Accueil > Actualités > courrier de la CGT-Educ’Action Creteil au Recteur

Actualités

courrier de la CGT-Educ’Action Creteil au Recteur

Objet : Demande d’audience - Dégradation des conditions d’enseignement et de Vie scolaire des lycées et collèges

mercredi 20 décembre 2006, par CGT Educ’Action 94

Créteil le 19 décembre

Monsieur le Recteur,

Nous sommes interpellés, depuis la rentrée scolaire 2006, sur les difficultés de Vie scolaire et d’enseignement des établissements, révélées plus particulièrement lors d’incidents graves, survenus dans plusieurs lycées et collèges de l’Académie. Nous sommes d’ailleurs intervenus auprès de vos services sur ces questions, à plusieurs reprises.

Comme vous devez en être informé, les personnels des lycées « les Pannevelles » de Provins (77), « Pierre Corneille » d’Orly (94), du LP Voillaume d’Aulnay, Simone Weil à Pantin, J. Moulin au Blanc Mesnil, N. Ledoux de Pavillons/Bois, Bartholdi de Saint-Denis, du collège Descartes à Blanc-Mesnil, du collège Lakanal à Vitry/seine, cette liste n’est pas exhaustive, ont observé des arrêts de travail et/ou se sont manifestés auprès des administrations locales, académique ou rectorale.
Les alertes émanant des lycées ou collèges se multiplient de façon alarmante et concernent les trois départements de l’académie.
Toutes ont en commun les revendications concernant un meilleur encadrement élèves, l’amélioration de leurs conditions d’enseignement et de sécurité ainsi que l’exigence du réemploi des collègues contractuels et vacataires en poste en continuité.
Pour ces personnels, il s’agit de revendications prioritaires. Ils attendent des réponses aux situations difficiles qu’ils vivent, qu’ils ressentent comme les menant à une impasse et qui peuvent les mettre en danger dans l’exercice de leurs fonctions
C’est pourquoi, il apparaît important que des mesures significatives soient prises au niveau du rectorat pour endiguer cette amplification de la dégradation de la situation scolaire.

Pour la CGT Educ’Action, cinq domaines doivent être traités sans tarder .

1°/ La satisfaction des besoins liés autour de la Vie scolaire par la création d’emplois supplémentaires.
L’emploi de personnels formés, aux compétences reconnues, est une exigence incontournable.
L’animation, la nécessité de favoriser et de développer une vie interne collégienne ou lycéenne dans les établissements exigent des mesures concrètes en personnels et en espaces dédiées à ces fonctions.
Depuis la disparition programmée des MI/SE, nous notons une dégradation constante des emplois de Vie scolaire.
La multiplication des personnels d’encadrement à statuts multiples génère des disparités problématiques. Le recours aux contrats aidés n’est pas une réponse adaptée aux besoins de la Vie scolaire. C’est pourtant la seule réponse, mis à part la mise en œuvre d’une audit, qui est souvent proposée aux personnels par vos collaborateurs sur les revendications liées à la vie scolaire.

2°/ L’arrêt de la remise en cause constante des possibilités de travailler en petits groupes ou en classes « dites dédoublées » et la diminution des effectifs par division en collège et en lycée.
La multiplication des incidents observés dans de nombreux établissements, principalement en classe entière, l’atteste. La politique actuelle de suppression d’emplois d’enseignants « tourne le dos » à l’exigence de résultats scolaires et génère une augmentation constante des problèmes d’insécurité dans les classes.
La « chasse » aux économies budgétaires sur les moyens et emplois d’enseignement ainsi que de la vie scolaire conduit à une impasse pédagogique et éducative.

3°/ le retour à la sérénité dans les établissements scolaires
L’inclination, trop souvent observée, au recours à une politique du tout sécuritaire, ne doit pas se développer à l’intérieur des lieux scolaires sous peine de dérapages et de conflits multiples.

4°/ la prise en compte de la réalité du travail de tous les personnels des établissements
Les pressions de travail exercées sur les personnels non enseignants, toujours en nombre insuffisant et mal remplacés, dans un climat subi de décentralisation des missions et des emplois des TOS, sont intolérables.
Nous demandons la reconnaissance minimale de la continuité pédagogique dans l’établissement de l’emploi des collègues contractuels et/ou vacataires sur des emplois vacants ou suppléances en continuité.

5°/ le rôle du chef d’établissement
Les difficultés de gestion de la vie scolaire et les complexifications administratives développent une forte tension sur les chefs d’établissement, en surcharge de responsabilité.
Cette tension rejaillit négativement sur l’ensemble des personnels. et conduit à un autoritarisme renforcé observé dans plusieurs établissements. Cela génère de trop nombreux conflits en interne qui se révèlent aussi à l’extérieur.
Des actions et des recommandations sont à mettre en œuvre pour enrayer les crispations et éviter les conflits entre personnels.

La CGT Educ’ Action souhaite donc vous rencontrer pour examiner ces quelques points afin de contribuer à approfondir le diagnostic et permettre une meilleure prise en compte de la réalité actuelle.
En vous remerciant de tenir compte de ce courrier, nous vous prions de croire, Monsieur le Recteur, en l’expression de notre dévouement à l’enseignement public d’Education.

Jean-Pierre BLANCHOUIN

Secrétaire Académique

note du rédacteur de l’article : le collège Lakanal de Vitry était en grève le 19 décembre à près de 95 %