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La colère gronde dans les écoles et collèges

Article du parisien

mercredi 25 mai 2011, par CGT Educ’Action 94

Pour dénoncer les suppressions de postes et une « dégradation du système éducatif à tous les niveaux », 250 personnes venues de 17 villes ont manifesté, hier, devant la préfecture.

ANNE-LAURE ABRAHAM | Publié le 25.05.2011, 07h00

préfecture de Créteil, hier. L’ampleur de la contestation, mêlant enseignants, parents et même élus, à l’occasion du conseil départemental de l’Education nationale (CDEN), a dépassé les espérances des syndicats. | (LP/A.-L.A.)

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Ils sont venus de Champigny, de Vitry, de Villejuif, de L’Haÿ-les-Roses, d’Arcueil, de Bonneuil… 17 villes au total, avec parfois des banderoles et des sifflets. 250 personnes environ, soit une trentaine d’écoles, se sont réunies hier devant la préfecture de Créteil à l’occasion du conseil départemental de l’Education nationale (CDEN) pour dire non aux suppressions de postes et à la baisse des moyens à la rentrée prochaine.

« Le CDEN est une instance consultative où on annonce officiellement, en présence du préfet, les mesures de carte scolaire, explique Brigit Cerveaux, l’une des représentantes du Snuipp, principal syndicat enseignant dans les écoles. C’est très important d’alerter l’Etat sur la situation dramatique dans notre département. »

« Une seule classe pour 742 enfants en plus ! »

Le syndicat redonne les chiffres : 71 fermetures de classes sont prévues à la rentrée ainsi que 13 suppressions de moyens dédiés aux ZEP, 8 suppressions de postes d’enseignants spécialisés… Dans la foule, chaque ville, chaque école, témoigne de son problème : « Nous, on a 50 élèves en plus et aucune ouverture de classe, déplore une enseignante de l’école élémentaire Jardins-Parisiens à L’Haÿ-les-Roses. On va avoir des classes surchargées. »

Soixante-dix personnes sont spécialement venues en car pour l’occasion : « C’est la première fois qu’on se mobilise comme ça », estime Corinne Parienty, représentante FCPE.

A Bonneuil, on est venu défendre les enseignants Rased, qui viennent en aide aux enfants en difficulté, mais aussi demander l’annulation d’une suppression de classe à l’école Cotton. Une suppression de classe a déjà été suspendue pour l’école Arlès.

La principale association de parents d’élèves du département dénonce « une dégradation du système éducatif à tous les niveaux ».

Le nombre d’enfants de moins de 3 ans scolarisés dans le département a considérablement baissé, avec 465 enfants en moins en deux ans. Les collèges ne sont pas en reste : « Pour 742 enfants en plus, on n’a ouvert qu’une seule classe ! clame Alain Büch, président de la FCPE 94. On ne met clairement pas les moyens qu’il faut. »

Une quinzaine d’enseignants du collège Casanova à Vitry sont ainsi venus devant la préfecture pour témoigner de leurs difficultés : « On a de plus en plus d’actes de violence dans le collège. On voudrait deux postes de surveillants et un deuxième poste de CPE en plus. De plus, il faut cesser de nous faire du chantage. On nous demande de faire plus d’heures supplémentaires et quand on refuse on nous dit qu’on ne pourra pas mener à bien nos projets… »

Pour la FCPE, il faut un véritable plan d’urgence pour l’éducation. 2100 postes sont, selon elle, nécessaires « pour fonctionner normalement » de la maternelle au lycée.

Le Parisien