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Pour le service public d’éducation, Pour le retrait du projet de loi d’orientation Fillon

texte commun des organisations du Val-de-Marne FCPE, FIDL, UNL, UNEF, CGT-Educ’Action, FSU, SUD, SE-UNSA

jeudi 3 février 2005, par CGT Educ’Action 94

C’est avec un budget de l’État 2005 qui programme plus de 5000 suppressions de postes dans l’Éducation nationale que le ministre présente au parlement son projet de loi. Dans notre département, 51 postes d’enseignants sont supprimés dans nos 102 collèges ; 31 lycées sur 38
voient leurs moyens baisser alors que les effectifs augmentent ; dans les écoles, 13 postes sont créés, soit 1 poste pour 70 nouveaux élèves. Ce budget compromet la scolarisation des tout-petits en maternelle, supprime de nombreuses options dans le secondaire, aboutit à une augmentation inadmissible des effectifs par classe et ignorant les quartiers où se concentrent les difficultés.
Loin de développer l’éducatif, le projet de loi s’inscrit dans une logique de culpabilisation des élèves et de leurs parents, voire les traiter comme des délinquants.

Le sens premier de cette loi est le refus d’investir dans le service public d’éducation pour la réussite de tous les élèves, voire, comme le montre le budget, l’abandon délibéré de la priorité du gouvernement pour l’Éducation. Il affiche clairement la volonté d’orienter précocement ceux qui présenteraient des difficultés, sans aucune réponse pédagogique et sociale aux inégalités.

Le socle commun de connaissance appauvri, risque de devenir un savoir plafond pour certains, abandonne des axes fondamentaux d’apprentissage comme l’EPS, l’histoire, la géographie, les activités artistiques... Dans les lycées se voient condamner les options les sciences économiques, la seconde langue...

La volonté de développer le contrôle continu pour le Bac, tend à développer les inégalités entre établissements et au-delà, la valeur nationale du Bac, premier diplôme universitaire. Cela fait courir le risque pour les élèves de se voir "marqués" par leur établissement ou commune d’origine (le Bac de Vitry vaudra-t-il autant que celui de Neuilly ?).

La généralisation des bourses au mérite nie les causes et l’ampleur des difficultés sociales ; cette mesure ne règle pas le problème des lycéens obligés d’arrêter leurs études faute de moyens financiers et de travailler pour les mener à bien.

En CE2, en sixième, après évaluation, le « Contrat Individuel de Réussite Éducative » isolera et stigmatisera les enfants en difficultés et leurs familles, dédouanant le système éducatif de sa part
de responsabilité de l’échec scolaire. Dans un certain nombre de cas, l’enseignant portera seul dans sa classe la responsabilité de situations de handicaps ou de difficultés passagères ou permanentes. Ce projet marquera la fin des réseaux actuels d’aide des enfants en difficultés.

Le silence « assourdissant » du ministre quant à la place et la participation qu’il entend donner aux parents au sein de la communauté éducative est éloquent, éloignant encore un peu plus les familles de l’école. Les parents se retrouvent ainsi relégués à un simple rôle de consommateur d’école.

C’est par une orientation précoce non choisie dès l’entrée au collège, rompant avec l’idée d’apprendre ensemble, que le ministre, en cohérence avec la loi de cohésion sociale Borloo, entend régler la question de la « réussite » de tous les élèves par la sortie du collège de milliers de jeunes faiblement qualifiés et bon marché pour les entreprises ; les formations proposées dans les
établissements seront soumises aux seuls besoins de l’économie.

Partout où cela est possible, parents et partenaires du système éducatif doivent faire connaître cette déclaration, se rassembler et débattre de l’avenir du système éducatif et de ce que nous voulons pour le service public d’éducation nationale. Ces débats doivent être ouverts à la population.

Parce que ce projet de loi renforce les inégalités, hypothèque considérablement l’avenir des jeunes et s’inscrit dans un projet de société que nous récusons, ensemble, lycéens, étudiants, parents, enseignants obtenons le retrait du projet de loi Fillon.

Dans le cadre de la défense du service public d’éducation, nous appelons à nous mobiliser le 5
février et à participer à la manifestation à 14 heures de République à Nation.