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La CGT a voté contre le projet d’arrêté sur la formation des enseignants

Formation des enseignants : une réforme bâclée

Déclaration de la CGT au CSE - 14.12.2006

mardi 19 décembre 2006, par CGT Educ’Action 94

La CGT partage l’idée que, pour prendre en compte les besoins des individus et de la société d’aujourd’hui et de demain, il est nécessaire d’améliorer la formation des enseignants.

De la qualité de leur formation découle la qualité de l’enseignement et son efficacité.
La CGT attendait donc une réforme allant dans ce sens, une réforme qui permette aux enseignants d’acquérir les connaissances indispensables et les outils pédagogiques adaptés aux élèves du 21ème siècle.

Or, que voyons-nous ? Un cahier des charges annexé à l’arrêté qui aligne des considérations et des dispositions tellement générales qu’on ne voit pas qui pourrait s’y opposer. Comment, par exemple, ne pas s’accorder sur les 10 compétences attendues des enseignants et identifiées dans le cahier des charges ?

Le manque de précision permet, hélas, interprétations et adaptations multiples risquant ainsi de créer des inégalités territoriales dans les contenus.

L’intégration des IUFM aux universités ne garantit pas de facto la cohérence nationale de la formation des maîtres ; le cahier des charges aurait une réelle pertinence à condition d’être beaucoup plus précis, plus encadré au plan national en termes de volume d’horaires, de moyens.
La question des moyens conditionne aussi la réussite d’une réforme et la confiance qu’on lui accorde.

Je prendrai trois exemples :

- Nous pensons que l’idée de poursuivre la formation des enseignants au cours des 2 années qui suivent leur sortie de l’IUFM est excellente. Cela va dans le sens de ce que nous demandions sans pour autant répondre totalement à notre revendication de porter la formation à deux années pleines. Mais nous doutons néanmoins des moyens affectés tant pour les remplacements que pour le budget de formation continue.

- Quand nous voyons que le stagiaire, pendant sa formation, est mis en situation d’enseigner, seul dans sa classe, nous nous interrogeons sur la qualité du service rendu aux élèves, comme sur l’efficacité de l’expérience vécue par le stagiaire lui-même. Nous doutons également de la vraisemblance de l’objectif affiché de développer le travail en équipe d’enseignants.

- Enfin, rien n’est dit en ce qui concerne les conseillers principaux d’éducation, les personnels d’orientation, les documentalistes, autant de personnels participant pourtant à l’éducation des jeunes et que l’IUFM a vocation à former.

Nous avons la sensation d’une réforme bâclée. Depuis les premières annonces beaucoup de temps a passé, le gouvernement doit donc passer aux actes rapidement. Mais le processus d’expérimentation sur 6 académies, qui se mène dans l’opacité la plus complète, ne fait pas grandir la confiance dans ce projet.

La CGT votera donc contre ce projet d’arrêté.