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La lettre 330 de l’Ugict Cgt du 13 décembre 2010

vendredi 10 décembre 2010, par CGT Educ’Action 94

ÉDITO : C’EST LA FAUTE À LA GRENOUILLE

Une fois n’est pas coutume, nous allons parler
météo dans cet édito. Pas pour céder à la facilité ou
parce que l’actualité sociale aurait déjà entamée la
« trêve des confiseurs », mais parce que l’épisode
neigeux que vient de connaître l’Ile-de-France a une
dimension et une signification politique qui n’auront
échappé à personne. Politique d’abord parce que
les pouvoirs publics ont encore brillé par l’excellence
de leur communication de crise. La médaille
d’or revient sans doute au ministre de l’Intérieur qui
mercredi à 16h30 donne un cours de sémantique
aux journalistes pour leur expliquer qu’il n’y a
aucune pagaille et encore moins d’indescriptible
pagaille, tandis qu’à la même heure le Centre régional
d’information routière lance un avis de circulation
« impossible » en Ile-de-France. Pauvre Brice
Hortefeux dont, le lendemain, des journalistes un
peu vachards détournent une précédente, et non
moins malheureuse, saillie verbale : « les flocons,
quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a beaucoup
que ça ne va pas ». Le prix citron est attribué
à François Fillon qui s’est défaussé des responsabilités
de l’État sur Météo-France qui n’aurait pas
prévu tant de neige. Ce qui restera de ce mensonge
éhonté, mais si simple à démentir, c’est que le
Premier ministre a livré Météo-France à la vindicte
populaire en la rendant responsable de n’avoir pas
prévu l’intensité des chutes de neige. Si François
Fillon s’est rendu coupable d’un tel mensonge,
c’est pour mieux masquer l’impéritie, l’impréparation,
la désinvolture des pouvoirs publics. C’est
aussi pour punir les personnels de Météo-France
qui, a rappelé la CGT « se battent depuis plusieurs
années pour que leurs missions ne soient pas abandonnées,
particulièrement les services de proximité
qui ont fait la preuve de leur efficacité ».
Plutôt que de casser le thermomètre et déshabiller
les services publics, on attendrait du gouvernement
qu’il prenne la mesure des enjeux. Car, de
tempêtes en inondations, de chute de neige en
glissement de terrain, la multiplication des événements
extrêmes liée au changement climatique
nécessite une organisation et des moyens alloués
aux services publics. Accuser la grenouille, c’est
aussi une manière de faire oublier la Révision
Générale des Politiques Publiques et le désengagement
massif de l’État qui néglige ainsi l’entretien
des routes et des infrastructures et prive les services
de l’Equipement de leur capacité d’agir.

SOMMAIRE :

- Education : mobilisation contre la fermeture des CIO
- Enquête santé des salariés 2010 : les cadres se sentent moins bien
- Stress : pour 78 % des cadres, il n’est pas pris en compte
- Recrutements : vers un deuxième semestre difficile
- Areva : une recapitalisation sans projet industriel
- Allemagne : les éditeurs veulent raboter le salaire de jeunes journalistes
- Ingénieurs des Ponts, des eaux et forêts : la CGT représentative
- Météo-France : des propos inacceptables

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