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De l’école du socle commun au dispositif « ECLAIR » : halte aux réformes destructrices !

Tract de l’union nationale CGT-Educ’action

mardi 18 janvier 2011, par CGT Educ’Action 94

Pour le ministère, il s’agit de finaliser son entreprise de démolition du service public d’éducation. Après avoir mis à mal l’enseignement professionnel avec la généralisation du bac pro 3 ans, la formation avec la masterisation et des stagiaires à temps complets, mis en marche la déréglementation du lycée général (réforme de la classe de seconde puis de la première à la rentrée 2011) ainsi que de la filière STI, il s’attaque désormais à l’école et au collège par la perspective d’une école du socle commun et à l’éducation prioritaire avec le dispositif Eclair. Ces mesures visent aussi à faire toujours plus d’économies (16 000 suppressions de postes…) et à favoriser une autonomie répondant aux critères libéraux de mise en concurrence, d’individualisation, de politique managériale...

Ces « réformes » ne sont ni dans l’intérêt des élèves (les résultats PISA montrent l’aggravation des inégalités scolaires) ni dans celles des personnels dont les conditions de travail ne cessent de s’aggraver.

Nous ne voulions pas de CLAIR, Davantage encore, nous refusons Eclair !

A la rentrée 2010, une centaine d’établissements étaient censés mettre en oeuvre l’expérimentation « CLAIR » (« collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite »).

Rappelons les principales mesures de cette expérimentation :

- Possibilité pour les chefs d’établissement de choisir leurs personnels sur profil, avec signature d’une lettre de mission.

- Création d’un nouveau membre de l’équipe de direction, le préfet des études, aux compétences très larges.

- Possibilité du versement d’une prime individuelle, en particulier pour le préfet des études.

En réalité, la mise en route est laborieuse, essentiellement parce que les personnels ont bien compris qu’il s’agissait d’une nouvelle étape vers la déréglementation de notre système éducatif.

L’intersyndicale nationale… CGT Educ’action, SE-UNSA, SNCL-FAEN, SNEP-FSU, SNES-FSU, SNUEP-FSU, SNFOLC, SNETAA-FO, SUD Éducation a réitéré, dans un communiqué commun, sa demande de « retrait de la circulaire n° 2010-096 du 7 juillet 2010 sur le dispositif CLAIR". Elle exige l’abandon de toute pression à l’égard des personnels.

Malgré cette opposition unanime, et sans qu’aucun bilan ne puisse être tiré de l’expérimentation (aucun bilan crédible ne pourra être donné à la fin de l’année scolaire), le ministère annonce une extension significative de CLAIR devenant « ECLAIR » (le « E » pour Écoles) : à partir de la rentrée 2011, le dispositif sera étendu à l’ensemble des écoles primaires et des collèges RAR, soit 249 collèges et 1 725 écoles des réseaux d’éducation prioritaire.

La déréglementation est totale lorsque le ministère annonce que « les postes vacants dans les établissements CLAIR sont désormais considérés comme des postes à profil. Lors des mouvements intra-académiques, chaque recteur proposera les postes en expliquant clairement leurs spécificités. Ces postes feront l’objet d’une indemnité spécifique. »

Ce sont plusieurs centaines de postes qui sont concernés !

C’est donc toute l’éducation prioritaire qui est attaquée puisque ce dispositif Eclair a pour vocation de s’y substituer : les rectorats planchent sur la réorganisation de la carte de l’éducation prioritaire pour la préparation de la rentrée 2011 car il faut « rendre » 16 000 postes ! Ainsi dans les Hauts-de-Seine, sur 40 établissements ZEP seuls 5 seraient maintenus !

Et pour le 1er degré ?

Aucune réelle précision pour l’instant. Selon les premières informations, le recrutement local ne serait pas, dans l’immédiat, à l’ordre du jour…Pas étonnant, puisque les directeurs d’écoles n’ont pas, dans le 1er degré, le même pouvoir hiérarchique que les chefs d’établissement dans le 2nd degré.

Il est probable que le seul frein réside dans le retard pris dans la transformation des écoles en EPLE, avec des directeurs devenus chefs d’établissement.

Dès le début, les choses sont claires : lorsque Christian Nique, ancien recteur de Nice, a pris en charge la mission d’évaluation et de suivi du programme CLAIR, il a fait savoir que sa tà¢che consistait, à terme, à la « remise à plat » de l’éducation prioritaire avec un transfert des moyens.

La CGT Educ’action réitère son opposition totale à l’expérimentation CLAIR. Elle exige une politique ambitieuse pour les zones d’Education prioritaire.