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19, 24, 26 novembre - A réponses démagogiques et réactionnaires, Opposons solidarité et action

tract de l’Union Nationale CGT-Educ’Action

dimanche 20 novembre 2005, par CGT Educ’Action 94

Confronté à la révolte des banlieues, le Premier Ministre pratique la surenchère médiatique dans le but de « rassurer » l’opinion publique.
Disons-le tout net : décréter l’état d’urgence en utilisant une loi de 1955 spécialement promulguée pendant la guerre d’Algérie, annoncer le retour à l’apprentissage à 14 ans en revenant sur la loi fixant l’obligation scolaire à 16 ans, c’est démagogique et réactionnaire au plein sens de ces deux termes.

Comme si cela ne suffisait pas, ces mesures, déjà chargées de symboles, sont suivies par les annonces du ministre de l’intérieur concernant l’expulsion « des étrangers » en situation régulière ou non.

Nous nous insurgeons contre de telles réponses !

Nous demandons l’abrogation de la loi Fillon qui, en instaurant un tri social des élèves au collège, institutionnalise une école à deux vitesses. L’apprentissage dès 14 ans en rajoute et confirme, si besoin était, le renoncement majeur d’une ambition politique et sociale pour l’Ecole.
Alors que le bon sens conduit plutôt à conclure qu’il faut renforcer l’éducation scolaire, parce qu’elle est porteuse d’un idéal républicain d’égalité, le gouvernement propose d’en exclure ceux qui, justement, en ont le plus besoin.
Il s’agit de déscolariser, de manière précoce, des jeunes dont on dit « qu’ils ne sont pas faits pour les études ».
Pour eux, le palier d’orientation en fin de 5è est rétabli. Le fameux socle commun des connaissances de la loi Fillon -dont nous contestons le contenu- ne les concerne plus ! Est évacuée la dimension générale et culturelle de l’éducation au seul profit de quelques savoir-faire purement utilitaristes.

Se satisfaire de ces jugements et décisions définitifs et péremptoires conduit à occulter des appréciations de bon sens.
Faire sortir un élève du système scolaire à 14 ans, c’est en fait sceller son sort avant même qu’il ait atteint cet âge ; l’institution scolaire ayant depuis longtemps développé la capacité d’anticiper les orientations, surtout lorsqu’elles se font par l’échec.
Ce qui n’est pas admissible, c’est que ces élèves seront confrontés à une orientation sans retour possible, qu’ils seront enfermés dans un choix d’orientation définitif ne leur permettant pas de faire évoluer leur projet.
Faire sortir de l’école des jeunes dès 14 ans, ce n’est pas les préparer convenablement à une vie, tant citoyenne que professionnelle.

Une telle décision hypothèque gravement la capacité du système éducatif à répondre aux besoins d’éducation et de qualification de la jeunesse et du pays. A cet égard, même les organisations patronales ont manifeste beaucoup de scepticisme.
Une telle décision manifeste un mépris profond vis-à-vis des métiers dits « manuels ». Elle ignore la part de conceptualisation que tout métier comporte et la complexité des situations professionnelles propres à chacun.

La part réduite de l’enseignement général dans l’apprentissage compromet, à la fois la réussite dans le cursus de formation, la capacité du futur salarié à s’insérer dans le monde professionnel et à évoluer dans sa qualification.

Et quelle distance avec la réalité ! Le gouvernement propose l’apprentissage et le « placement » dans les entreprises alors même que beaucoup de jeunes, souvent diplômés, sont au chômage car victimes, entre autres, de discriminations au faciès.

Dans une déclaration, la CGT affirme, à l’opposé des mesures démagogiques mises en œuvre par le gouvernement, que l’urgence, c’est le social et la démocratie.

Il n’est en effet pas question de se tromper de diagnostic. Cette crise n’est ni celle de l’immigration, ni celle de la jeunesse, ni celle des banlieues. Elle est avant tout une crise sociale, révélatrice des fractures qui se sont creusées depuis 20 ans, suite aux politiques menées. Plus de 5 millions de personnes sont exclues de l’accès à un véritable emploi alors que les profits s’accroissent et que les fortunes prospèrent. Ces familles cumulent toutes les difficultés sociales (éducation, logement, santé... !). Les jeunes sont confinés dans la précarité. L’absence de perspectives, les inégalités, les discriminations de toutes sortes minent les solidarités.

Face à la crise sociale, l’exigence de négociations, pour l’emploi, le pouvoir d’achat, la dignité, la lutte contre les discriminations, doit s’exprimer plus fortement.

- C’est le sens du soutien apporté par la CGT à l’initiative des organisations de défense des droits de l’Homme à faire du 26 novembre une journée de manifestation et de rassemblement.
- C’est aussi l’objectif de son appel, le samedi 19 novembre, à la manifestation nationale pour la défense et le développement des services publics.
- C’est encore celui de l’UNSEN-CGT appelant les personnels de l’éducation à faire grève le jeudi 24 novembre pour l’abrogation de la loi Fillon, notamment pour l’abandon du dispositif sur les remplacements de courte durée et pour un autre budget de l’Education. Budget qui doit permettre au service public d’éducation d’assurer l’égalité de tous, sur tout le territoire afin que les conditions sociales ne soient pour personne un obstacle à l’acquisition d’une qualification et à la poursuite d’études.