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La lettre 353 de l’Ugict Cgt du 30 mai 2011

mardi 31 mai 2011, par CGT Educ’Action 94

ÉDITO : FOIRE AUX DIPLÔMES À PÔLE EMPLOI

En ce jeudi matin 26 mai, ils étaient environ 500
massés devant la porte de l’agence Pôle emploi du
boulevard du Montparnasse attendant d’être reçus
par des inspecteurs d’académie chargés de leur
faire passer un entretien. 500 hommes et femmes,
diplômés, sans boulot, et aussi quelques caméras
de télévision et des journalistes attirés par le « bon
coup » réalisé par le ministère de l’Éducation nationale
et le rectorat de Paris. De fait, il y avait bien un
petit événement dans cette file d’attente semblable
à toutes les autres. C’est en effet la première fois, à
cette échelle du moins, que l’Éducation nationale
recrute ses professeurs remplaçants en passant
par le service public de l’Emploi. Le but étant selon
l’Académie de Paris de « constituer un vivier » de
profs remplaçants pour être plus réactifs. Et
compte tenu de la crise qui n’épargne pas les jeunes
diplômés, Pôle emploi a donc été pris d’assaut
par ces candidats à l’ultraprécarité. La plupart n’ont
pu, du coup, que déposer leur dossier pour être
re-convoqués et n’ont pu au mieux qu’être reçus à
la va-vite.
Cette opération est écoeurante à plus d’un titre. Elle
intervient en effet alors que le ministre Luc Chatel ne
cesse de claironner qu’il y a trop d’enseignants et
qu’il va en supprimer 16 000 à la rentrée prochaine.
C’est une manoeuvre d’autant plus écoeurante
qu’elle tend à banaliser l’acte d’enseigner en
déqualifiant le face-à-face pédagogique.
Après avoir réduit dans les discours les besoins
éducatifs aux seuls enseignements du « lire, écrire,
compter », on veut affecter un bataillon de doublures
inexpérimentées pour des missions de remplacement.
Il y a derrière cette interchangeabilité une
volonté de nier les compétences et la formation
indispensables pour enseigner.
« En cas de besoin, à la rentrée, les remplaçants de
professeurs seront contactés pour des contrats de
deux, trois, six mois, peut-être un an, et on souhaite
de manière systématique qu’il y ait une première
formation de deux-trois jours », s’est défendu le responsable
des ressources humaines à l’Académie
de Paris. Cette négation complète de la portée
pédagogique de leur mission de professeur remplaçant
signe hélas la vision que ce gouvernement
et sa majorité développent pour le service public de
l’Éducation. Evidemment, on peut aussi imaginer
dans quelles conditions vont être recrutés ces chômeurs
diplômés obligés par la loi sur l’offre valable
d’emploi de prendre au pied levé n’importe quel
poste.

SOMMAIRE :

- Alstom : mobilisation le 30 mai contre les restructurations
- Sagem : le rapprochement Thales-Safran inquiète les syndicats
- Areva : les syndicats s’opposent à la filialisation des mines
- Hôpitaux de Paris : nouvelle manifestation contre les restructurations
- Radio France Internationale : un vote de défiance des salariés
- Emploi : le diplôme influe sur la stabilité et l’insertion
- Valeur ajoutée : on négocie, mais pas sur l’essentiel
- Sondage retraites : les Français très pessimistes, surtout les femmes
- Enfance : les professionnels s’opposent aux dérives sécuritaires

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