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une étude du National Union of Teachers britannique

Peut-on piloter l’Ecole par les résultats ?

texte de l’Editorial du "Café Pédagogique" du 2 mai 2007

mercredi 2 mai 2007, par CGT Educ’Action 94

Pour le National Union of Teachers, un syndicat britannique d’enseignants, la coupe est pleine. Il dénonce la multiplication des tests et l’irruption de l’Etat, avec ses exigences de résultats est perçue douloureusement. "Les écoles ont été réduites à l’état d’usines à produire des tests et des examens. Mais les scores ne sont pas le produit de l’éducation comme les autos ou les barils de pétrole le sont pour l’industrie. Les écoles sont là pour le bénéfice des enfants".

Partout la tentation est grande de piloter le système éducatif en se basant sur les résultats des établissements. Cette politique est déjà fortement implantée dans les pays anglo-saxons qui assurent des tests nationaux, leur publication auprès des parents établissement par établissement, enfin une sanction ou des récompenses pour les établissements en fonction de leurs résultats. La France se limite à la publication de certains indicateurs sans d’ailleurs que ceux-ci entraînent une réaction locale des autorités académiques. Cette régulation par les résultats a été évoquée par un des candidats à la présidentielle. Doit-on l’écarter ou apporte-elle réellement une amélioration du système dans son ensemble ?

Les résultats américains plaident en faveur de cette régulation. Deux chercheurs, Carnoy et Loeb, ont pu montrer les progrès des jeunes Américains de 10, 13 et 17 ans au test fédéral NAEP. Ainsi en maths les progrès sont généraux mais plus forts pour les minorités. En lecture, seules les minorités progressent. D’autres études viennent tempérer ces résultats. Ainsi, au Texas, les effets semblent meilleurs pour les élèves favorisés que pour les défavorisés.

Car, globalement efficace, cette régulation rencontre également ses limites. Nos collègues britanniques voient clair en affirmant que ces tests ne peuvent rendre compte d’une éducation. Ils se focalisent sur les disciplines fondamentales et laissent de coté les autres et bon nombre des apports culturels et artistiques de l’Ecole. De ce fait la tentation est forte dans les établissements d’enseigner "pour le test" et de privilégier certaines disciplines, certains exercices à un enseignement plus fin et plus problématisé. Cette régulation pose également une question d’équité. Elle soumet les écoles à une pression identique alors que toutes ne sont pas également à même d’y répondre. C’est ce qui expliquerait qu’au Texas les résultats aient été meilleurs pour les élèves des beaux quartiers.

Plusieurs études montrent qu’un élément est particulièrement efficace dans cette régulation. Plus que les sanctions ou les récompenses, c’est l’existence d’un examen final national qui semble à même d’améliorer le système.

Encore faut-il que ses résultats soient lus et pris en compte, non pour stigmatiser des établissements ou des catégories de jeunes, mais pour renforcer les moyens des établissements à faible taux de réussite. Car le premier résultat de l’Ecole se doit être d’accueillir et de garantir le droit à l’éducation de tous.

lire "l’Expresso du 2 mai 2007"

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