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JEUDI 24 NOVEMBRE - Contre la détérioration des conditions d’enseignement, Pour le renforcement du service public d’éducation, CONTINUONS À LUTTER

tract du syndicat CGT-Educ’Action

mercredi 23 novembre 2005, par CGT Educ’Action 94

Ces dernières semaines se sont déroulées dans un contexte particulier : celui d’un vaste mouvement d’émeutes dans les banlieues. Sans excuser ces violences dont les véritables victimes sont les parents, les proches, les voisins et finalement les jeunes eux-mêmes, il faut rappeler que ces violences ont aussi pour origine le mal-être social de la précarité et du chômage.
Sur France Infos, Mme Parisot aurait affirmé : « l’entreprise est le premier lieu d’intégration ». En effet, par son obstination à vouloir renforcer la précarité, le patronat est le premier responsable de la désintégration de la société.

L’école a toujours eu un rôle d’intégration, on le lui a enlevé par une politique de désengagement de l’État dans l’Éducation et notamment dans l’enseignement professionnel. Les annonces faites ces derniers jours sont démagogiques : il ne s’agit pas tant de méconnaissance que d’indifférence.
Pour le gouvernement, l’école n’est capable de rien puisque sa seule réponse est l’apprentissage à 14 ans. A la CGT, nous pensons que tout élève doit bénéficier d’un socle exigeant qui allie général, technologique et professionnel, et que ce n’est sûrement pas dans des formations en alternance qu’il pourra être acquis. Nous avons toujours été contre les stages en entreprise précoces. De plus, il s ’agit d’une remise en cause du droit du travail et de la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans.
Parmi les annonces gouvernementales, il y a aussi les 5000 assistants pédagogiques supplémentaires. Ce qu’on n’obtient pas par la grève, pour laquelle le gouvernement a affiché son mépris en 2003, on l’obtient par le feu : c’est très grave pour une société démocratique !
Il y aussi les subventions aux associations, enlevées précédemment sous prétexte d’inefficacité. Un argument qui est utilisé pour une remise en cause des ZEP. Bien entendu, tout n’a pas été résolu par les ZEP, mais qu’aurait-on pu connaître sans cette aide précieuse ?

Aujourd’hui, la population française veut se réapproprier les services publics. Le succès de la marche départementale des services publics à l’appel de l’UD-CGT 94 et de la manifestation nationale du samedi 19 novembre en sont des preuves. Elles ont rappelé la nécessité des services publics sur tout le territoire national. Il est évident qu’on peut faire la relation avec les événements actuels : plus que jamais, nous avons besoin de lien social et les services publics sont au coeur de la réponse à ce besoin.

Le 24 novembre, la CGT-Educ’Action, les syndicats du 2nd degré de la FSU et SUD-Education appellent à la grève. Dans les écoles, les collèges, les lycées, nous devons tous nous y engager.
Bien sûr, il faut obtenir le retrait du décret sur les remplacements courts. Nous devons aussi réclamer des moyens pour le remplacement, problème auquel la loi d’orientation répond par une fausse bonne idée. Avec la CGT, nous voulons des emplois de remplaçants formés, volontaires et suffisamment nombreux, dans les 1er et 2nd degré. Au delà, il nous faut condamner la loi d’orientation Fillon, à laquelle la proposition de l’apprentissage à 14 ans confirme la volonté de la relégation des élèves les plus en difficulté.

La souffrance exprimée dans les violences se sent aussi dans les établissements. Pour y répondre, nous avons besoin d’adultes : nous devons obtenir la présence des personnels de santé qu’il manque (pourtant, la présence d’une infirmière est préconisée dans la la loi Fillon.), renforcer le nombre de personnels de vie scolaire dans nos écoles et établissements (avec des emplois qualifiés et statutaires)

Plus que jamais, il faut aussi répondre au désarroi de nombreux collègues, et notamment des plus jeunes. Ceux qui, notamment néo-titulaires et contractuels, expriment le souhait de démissionner ou craquent ont besoin d’être soutenus.
Pour les néotitulaires, la formation est non seulement lacunaire mais elle n’est pas reconnue. On doit être rentable tout de suite dans les conditions les plus difficiles : parachutage dans une région, une ville, un établissement inconnus, isolés dans la classe, en face de classes entières.
Pour eux, comme pour les collègues plus aguerris, pas de suivi psychologique, pas de suivi médical. Il est plus qu’urgent d’obtenir une véritable médecine du travail pour les personnels de l’éducation.

Nous voulons donner plus à nos élèves.
Nous voulons améliorer nos conditions de travail au quotidien
le 24 novembre, nous serons en grève.