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Un premier bilan

Réforme du collège

lundi 5 septembre 2016, par CGT Educ’Action 94

Malgré l’opposition de l’écrasante majorité des collègues et de leurs organisations représentatives, malgré les grèves et les mobilisations, malgré les nombreuses mises en garde sur sa mise en œuvre ubuesque, la rentrée 2016 est celle de l’application de la réforme du collège. Comme le rappelle l’intersyndicale ( CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL) « l’’autoritarisme, le mépris manifestés par la ministre de l’Éducation qui a négligé de répondre aux demandes d’audience de l’intersyndicale du second degré, la désorganisation causée dans les collèges par la réforme n’ont fait que renforcer la détermination à combattre cette dernière ». Désorganisation le mot est faible : au collège Pierre Brossolette de Villeneuve-Saint-Georges les emplois du temps sont illisibles pour les élèves puisque 32 heures de cours apparaissent, alors qu’ils ne peuvent avoir que 26 heures maximum ; les collègues ne savent toujours pas précisément comment les EPI et l’AP seront mis en œuvre. Au collège Chérioux de Vitry sur Seine, 50% des collègues sont nouveaux dans l’établissement et doivent mettre en place des projets dans l’improvisation... La mobilisation est plus que jamais nécessaire pour obtenir l’abrogation de cette réforme. Mais au-delà de son application désastreuse, la CGT-EDUC’ACTION 94 tient à renouveler son opposition à une réforme qui...

Fragilise les élèves en difficulté

Alors que les effectifs moyens par classe augmentent dans notre académie, la seule réponse apportée par cette réforme à la difficulté est l’aide personnalisée sur les heures disciplinaires, le plus souvent en classe entière au détriment des dispositifs de remédiation qui existaient dans la plupart des établissements,le plus souvent dans les enseignements fondamentaux.
Les élèves relevant de SEGPA sont désormais inclus dans les classes de 6ème à plus de 24 élèves avec des enseignants qui ne sont pas formés pour ce public particulier et sans moyens supplémentaires. Cette réforme nie l’enseignement spécialisé et les moyens qui lui sont dédiés (classes à effectifs réduits, heures de concertation incluses dans les services).
Les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires se font sur les heures d’enseignement disciplinaires avec un maximum de 26 heures de cours pour les élèves, ce qui demande aux élèves de faire plus (acquérir les fondamentaux d’une discipline et les mettre en relation avec ceux d’une autre) avec moins d’heures de cours au collège : au minimum 4,5 heures par semaine en moins sur les 4 années du Collège. Alors que l’interdisciplinarité, déjà pratiquée par bon nombre d’enseignants, peut permettre d’aiguiser la curiosité intellectuelle, l’esprit critique et donner du sens au savoir, sa mise en place forcée risque de mettre en difficulté les élèves les plus fragiles.

A l’opposé de cette réforme la CGT EDUC’ACTION revendique la mise en place dans le second degré de structures type RASED pour lutter contre l’échec scolaire et des effectifs de 18 élèves par classe.

Accroît les inégalités entre les établissements et les met en concurrence

20% des moyens horaires sont repartis par chaque établissement. Cette territorialisation, réalisée au nom d’une « meilleure adaptation à la réalité locale » accroît les inégalités entre territoires et met les établissements en concurrence. En réalité, ces maigres moyens ne permettent pas de répondre aux besoins des élèves et les choix sont cruels : préférera-t-on conserver l’enseignement du « latin » ou permettra-t-on de meilleures conditions d’enseignement pour certaines heures d’AP ou d’EPI... Ainsi, alors que l’enseignement des Langues et Cultures de l’Antiquité est un choix partout ailleurs, il sera maintenu dans académie de Paris. Ces inégalités entre territoires sont accrues par la réforme de l’éducation prioritaire qui n’octroie aucun moyen supplémentaire aux élèves de REP.

La CGT EDUC’ACTION revendique le retour à un cadrage national des moyens et la mise en place d’une véritable politique d’éducation prioritaire « donnant plus à ceux et celles qui ont moins ». Car malgré la mauvaise foi du gouvernement, les faits sont têtus et la principale cause de l’échec scolaire reste les injustices sociales.

Fragilise les équipes et dégrade les conditions de travail des enseignantEs

La mise en place des EPI nécessite des équipes stables et des temps de concertation dédiés. Beaucoup de collègues devront donc mettre en place dans l’improvisation ces enseignements sans en avoir choisi les thèmes, sans les avoir articulés avec les programmes, alors qu’ils doivent se faire sur les heures disciplinaires, sans temps pour se concerter avec les collègues. La répartition des 20% de marge d’autonomie a donné lieu à des tensions dans les équipes de nombreux collèges. Il faut ajouter que cette réforme renforce une hiérarchie intermédiaire, le Conseil Pédagogique, dont les membres sont nommés par le chef d’établissement, au détriment du Conseil d’Administration qui est élu.

Enfin cette réforme est mal conçue et mal accompagnée. Ainsi lorsque l’établissement fait le choix de l’enseignement des Langues et Cultures de l’Antiquité, obligatoirement interdisciplinaire, il est très difficile le mettre en place. Il a paru logique à beaucoup de collègues de faire participer les enseignants d’histoire-géographie dont le programme de 5ème commence... au Moyen Age. Les enseignants se retrouvent donc face à une injonction contradictoire : mettre en place un EPI et faire le programme. Flagrante pour cet exemple, la situation se retrouve dans de nombreuses disciplines.

Afin de permettre un réel travail d’équipe et un véritable suivi des élèves, la CGT EDUC’ACTION revendique la mise en place de trois heures de concertation par semaine prises sur les maxima de service des enseignants.