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Un nouveau rendez-vous manqué pour le social

Déclaration de la Cgt à l’issue de la Conférence de presse du Premier Ministre

jeudi 1er décembre 2005, par CGT Educ’Action 94

Dans une France confrontée à une crise sociale de très grande ampleur, à l’origine de puissantes manifestations de salariés cette année et de tensions qui se sont manifestées dans les quartiers les plus défavorisés, la Cgt a exigé du Gouvernement, à de multiples reprises, des mesures fortes pour répondre aux urgences sociales.

A la suite de la manifestation unitaire du 4 octobre dernier, le Premier Ministre s’était engagé à apporter des réponses concrètes aux exigences des salariés portées par leurs organisations syndicales. La Cgt, reçue à Matignon le 7 novembre dernier, avait fait des propositions.

A l’écoute des propos tenus par le Premier Ministre aujourd’hui, à l’occasion de sa conférence de presse, la Cgt constate qu’il refuse de prendre toute la mesure de la gravité de la situation. Il n’a, par exemple, pas eu un seul mot sur les salaires ou sur les droits des salariés et des privés d’emploi. Il a fait une impasse totale sur ses rencontres avec les syndicats.

Concernant l’emploi, le Premier Ministre s’est félicité de ses résultats, pourtant extrêmement modestes et discutables. Alors de l’emploi stable et l’emploi industriel continuent de régresser au profit d’emplois aidés et précaires, Monsieur de Villepin a confirmé une orientation, pourtant largement contestée, faite d’exonérations de cotisations sociales pour les entreprises et de précarité pour les salariés.

Le discours volontariste, en matière de lutte contre les discriminations, reste très en deçà des nécessités. Il y a même un paradoxe à déclarer ne plus vouloir de zone de non droit et, dans le même temps, annoncer la création de 15 nouvelles zones franches urbaines qui en sont une expression.

A propos des mesures sur l’éducation, sur lesquelles la Cgt reviendra plus en détail ultérieurement, le Premier Ministre propose de renforcer les aides aux ZEP et de développer un accompagnement personnalisé des élèves, sans aborder clairement la question des moyens humains et budgétaires nécessaires pour y parvenir. Il confirme sa décision de mettre en place, dès la rentrée 2006, l’apprentissage dès 14 ans dont l’opportunité a pourtant été rejetée par la plupart des syndicats et des employeurs.

En matière d’éducation, le Premier Ministre met l’accent sur une responsabilisation des parents qui apparaît surtout comme une culpabilisation injuste.

La Cgt condamne le maintien de l’état d’urgence, inutile pour la sécurité publique et dangereux pour la démocratie. Monsieur de Villepin veut renforcer encore l’arsenal sécuritaire en proposant, par exemple, d’accroître les pouvoirs des polices municipales.

La conférence de presse du Premier Ministre est un nouveau rendez-vous manqué pour les revendications sociales.

Dans ce contexte, la Cgt réitère son appel à ce que, partout, les salariés s’organisent pour agir sur leurs revendications qui restent aujourd’hui sans réponse. A ce titre, les organisations syndicales devraient être à l’initiative de perspectives de mobilisation unitaire et coordonnée dans les meilleurs délais.