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La lettre 309 de l’Ugict CGT du 14 juin 2010

lundi 14 juin 2010, par CGT Educ’Action 94

ÉDITO : RETRAITE À 63 ANS : ON N’EST PAS DES DROGUÉS DU BOULOT !

Le gouvernement et sa majorité
distillent les annonces sur le
contenu de la réforme des
retraites dont le texte sera
envoyé aux organisations syndicales
le 15 juin au soir. Des
organisations qui, pour le coup,
ne pourront pas être qualifiées
de « partenaires sociaux » tant
le contenu qui se dessine
emprunte aux revendications
patronales et tant le dialogue
social aura été foulé aux pieds
durant tout le processus d’élaboration
du texte. Vendredi,
c’était au tour du président du
groupe UMP au Sénat, Gérard
Longuet, de se prononcer officiellement
pour un report de
l’âge légal de départ à la retraite
à 63 ans, avec une mise en oeuvre progressive d’un
trimestre par an. La patronne des patrons ne sera
donc pas tout à fait aux anges, mais pas de quoi
bouder quand même… Elle qui proposait une mise
en oeuvre à raison d’un semestre par an. La CGT
tout comme une large partie de l’opinion est attachée
à cette norme sociale de 60 ans pour un
départ à la retraite, car tout le monde sait que de 60
à 65 ans ce sont les meilleures années de retraite,
mais que ce seraient aussi les pires années au boulot.
C’est ainsi pour les millions de salariés
employés à des tâches pénibles, dangereuses,
mais c’est devenu, avec l’intensification du travail,
le stress, le déclassement et l’absence de perspectives,
le lot commun de beaucoup d’autres catégorise
de salariés. Que d’études et de rapports ont été
publiés sur ce désenchantement pour le travail ! On
voudrait nous faire croire que nos
catégories plus qualifiées et
moins exposées à la pénibilité
seraient plus enclines à prolonger
leur vie professionnelle. Mais
quelle est, et quelle sera la part de
choix dans cette prolongation audelà
de 60 ans ? C’est bien
contraint et forcé que les générations
futures de diplômés devront
prolonger la partie pour prétendre
à une carrière complète. Plus que
de travailler longtemps, les catégories
les plus qualifiées revendiquent
un travail qui fait sens, des
responsabilités et des compétences
reconnues. Il faut arrêter avec
ces espèces d’images d’Épinal
de cols blancs « work addicts »,
drogués du boulot. On a vu dans
bien des baromètres et études que les salariés en
responsabilités revendiquent une frontière plus
nette entre vie privée et vie professionnelle. Dès lors
pourquoi voudraient-ils absolument sacrifier ces
années de retraite où leur vie peut justement prendre
un tout autre sens ? Et puis les ingénieurs
cadres et techniciens, les professions intermédiaires
sont lucides : pourquoi travailler plus longtemps
alors que leurs enfants, même diplômés, peinent à
se faire une place au travail et à gagner leur autonomie.
Nous avons toutes les raisons de nous accrocher
à cette liberté de partir à 60 ans.
Le 24 juin, avec nos collègues, nous pouvons le dire
plus haut et plus fort. Et pourquoi pas, d’ici là, aller
au devant d’eux pour en débattre avec la carte pétition
de la CGT dont les premiers 214 188 exemplaires
ont été déposés chez Éric Woerth le 9 juin ?

SOMMAIRE
- Infirmiers anesthésistes : la mobilisation ne fléchit pas
- Amadeus : 500 ingénieurs défilent pour une juste répartition des primes
- France 3 national : vote de défiance de la rédaction contre la direction
- Hôpital de Nevers : la grève pour dénoncer un « ras-le-bol généralisé »
- Chiffres de l’emploi : aucune décrue immédiate du chômage
- Soirée débat de l’UGICT-CGT : Web 2.0 : la communication « Iter@ctive »
- États généraux des professions techniciennes : le 23 septembre 2010

Téléchargez la lettre pour la lire, l’afficher en salle des profs !