nouvelle mise en place des P.P.A.P. (Projets Personnalisés d’Aide et de Progrès), faisant suite aux résultats des évaluations CE2, nécessite du temps et des moyens.
La dernière période est marquée par l’installation de la précarité dans nos écoles. Aux dizaines de milliers d’aides éducateurs, s’ajoutent les intervenants non titulaires de la Fonction publique territoriale
et de l’Education nationale comme les intervenants en langue.

A chaque rentrée, des milliers de postes de direction ne sont pas pourvus. Des milliers de jeunes collègues sur listes complémentaires prennent une classe sans formation.
Cela nous conduit à nous interroger sur le fonctionnement et l’organisation de l’école, sans séparer ses missions des conditions de travail de ses personnels.

L’école primaire est à la base de tous les apprentissages futurs et mérite une réflexion conduisant à des propositions sur les contenus, les rythmes scolaires, le statut de ses personnels, sur leur recrutement et leur formation, la taille des classes, la gestion-direction des écoles, les conditions d’un réel travail d’équipe, la démocratie, la place des parents, la liaison école-collège.

Cette transformation de l’école nécessite des moyens qui ne sont pas au rendez-vous comme en témoigne la faible augmentation du nombre de postes.

LA POLYVALENCE

Traditionnellement, un seul maître enseignait toutes les disciplines. La pratique du décloisonnement et la multiplication des intervenants a rendu la pratique de la polyvalence intégrale de moins en moins répandue. Parallèlement, une étude de l’INRP a montré que certaines disciplines n’étaient pas ou peu enseignées.

La formation initialeet continue des maîtres doit en tirer les enseignements. Ce qui implique
une formation plus longue avec un tronc commun et des dominantes.

Notre revendication d’aller vers 18 h présence élèves + 6 h pour les maîtres suppose quatre enseignants pour trois classes, ce qui permettrait de mettre à profit les compétences particulières de chacun.
L’enjeu est de passer de la polyvalence du maître à la polyvalence d’une équipe. Dans le cadre du respect des rythmes biologiques de l’enfant, qui nécessite des semaines d’enseignement moins chargées, les élèves travailleront 24 h par semaine.
Notre objectif est d’atteindre à terme les mêmes obligations horaires que dans le second degré.

La polyvalence, si elle doit être modulée, ne doit pas être supprimée.
C’est elle qui permet de mettre en œuvre des démarches faisant appel à plusieurs disciplines. Elle correspond au besoin des élèves d’avoir un adulte référent clairement identifié. Le temps passé avec ce dernier pourrait se situer entre 50 et 75 % du temps élève, suivant
l’âge des élèves.

LA PETITE ENFANCE ET L’ÉCOLE MATERNELLE

Nous revendiquons des crèches gratuites et en nombre suffisant sur tout le territoire pour accueillir les enfants des parents qui le souhaitent.

L’apprentissage précoce de la langue orale est le socle de l’ambition de l’Ecole à lutter contre l’inégalité. La scolarisation des enfants de
deux ans a fait la preuve qu’elle contribuait à la réussite scolaire, en
particulier pour les enfants issus des milieux défavorisés. A l’heure
actuelle, seulement 35 % d’une classe d’âge est scolarisée avec de
grandes disparités entre les départements.
Nous demandons un nombre de places suffisant pour scolariser tous
les enfants de 2 ans dont les parents le désirent. Des collaborations
entre les enseignants et d’autres professionnels de la petite enfance
(puéricultrices, éducateurs de jeunes enfants, ...) sont à développer,
tout en respectant l’identité de l’école et des crèches.

Nous revendiquons :
- Une formation initiale et continue qui prenne en compte la spécificité de l’école maternelle.
- Un ATSEM (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) par
classe, qui puisse bénéficier d’une formation et de la reconnaissance
de sa fonction éducative.
- Des locaux adaptés,
- Des effectifs réduits.

L’ACCUEIL DES ENFANTS NON FRANCOPHONES

Les classes d’initiation (CLIN), sous la responsabilité d’enseignants
diplômés en "français langue étrangère" accueillent les enfants non
francophones suivant des modalités adaptées à l’enfant (temps partiels,
sur une partie de l’année...). Elles ont largement fait la preuve
de leur utilité mais sont rarissimes. Nous demandons un recensement
des besoins et la création des postes correspondants.

LES INTERVENANTS EXTÉRIEURS

Les intervenants sont une richesse pour l’école quand ils interviennent
avec le maître pour transmettre aux élèves des compétences
particulières sur des aspects du domaine artistique, sportif ou autre.
Cette ouverture de l’école ne justifie pas que des intervenants prennent
en charge certaines disciplines comme les langues, l’éducation
physique et artistique, suppléant au manque d’enseignants formés.
Nous revendiquons la titularisation pour tous les intervenants qui le
souhaitent, qu’ils relèvent de la Fonction publique territoriale ou de
l’Education nationale.
Les enseignements de langues vivantes et régionales doivent être
dispensés par des maîtres licenciés formés à l’IUFM avec une dominante
langue. Cet enseignant doit être un maître en plus. Cela répond
à la nécessité pédagogique d’enseigner une langue à partir de
l’oral, ce qui est impossible avec une classe entière. Une politique
volontariste est nécessaire, en liaison avec le second degré, pour
développer la diversité des langues.
Les enseignants chargés des langues doivent garder la liberté de
reprendre une classe.

