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Déclaration de la CGT-Educ’Action au CDEN 94 du 12 octobre 2017

vendredi 13 octobre 2017, par CGT Educ’Action 94

Monsieur le Préfet, Madame la Directrice académique, Madame la Vice-Présidente du Conseil départemental, Mesdames et Messieurs,
Ce CDEN se tient dans un contexte de rentrée très particulier et pour le moins difficile. Le président Macron et son gouvernement poursuivent et amplifient les politiques régressives. Les attaques visent les salariés, les retraités et la fonction publique : casse du code du travail, suppression des contrats aidés, retour de la journée de carence, nouveau gel du point d’indice, hausse de la CSG… La CGT, avec ses partenaires syndicaux, mettra tout en œuvre pour promouvoir de nouveaux droits et s’opposer aux régressions sociales. À commencer par notre opposition à la suppression des contrats aidés annoncée par le gouvernement, qui va dégrader la situation des établissements et des écoles et mettre à mal le Service Public d’Éducation. Ainsi, pour récupérer 2 ,7 milliards d’euros, le gouvernement a justifié la suppression de 100 000 emplois aidés par rapport à 2016, en expliquant qu’ils étaient extrêmement coûteux pour la nation ; pas efficaces dans la lutte contre le chômage et qu’ils n’étaient pas un tremplin pour l’insertion professionnelle. La CGT Éduc’Action a toujours combattu ces contrats qui ne s’accompagnent le plus souvent d’aucune formation qualifiante. Nous considérons que la plupart des missions assurées par ces personnels sont des missions pérennes de service public et à ce titre, devraient donner lieu à la mise en place d’emplois statutaires. Cependant, nous ne pouvons pas accepter non plus ce plan de licenciement massif qui ne dit pas son nom. Nous ne pouvons tolérer la violence faite à ces personnes pour qui ces contrats sont avant tout un emploi. La CGT sera aux côtés de ces personnels pour revendiquer leur réemploi et la création d’emplois statutaires permettant leur titularisation. À ce sujet, un vœu commun sera présenté.
Ce CDEN a pour ordre du jour le bilan de la rentrée scolaire dans le premier et le second degré. Nous tenons à exprimer dans cette déclaration préalable, les difficultés ressenties par les personnels.
Dans les écoles, la mise en place, au pas de course, de la « mesure 100 % réussite en CP » sans moyen et sans concertation avec les enseignants n’est qu’un affichage, très mal reçu par les équipes engagées depuis plus ou moins longtemps dans le dispositif PDMQDC. Même si nous défendons une baisse d’effectifs par classe à tous les niveaux de la scolarité, dans ces conditions, cette mesure entraîne une déstabilisation des équipes. Sans concertation préalable avec les municipalités sur la faisabilité matérielle de cette mesure, le ministère met en difficulté les communes. Ainsi, leur mise en place à Orly et Villeneuve-Saint-Georges pose déjà problème en grande partie par manque de locaux et de matériel adaptés. Cette mesure, qui s’adresse cette année aux peu d’écoles classées en REP+, va toucher toutes les écoles REP du département en 2018-2019. Où seront ponctionnés les 200 postes indispensables ? Il est déjà prévu d’augmenter l’embauche d’enseignant.e.s contractuel.le.s. La situation de ces personnels est déjà difficile. L’Éducation nationale a pour ces personnels le même niveau d’exigence que pour les titulaires. Nombre d’entre eux – elles sont laissé.e.s seul.e.s face aux difficultés qu’ils ou elles peuvent rencontrer. Dans le même temps, les emplois aidés vont être supprimés ou non renouvelés. Comment les écoles peuvent-elles fonctionner correctement si les directrices et directeurs ne bénéficient plus de l’aide administrative nécessaire ?

Concernant la situation des collèges dans notre département, nous ne pouvons qu’être inquiets du manque de moyens humains à la rentrée, de l’augmentation des effectifs globaux et par classe ainsi que des annonces de suppression de postes de fonctionnaires et de CUI.

En effet, en cette rentrée plusieurs collèges se sont mobilisés :
-  Le collège Rosa Parks de Gentilly était en grève du 6 au 8 septembre pour réclamer, entre autre, la création d’un second poste de CPE. Les personnels mettent également en avant la petitesse des espaces communs qui induit des problèmes de sécurité croissante face à l’augmentation des effectifs et s’étonnent que l’infirmière qu’on leur avait promise en début d’année ne soit toujours pas affectée sur l’établissement au bout d’un mois et demi.
-  C’est sur la même problématique que le Collège Casanova de Vitry-sur-Seine a demandé une audience que la Direction académique leur a accordée le 22 septembre. En effet, le collège a perdu en cette rentrée un demi-poste de CPE qui était nécessaire au regard des effectifs (550 élèves dans des locaux particulièrement étroits) et des catégories socio-professionnelles des familles. Le collège a également perdu en deux ans un demi-poste d’AED et deux contrats aidés et n’a qu’une assistante sociale à mi-temps. Enfin, le taux d’encadrement (c’est-à-dire le nombre d’élèves par AED) est largement au-dessus de la moyenne du département. Tout comme l’école Jean Jaurès, les personnels réclament un classement en REP. Or, ce n’est pas la restitution d’un demi-poste d’AED qui répondra aux besoins de l’établissement. C’est pourquoi les personnels réclament à nouveau des moyens nécessaires au bon fonctionnement de leur établissement c’est-à-dire un second poste de CPE.
-  Le collège Paul Vaillant Couturier de Champigny-sur-Marne Marne était également en grève pour réclamer la restitution d’un demi-poste de CPE, ce qui a été accordé. Cependant il s’avère qu’aujourd’hui un poste d’AED a été perdu. Pourriez–vous apporter des explications sur cette situation ?
- Enfin, si nous avons acté favorablement votre volonté de rappeler aux chefs d’établissement et aux directeurs de SEGPA les principes d’une inclusion des élèves SEGPA qui soit non systématisée mais bien individuelle, force est de constater que celle-ci ne se déroule pas ainsi dans les établissements. En effet, pour exemple, au collège Pierre Brossolette de Villeneuve saint Georges des élèves ont été inclus à une date précise et dans des disciplines identiques pour tous (EPS, arts plastiques, éducation musicale et technologie) mettant en difficulté les élèves et les collègues puisqu’ils accueillent 26 voire 27 élèves dans des classes très difficiles. Nous vous demandons, Madame la Directrice académique d’intervenir sur cette situation aberrante.

Pour conclure, la CGT Educ’Action dénonce les conditions de vie faites aux mineurs non accompagnés et s’inquiète des garanties de leurs droits particulièrement en ce qui concerne celui de l’éducation et des poursuites d’études. Elle rappelle qu’aujourd’hui un migrant sur deux est un enfant ou un jeune. En France, en vertu du principe inscrit dans la Convention internationale des droits de l’enfant, rappelé dans le Code de l’Éducation, l’éducation est un droit pour tous les jeunes qui sont sur ce territoire. Or pour de plus en plus de jeunes mineurs du département, les obstacles institutionnels à la scolarisation se multiplient dans le Val-de-Marne. Ainsi, de nombreux jeunes sont déscolarisés pendant des mois en attente d’évaluation puis d’affectation par manque de personnels dans les CIO et d’UPE2A. La CGT Educ’Action avec notamment le Réseau Éducation sans Frontières demande que l’Institution prenne toute sa place dans la défense du droit à la scolarisation de ces jeunes mineurs isolés, condition primordiale à la réussite de leur intégration.