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Communiqué de la CGT Educ’Action

L’enseignement professionnel : Un débat détourné, des menaces lourdes !

mardi 18 décembre 2007, par CGT Educ’Action 94

La généralisation des baccalauréats professionnels en 3 ans est au centre des transformations que veut imposer le ministre de l’Education.
Xavier Darcos, malgré un recul sur 2008 à la suite de la mobilisation des personnels, n’entend pas revenir sur ce principe et veut réduire la discussion future aux seules modalités de sa mise en œuvre.

C’est ainsi que son cabinet déclarait à l’AEF (dépêche 88647 du 14 décembre 2007) :
« Il est hors de question de suspendre quoi que ce soit », le calendrier est maintenu : « la généralisation du bac pro 3 ans sera effective à la rentrée 2009, il n’est pas question de ralentir le rythme des réformes. En revanche, nous discuterons avec les syndicats des modalités ».

Dans ces conditions, l’UNSEN-CGT ne signera pas le protocole de discussion.

L’UNSEN-CGT est prête à discuter de l’ensemble des problématiques qui permettent de développer toutes les potentialités de cette voie spécifique qui est celle de l’enseignement professionnel, y compris de la mise en place d’un nombre limité de baccalauréats professionnels 3 ans. Mais la décision unilatérale du ministre conduira à déstabiliser d’avantage cette voie de formation.
La généralisation des bacs pro 3 ans ne doit pas se discuter uniquement dans le cadre de la voie professionnelle car elle percute aussi la nature du baccalauréat technologique.

Nous sommes attachés à ce que le maximum de jeunes, et à terme la totalité de ceux ci accède au niveau IV de formation (niveau du baccalauréat). Le bac professionnel doit garder sa finalité d’insertion professionnelle. Il doit cependant permettre la poursuite d’étude dans l’enseignement supérieur notamment dans les Sections de Techniciens Supérieurs.
Cet objectif ne pourra être atteint en supprimant les sections de BEP qui permettent aux élèves d’acquérir les techniques de bases transversales, de dépasser pour beaucoup d’entre eux leurs difficultés scolaires, d’affirmer et de préciser en deux ans leur projet professionnel pour s’orienter vers un bac professionnel ou un bac technologique.

L’UNSEN-CGT estime que le nombre d’élèves qui obtiennent le baccalauréat professionnel est aujourd’hui insuffisant. La généralisation du baccalauréat professionnel en 3 ans aboutira, pour nombre d’entre eux, à des difficultés supplémentaires pour obtenir un diplôme de niveau IV et construire leur qualification professionnelle. C’est une des conclusions d’un rapport de l’Inspection Générale (rapport Prat) que le ministre refuse de prendre en compte.

La fuite des élèves entre le BEP et le Bac pro, qui est réelle aujourd’hui, est à rechercher dans :

- Les capacités d’accueil en bac pro. Il n’existe qu’une section de bac pro pour 2 sections de BEP.

- L’éloignement des lieux de formation, ce qui interpelle la qualité des transports, la qualité de l’accueil des élèves internes et le coût des frais de scolarité.

- Les difficultés sociales et financières des familles, la CGT revendique pour les jeunes lycéens une allocation d’étude.

- Les difficultés scolaires persistantes pour certains d’entre eux.

Le ministre souhaite développer durablement les CAP, alors que ces formations correspondent de moins en moins aux débouchés. De fait, les élèves engagés dans ces formations n’auront quasiment pas, contrairement aux élèves de BEP, la possibilité de poursuivre leurs études.

Cette réforme du baccalauréat professionnel n’est pas d’ordre pédagogique mais avant tout budgétaire. Comment ne pas penser à la suppression des 11 200 emplois d’enseignants cette année, et à l’annonce des 20 000 par an pendant les 4 ans qui restent de la mandature.

Des déclarations laissent penser qu’il ne s’agit là que de la première phase d’un vaste projet de restructuration qui concerne l’ensemble du second degré, y compris la voie générale. Elle conduirait à limiter l’offre de formation pour en limiter les coûts.

A mesure des annonces faites dans les académies, un mouvement revendicatif s’est amplifié dans les établissements. Il semble que dans l’état actuel des choses le ministre n’en ait pas pris la mesure, même s’il reporte à 2009 la mise en œuvre de sa réforme.

C’est pourquoi, l’UNSEN-CGT a appelé à une semaine d’action du 17 au 21 décembre et qu’elle propose une journée de grève nationale en janvier pour obtenir un autre cadre et d’autres objectifs de discussion.

Montreuil le 18 décembre 2007