LES NOUVEAUX EMPLOIS

De nouveaux emplois statutaires de fonctionnaires sont nécessaires
au bon fonctionnement de l’école :
- Gestionnaire-animateur des bibliothèques, centres de documentations
(BCD).
- Gestionnaire-animateur du réseau informatique.

Les emplois d’auxiliaire d’intégration, qui existent déjà, doivent être
développés. C’est un vrai métier qui nécessite une réelle formation,
un diplôme et une grille salariale. Nous demandons l’intégration de
ces personnels dans la Fonction publique.
Les aides éducateurs ont largement fait la preuve de leur utilité. Nous
revendiquons, pour ceux qui le souhaitent, la possibilité d’intégrer
ces nouveaux emplois dans la Fonction publique.

LA DIRECTION DES ÉCOLES

La fonction de directeur doit s’articuler avec une vision plus large de
la gestion des écoles.
Le-la directeur-trice- ne doit pas "tout faire"

Nous revendiquons :
Des créations d’emplois statutaires :
- de secrétaires d’école (un-e- pour 10 classes) ;
- d’agents techniques pour l’entretien et la sécurité des écoles ;
- d’infirmier-e-s (un-e- pour 10 classes).

Il-elle ne doit pas être seul-e- gestionnaire

Nous revendiquons :
Des décharges (sur la base d’une complète pour cinq classes) :
- pour le-la directeur-trice- enseignant-e- référent pour les relations extérieures (administration, mairie, associations...), pour l’organisation des conseils d’école,
- pour d’autres collègues pour animation (projets, BCD, informatique, conseil des maîtres, de cycles...).

Il-elle ne doit pas être responsable de tout
A chacun ses responsabilités : la classe aux instituteurs-trices-/professeurs
des écoles ; la sécurité des écoles à la mairie ; les autorisations
de sorties à l’IEN.
La fonction de directeur-trice- doit être librement choisie. Nous revendiquons
une formation conséquente et ouverte à tous les collègues
volontaires pour permettre une rotation à l’intérieur de l’école à
l’intérieur de l’école pour ceux qui le désirent.

UN AUTRE AMÉNAGEMENT DU TEMPS DE
TRAVAIL

Nous revendiquons un abaissement des obligations de service de
27 à 24 h, 6 h s’ajoutant aux 18 h présence-élèves pour répondre
à des besoins de liaison et de concertation, au travail d’équipe. Celuici
est indispensable d’un point de vue pédagogique, mais aussi pour
la socialisation des élèves.
Ces 6 heures pourraient comprendre :
- les liaisons entre les cycles, entre l’école et le collège,
- les concertations entre les maîtres, en particulier les maîtres spécialisés du RASED, avec les intervenants extérieurs,
- les participations aux différentes instances,
- la participation à des réunions avec les différents acteurs, en relation avec le monde éducatif : services sociaux, médicaux, communaux...
- les rencontres avec les parents.

LA TAILLE DES CLASSES

La réduction de la taille des classes doit être significative pour avoir
des effets sur la réussite des élèves. Elle influe sur le climat et la
bonne entente du groupe classe. Elle permet au maître de mettre en
œuvre une pédagogie différenciée efficace. Elle améliore grandement
les conditions de travail du maître en réduisant la fatigabilité.
Nous revendiquons :
- aucune classe à plus de 24 élèves,
- un maximum de 20 en maternelle, au CP et au CE1,
- un maximum de 15 élèves dans la petite section maternelle,
- un allégement pour les classes à plusieurs niveaux,
- un allégement pour les classes qui comprennent un élève en contrat d’intégration.

LES REMPLACEMENTS

Les remplaçants dans le 1er degré sont des titulaires qui ont choisi d’être ZIL (absences de courte durée sur une zone limitée) ou Brigade
(absences plus longues sur le département).
L’administration tend à fusionner ZIL et Brigade pour plus de souplesse dans la gestion. Cela entraîne une dégradation des conditions
de remplacement. Les moyens globaux se réduisent ou stagnent.
Il est impossible de travailler avec ses élèves quand il faut garder en même temps les élèves du collègue absent. Il n’est pas acceptable de
résoudre ce problème en chargeant l’aide éducateur de "garder" une classe.
Nous revendiquons :
- des créations de postes pour remplacer toutes les absences,
- le respect de la spécificité des postes ZIL et brigades,
- la création d’une brigade de remplaçants spécialisés, titulaires du
CAPSAIS,
- la possibilité donnée aux remplaçants non spécialisés de refuser
un remplacement dans l’AIS.

LES LOCAUX

Nous revendiquons pour chaque école :
- Une salle des maîtres avec un panneau syndical, un téléphone, un
ordinateur avec l’accès internet,
- Un local pour recevoir dignement les parents,
- Des locaux adaptés pour chaque membre du RASED (réseau
d’aide spécialisé aux élèves en difficulté).