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Tout faire pour empêcher l’estocade aux 35 heures

Déclaration de la Confédération Générale du Travail

mercredi 26 janvier 2005, par CGT Educ’Action 94

Depuis 2002, le gouvernement Raffarin n’a pas cessé de multiplier lois, décrets, et ordonnances, pour casser la réduction du temps de travail et plus largement les garanties des salariés. Écrit sous la dictée du Medef, le nouveau texte soumis aujourd’hui au Parlement vise à porter l’estocade aux 35 heures.
Pour légitimer ce nouveau recul social, M. Raffarin agite le slogan « permettre à ceux qui le veulent de travailler plus pour gagner plus ». C’est un mensonge éhonté. Le texte ignore complètement le sort des millions de salariés qui veulent travailler plus, ou simplement travailler, mais à qui on impose le chômage, des contrats à temps partiels, des contrats précaires, une vie morcelée.

Derrière le slogan trompeur, quelle est la réalité : le texte va permettre aux employeurs d’imposer à tous leurs salariés un allongement considérable de leurs horaires de travail, tout en réduisant les garanties et les contreparties dont ils bénéficiaient jusqu’à présent. Combinées avec la hausse du contingent d’heures supplémentaires à 220 heures, avec la suppression d’un jour férié, avec jusqu’à 80 heures de formation hors temps de travail, avec la généralisation de la flexibilité, les nouvelles mesures envisagées vont rendre le salarié corvéable à merci.

Au lieu de relever le pouvoir d’achat des salaires les plus bas, le projet propose aux salariés - et en premier lieu aux plus mal payés qui n’ont pas le choix - un marchandage honteux : sacrifier leur temps de vie pour obtenir l’indispensable augmentation de la rémunération que leur refuse par ailleurs les employeurs au niveau du salaire. Dans ce marché de dupe, c’est toujours l’employeur qui décide, le salarié y perd les garanties légales, l’inspection du travail perd la faculté de s’opposer au recours abusif aux heures supplémentaires.

Au lieu de permettre à ceux qui n’ont pas d’emploi d’en trouver un, le texte va éviter aux employeurs d’embaucher en allongeant les horaires des personnels en place au mépris de leur santé et de leur vie personnelle et familiale.

Au lieu de lutter contre les inégalités entre salariés des petites et des grandes entreprises, le texte va proroger le paiement au rabais des heures supplémentaire et une augmentation de fait du contingent dans les entreprises de 20 salariés et moins.

Au lieu de favoriser le dialogue social, notamment dans les entreprises de moins de 20 salariés, le texte rompt les équilibres des précédents accords. Il ouvre encore plus grand la porte du chantage patronal, autorisant par simple accord direct avec le salarié le « rachat » à concurrence de 10 jours par an, des repos obtenus par la loi et la négociation.

Quant au compte épargne temps, le texte en fait un outil de flexibilité de plus pour l’employeur qui pourra décider de sa propre initiative d’y affecter sans aucune limite les heures effectuées au-delà de l’horaire collectif. De plus, en incitant les salariés à laisser dans l’entreprise leur temps et leur argent, le texte pousse les entreprises à vivre à crédit sur le dos des salariés, sans réelles garanties sur l’utilisation et la récupération de leurs droits désormais accumulables sans limites.

Face à ce texte aussi dangereux pour les salariés, pour l’emploi, mais aussi pour l’entreprise, la Cgt appelle l’ensemble des salariés intensifier leur mobilisation et à se retrouver massivement le 5 février.

- Pour s’opposer aux remises en cause des 35 heures.

- Pour défendre leurs revendications pour l’augmentation des salaires et du pouvoir d’achat.

- Pour la création d’emploi et la lutte contre la précarité.

- Pour le renforcement des garanties d’emploi avec une véritable sécurité sociale professionnelle.