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Les fausses routes de Bercy

Déclaration de la Confédération Générale du Travail

mercredi 9 février 2005, par CGT Educ’Action 94

Le ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie et ses ministres délégués ont présenté leur programme : « Emploi, confiance, croissance au service des Français ». Ce programme ne rompt pas avec les politiques anti-sociales et impopulaires du gouvernement, même s’il introduit des éléments comme la mise en place de plans d’action au niveau des filières, d’une « Agence pour l’innovation industrielle » ou d’« une mission d’étude pour la réforme du financement de l’économie ».

L’annonce de ce programme au lendemain de la grande manifestation du 5 février confirme que ce gouvernement reste insensible aux revendications des salariés.

Poursuivant les vœux du président de la République, le ministre veut « soutenir l’emploi, le pouvoir d’achat et la consommation » par de nouveaux cadeaux fiscaux et sociaux aux entreprises et aux contribuables les plus fortunés. Ce programme fait l’impasse sur les causes réelles de la faiblesse de la croissance économique, de l’insuffisance chronique de la demande intérieure en France, sur le partage inéquitable des richesses au profit des détenteurs de capitaux. Il oublie que la faiblesse du pouvoir d’achat et de la consommation, ainsi que le manque de confiance sont dus à la faiblesse des salaires, à la persistance du chômage et au développement de la précarité et de l’insécurité sociale.

La baisse de l’impôt sur le revenu, l’exonération d’impôt sur les donations portée à 30 000 euros par enfant et petits enfants, « l’objectif de ‘0 charge’ au niveau du SMIC » pour les entreprises sont présentés comme des mesures phares. Ces mesures ont déjà été appliquées et leurs résultats sont décevants. Doper la consommation et le pouvoir d’achat par les crédits bancaires et sans augmentation des salaires est hasardeux car il va falloir rembourser les crédits.

Suivant les propositions du rapport Beffa, le ministre annonce la mise en place de l’Agence pour l’innovation industrielle. Cette initiative marque une volonté de reprendre en main un certain nombre de choix collectifs. Mais elle entre en contradiction avec d’autres objectifs du programme comme l’accélération des privatisations et la mise en Bourse des entreprises comme EDF, GDF et Areva.

Loin de répondre aux attentes et inquiétudes des salariés, ce programme met en évidence la nécessité des luttes pour imposer au gouvernement et au patronat d’autres choix. La Cgt confirme la volonté de poursuivre le travail de mobilisation et de rassemblement des salariés sur leurs revendications et affirme sa disponibilité pour débattre d’une nouvelle perspective d’action unitaire interprofessionnelle intégrant le principe d’arrêts de travail et/ou de manifestations dans les prochaines semaines.