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La lettre 352 de l’Ugict Cgt du 23 mai 2011

mardi 17 mai 2011, par CGT Educ’Action 94

ÉDITO : ILS NE POURRONT PAS DIRE QU’ILS NE SAVAIENT PAS

C’est une décision très importante que la Cour d’appel
de Versailles a rendu le 19 mai en confirmant la faute
inexcusable de Renault dans le suicide d’Antonio B., un
ingénieur qui travaillait au Technocentre de Guyancourt
dans les Yvelines. C’est en effet la première fois que la
justice rend une telle décision. Elle envoie un signe aux
directions d’entreprises : on ne peut impunément demander
toujours plus aux salariés avec toujours moins de
moyens. On ne peut, sans prendre un risque juridique
lourd, mettre en oeuvre des stratégies de management qui
isolent, qui individualisent, qui portent atteinte à la dignité
et à l’équilibre des individus. « La cour d’appel a dit que
Renault avait nécessairement conscience du danger
auquel était exposé Antonio B. au regard de sa charge
de travail », a commenté l’avocate de la famille du salarié.
Ainsi, Renault ne peut pas dire que l’entreprise ne
savait pas que ses méthodes de management et son
organisation du travail sont potentiellement dangereuses
en termes de risques psychosociaux. Cet ingénieur
était l’un des trois salariés du Technocentre de
Guyancourt à s’être suicidé en quatre mois en 2006 et
2007. Il s’était jeté du cinquième étage du bâtiment
principal du Technocentre. Son dossier était le premier
à parvenir à ce stade de la procédure. La Cour d’appel
de Versailles va prochainement être amenée à examiner
les deux autres.
Cette décision est aussi très importante car elle intervient
dans un moment où d’autres suicides ou tentatives
viennent rappeler la terrible réalité vécue par de
nombreux salariés, y compris et parfois surtout, par les
plus qualifiés. Une extrapolation d’une étude menée en
2003 en Haute-Normandie par des médecins du travail
a estimé entre 300 et 400 par an les suicides liés au travail
en France. Cela veut dire pratiquement un mort par
jour ! Depuis que ces drames ont jeté une lumière crue
sur les méthodes de management des entreprises,
certaines se sont échinées à communiquer, à mettre
en place des cellules d’écoute, des consultations psy
et autres cautères sur des jambes de bois, sans remettre
en question les causes délétères qui conduisent
des individus à des gestes ultimes. L’enjeu n’est pas
le dépistage des personnalités les plus fragiles, mais
une rupture avec des méthodes et des stratégies qui
foulent au pied les individus.
Une décision de justice ne fait pas tout. Elle va créer
une insécurité juridique pour les entreprises qui détestent
ce type de risque, mais pour en finir avec ce qui
nous appelons le Wall Street management et ses
dégâts, il nous faut passer partout à une démarche
collective, syndicale. Le syndicalisme doit être le lieu
où se posent les questions de la souffrance et où
s’imagine un autre mode de gestion.

SOMMAIRE :

- GDF Suez Lyon : un cadre s’immole par le feu
- Jeunes diplômés : la galère continue
- Santé : des professionnels attachés à leur métier
- Enseignants des écoles : 71 % trouvent le métier « épanouissant »
- Hôpital d’Etampes : la fusion avec Dourdan ne passe pas
- TER SNCF : la CGT rejette l’ouverture à la concurrence
- G8 de Deauville : une responsabilité écrasante dans les politiques ultralibérales
- Communiqué de l’Ugict-CGT : IUT, la filière technologique, un enjeu pour les
techniciens, ingénieurs et cadres

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