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ZEP - Sarkosy plus fort que l’INSEE et le rapport Moisan !

une réaction à chaud sur les déclarations de Sarkozy

vendredi 2 décembre 2005, par CGT Educ’Action 94

L’INSEE a publié en 2004 un rapport qui s’intitule : « Zones d’éducation prioritaire : quels moyens pour quels résultats ? Une évaluation sur la période 1982-1992. »

Plusieurs études ont tenté d ’évaluer l’impact des politiques ZEP sur la réussite des élèves ( Brizard en 1995, Moisan Simon en 1997,Caille en 2001...) mais elles ont surtout évalué le fait d’appartenir à une ZEP, plutôt que la politique ZEP en elle-même.

Cette nouvelle étude tente de neutraliser l’effet contextuel négatif de ces zones précédant la mise en place des ZEP et ne concerne que les collèges. Un protocole d’évaluation dit de « différence des différences » permet aux chercheurs d’évaluer l’impact moyen de la politique ZEP. Ils ont analysé 2 panels d’élèves entrés en 6e en 1980 ( avant la mise en place des ZEP ) et en 1989 ( 7 ans après cette mise en place ) et suivi toute leur scolarité afin d’évaluer l’effet sur la réussite de ces élèves entre 1982 et 1992.

Quels sont les conclusions de ce rapport ?
- les moyens accordés aux ZEP sous forme de postes et Heures Supplémentaires sont très faibles.
- Les primes ou avantages promotionnels n’ont pas permis de stabiliser le personnel enseignant dans ces établissements.
- la forte baisse du nombre d’élèves dans les collèges ZEP a pu s’accompagner d’une moindre mixité sociale ; d’une forte disparité dans la fréquentation des cantines scolaires.
- La masse des dépenses supplémentaires est diluée dans les primes accordées aux enseignants ; les moyens affectés directement aux élèves se réduisent à quelques HS d’enseignement et qui conduit à diminuer le nombre d’élèves par classe qu’assez peu et très lentement..

Comme les ressources financières ne connaissent pas d’augmentation significative, les primes et les dimensions qualitatives des ZEP, n’ont pas d’impact sur la réussite scolaire.Or la mise en oeuvre de projets éducatifs spécifiques a été très disparate et l’effet moyen estimé indique ainsi que s’il y a eu gains dans certaines zones, ils ont été compensés par des déteriorations dans d’autres zones.

Le rapport ne se contente pas d’évaluer sans nuancer l’évaluation et d’indiquer quelques pistes intéressantes susceptibles d’améliorer l’impact de la politique ZEP. Ces conclusions n’évaluent que les collèges ZEP alors que la politique ZEP cible beaucoup les écoles primaires. En outre, les années évaluées, 1980 et 1990 ne permettent pas, techniquement, d’étendre l’analyse aux périodes suivantes.

Le rapport constate la faiblesse de l’ampleur des ressources affectées directement aux élèves des ZEP et le juge dommageable, ajouté à l’effet de stigmatisation dans l’esprit de certains acteurs. Il fait référence également à la baisse de la taille des classes et cite les travaux de Piketty qui montrent un impact fort de la taille de la classe sur la réussite des élèves, mesurée par les évaluations nationales CE2. La taille des classes en ZEP n’offre que 2 élèves en moins par classe en moyenne.

Alors à quand une vraie politique des ZEP, qui consiste à donner plus là où il y a le moins ?

Monsieur Sarkosy a trouvé LA solution : supprimer les ZEP puisque ça ne marche pas !

Essayons déjà d’avoir une vraie politique des ZEP.

Laurent, PE à Ivry