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La lettre 328 de l’Ugict Cgt du 29 novembre 2010

samedi 27 novembre 2010, par CGT Educ’Action 94

ÉDITO : EMPLOI : UNE HIRONDELLE EN PLEIN HIVER ?

Englué dans son impopularité, le gouvernement
fait feu de tout bois pour faire croire que
nous sommes en train de sortir de la crise.
Ainsi, la baisse de 20 300 inscrits (- 0,8 %) à
Pôle emploi, la plus forte depuis février 2008,
a-t-elle été commentée par Xavier Bertrand
comme un signe encourageant. Mais un
encouragement à quoi au juste ? À mobiliser
« tous les moyens de la politique de l’emploi
pour conforter cette tendance au cours des
prochains mois » assure le ministre du Travail.
Ce serait un signe plutôt inquiétant à vrai dire, car derrière ces chiffres, la réalité est moins reluisante.
D’abord, il faut rappeler qu’on comptabilise désormais seulement ceux qui, parmi les demandeurs
d’emploi, n’ont eu aucune activité. Exit donc, les contrats de quelques heures par jour, les temps partiels,
les emplois précaires. Du coup, si l’on enlève de ces chiffres les personnes ayant exercé une activité
réduite, courte ou longue (catégories A, B, C), le nombre de demandeurs d’emploi tenus de faire
des « actes positifs de recherche » s’est replié de seulement 0,3 %. Pas de quoi crier victoire. Mais surtout
ces données masquent la hausse persistante du chômage des seniors et du chômage de longue
durée. Sur le front de l’emploi des salariés en fin de carrière, la semaine passée a été particulièrement
édifiante avec l’annonce par Renault d’un plan de départ anticipé pour les carrières pénibles pour 3 000
salariés sur trois ans, dont des techniciens et des agents de maîtrise. Seraient concernés les salariés
âgés de 58 ans et plus début 2011. Ils devraient comptabiliser quinze années de travail posté (en
équipe par roulement) ou avoir une incapacité permanente d’au moins10% ou encore des restrictions
d’aptitude. Une mesure qui n’est pas assortie d’une annonce d’embauches correspondantes et qui fait
craindre un dégraissage. La CGT du groupe dénonce « un plan de réduction ou d’ajustement d’effectifs
qui ne dit pas son nom ». Le premier syndicat du constructeur s’inquiète aussi des conditions de
travail de « ceux qui restent ». Le constructeur automobile, dans lequel l’État, faut-il le rappeler, a toujours
un rôle d’actionnaire, jette une lumière crue sur une des contradictions majeures de la réforme des
retraites. Les seniors sont moins que jamais les bienvenus dans les entreprises et n’en déplaise à
Laurence Parisot qui s’est émue de l’annonce de Renault, les entreprises continuent à raccourcir la
durée d’activité par les deux bouts de la carrière. À l’entrée en multipliant les stages hors cursus et les
contrats précaires pour les jeunes, même lorsqu’ils sont diplômés. À la sortie en utilisant toutes les ficelles
et elles sont encore nombreuses, pour pousser les seniors hors des murs. C’est ainsi par exemple
qu’il y a quelques semaines on apprenait que les seniors et plus particulièrement les plus qualifiés sont
particulièrement concernés par les 400 000 ruptures conventionnelles. On est encore bien loin d’une
embellie sur le front de l’emploi et pour se réchauffer de ces frimats, ne prenons pas leurs vessies pour
des lanternes.

SOMMAIRE :
- Cadres du privé : le blues des cols blancs
- NTIC : moins de femmes ingénieurs diplômées
- Thalès France : un plan de 1 500 départs « volontaires » en 2011
- Fonction publique : pour en finir avec les « contrats Vivaldi »
- Pôle emploi : Christian Charpy n’a rien compris au message des salariés
- Cheminots : être mieux la CGT des jeunes et de l’encadrement
- Retraites : le besoin d’agir toujours plus

Téléchargez la lettre pour la lire, l’afficher en salle des profs !