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La baisse du chômage : l’écart est grand entre ce que dit le gouvernement et ce que vivent les travailleurs

Déclaration de la Cgt - 31 octobre

jeudi 2 novembre 2006, par CGT Educ’Action 94

Selon le ministère de l’Emploi et de la Cohésion, le nombre de chômeurs aurait baissé en septembre et le chômage serait au plus bas depuis cinq ans.

La présentation mensuelle des chiffres du chômage a été toujours un enjeu politique. L’accumulation des difficultés économiques, sociales et politiques et le début de la campagne présidentielle intensifient encore cet enjeu.

Evidemment, la Cgt se félicite de toute amélioration réelle de la situation économique et sociale. Mais la réalité, telle qu’elle est vécue par les salariés, ne correspond pas au discours gouvernemental.

D’abord, les chiffres annoncés et commentés du chômage ne concernent qu’une partie des privés d’emploi, ce que l’Anpe appelle « demandeurs d’emploi catégorie 1 ». Certes, le nombre de cette catégorie diminue en un mois, mais il progresse sur le troisième trimestre.

Ensuite, la baisse annoncée de la catégorie 1 au mois de septembre ne résulte pas d’une reprise solide de l’emploi ; elle s’explique partiellement par le traitement social du chômage, les radiations... Elle témoigne surtout d’une progression de la précarité de l’emploi : face à l’incapacité de trouver un emploi stable, les chômeurs sont amenés à chercher et accepter des emplois précaires. Ainsi, ils ne figurent plus dans la catégorie 1 qui fait l’objet des déclarations gouvernementales.

Enfin, en plus des différentes catégories de demandes d’emploi enregistrées par l’Anpe, il existe d’autres catégories de privés d’emploi (les dispensés de recherche d’emploi, les rmistes non inscrits à l’Anpe, les préretraités) qui ne sont pas incluses dans les statistiques du chômage. Entre juin 2005 et juin 2006 le nombre des allocataires au titre du Rmi a, lui, augmenté de 2, 4%. En tenant compte de l’ensemble de ces catégories, le chômage est donc en réalité deux fois plus élevé que le chiffre commenté par le gouvernement.

La Cgt considère que pour réduire le chômage, il faut améliorer les conditions de la croissance économique. Or, celles-ci deviennent moins favorables. L’économie mondiale se ralentit. En France, la faiblesse des salaires et du pouvoir d’achat, la précarité de l’emploi, la faiblesse de l’investissement des entreprises et l’austérité budgétaire de l’Etat empêchent une croissance solide et pérenne. Pour réduire le chômage, il faut agir sur l’ensemble de ces questions. C’est le sens de notre démarche.