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La lettre 334 de l’Ugict Cgt du 10 janvier 2011

dimanche 2 janvier 2011, par CGT Educ’Action 94

ÉDITO : LE GRAND DESSEIN D’UNE PRÉCARITÉ SYSTÉMATISÉE

A moins de demander l’asile politique au Inuits et d’émigrer
sur la banquise sans télévision, ni journaux, ni radio, il va falloir
nous habituer d’ici 2012 à des assauts de provocation,
des outrances populistes de la part d’une majorité présidentielle
en panne dans les sondages et en grandes difficultés.
Quelles que soient les motivations profondes de l’ancien
ministre de la Fonction publique, Christian Jacob, ses propos
sur « l’embauche à vie » des fonctionnaires n’arrivent pas par
hasard et même si elles ont été nuancées, il reste qu’elles arrivent
à un moment où doivent s’ouvrir des négociations (le 11
janvier) entre les syndicats et le gouvernement au sujet de la
précarité dans la Fonction publique. Que Christian Jacob soit
le président du groupe UMP à l’Assemblée, ne peut que renforcer
les craintes. L’Union générale des fédérations de fonctionnaires
CGT par la voix de son secrétaire général, Jean-
Marc Canon a jugé ses propos « démagogiques » et « à côté
de la plaque » […] « S’il s’agit de recruter des agents en CDD,
je dis et redis qu’il y en a déjà plus que dans le privé », a-t-il
martelé. « Ou alors, il faut nous dire que sa vision du marché
du travail, public ou privé, c’est de n’avoir que des agents précaires
recrutés sur CDD », a-t-il ajouté.. « S’il s’agit de dire que
des fonctionnaires peuvent au cours de leur carrière avoir des
rebonds professionnels, changer d’emploi », il « existe tout un
ensemble de dispositifs ». Quant à aligner les fonctionnaires
sur le droit commun par souci d’équité, il faut être clair, la précarité
est si massive dans la Fonction publique qui emploie
plus d’agents en CDD que dans le privé. Les propos de
Christian Jacob doivent inquiéter les fonctionnaires et agents
publics les plus qualifiés car le gouvernement n’a pas fait
mystère de sa volonté d’introduire dans le futur projet de loi
sur la précarité dans la Fonction publique la création d’un
« contrat de projet », parfois appelé contrat d’objectifs. Alors,
on peut se réfugier dans le déni et penser que le chef de file
des députés de la majorité a lâché un ballon d’essai pour tester
les positions syndicales. Mais on peut aussi légitimement
s’inquiéter de la création de tels contrats précaires par les
pouvoirs publics et les collectivités territoriales que par la suite
le Medef demandera à généraliser aux salariés du privé. Et
l’on verra ainsi des ingénieurs, des cadres et techniciens, des
médecins effectuer des missions ponctuelles, sans aucune
garantie et surtout avec une aliénation complète de leurs
droits fondamentaux de citoyens. Des fonctionnaires dont les
politiques pourront exiger sans vergogne une allégeance
complète et une abdication de tout esprit critique. On glisserait
ainsi tranquillement vers une conception états-unienne de
la Fonction publique où les fonctionnaires valsent au rythme
des élections. On voit bien que derrière cette saillie démagogique,
c’est un autre modèle social et politique qui se dessine.
Il n’impacterait pas que les fonctionnaires. Jacob dit tout haut,
ce dont Parisot rêve d’appliquer dans les entreprises.

SOMMAIRE :

- Visiteurs médicaux Sanofi-aventis : mobilisation contre un plan social
- Airbus : la CGT conteste l’évaluation du comportement des cadres
- Perte d’un défenseur réputé du mouvement syndical : Maître Lyon-Caen
- Temps de travail : 56 % des français opposés à la fin des 35 heures
- Retraites dans l’énergie : vers des aménagements pour les mères
- France Télécom : la CGT signe un avenant à l’accord seniors
- Réseaux sociaux : les salariés volontiers critiques sur leurs entreprises
- « Pour en finir avec le Wall Street Management » : le livre reçoit le prix
des lecteurs de la revue RH&M
- Soirée-débat de l’Ugict-CGT : autour du livre d’Yves Clot, Le travail à coeur

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