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La lettre 303 de l’UGICT CGT du 03 mai 2010

lundi 3 mai 2010, par CGT Educ’Action 94

ÉDITO : LES DOCTEURS DIAFOIRUS VONT TUER LEURS MALADES

Mais qui sont donc ces agences de notation qui font
en ce moment la pluie et le beau temps ? Qui sont ces
experts et par qui sont-ils chargés de distribuer bon et
mauvais points aux États ? Qui sont ces docteurs
Diafoirus qui viennent de décréter la faillite de la Grèce,
l’Espagne, le Portugal afin de leur prescrire des purges
économiques bonnes à tuer le malade ? Mardi dernier,
l’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé
la note du Portugal au prétexte de finances publiques
« structurellement faibles » malgré des mesures de
rigueur très contestées par les syndicats. Elle a ajouté
à cela un tableau pessimiste faisant craindre une
future nouvelle décote. Après Athènes, Lisbonne est
ainsi dans le collimateur des marchés financiers. A
Lisbonne la réponse de l’exécutif ne s’est pas faite
attendre : « le pays doit répondre à cette attaque des
marchés », a estimé, mardi, le ministre des Finances.
Le gouvernement portugais se laisse enfermer dans
un discours de rigueur « pour promouvoir la compétitivité
de l’économie portugaise ». On voit dans cette
affaire que la pression des institutions communautaires
ne suffit plus à imposer aux peuples européens la
loi d’airain de la réduction des dépenses publiques.
Aujourd’hui, ces officines créées et payées par les
banques sont chargées de les seconder. Ainsi, ces
mêmes banques qui ont exigé qu’on les sorte de l’ornière
où elles s’étaient mises à coup de milliards d’euros
s’apprêtent-elles à jouer les usuriers avec ces
États déclarés mauvais élèves. Sauvées grâce à des
prêts à 1 %, elles vont pouvoir désormais se « refaire
la cerise » en re-finançant ces pays aux taux du marché
en faisant 8 à 10 fois la culbute.
Voyons bien que notre pays n’est évidemment pas à
l’abri de se voir décerner lui aussi une note pourrie.
Ces affaires ne sont pas sans rapport avec la réforme
des retraites dans laquelle le gouvernement a engagé
le pays, pas plus qu’avec la politique de « réduction
des dépenses publiques ». C’est ainsi que dans une
récente interview au Journal du Dimanche, puis à
plusieurs reprises ces derniers jours, le secrétaire
général de la CGT a rapproché les deux dossiers.
Dans le JDD, Bernard Thibault accuse le gouvernement
« d’être plus préoccupé de faire une réforme
pour donner des gages aux agences de notation,
ces milices privées qui font pression sur la Grèce, le
Portugal ou l’Espagne pour baisser les dépenses
sociales et préserver les intérêts du capital au détriment
des salariés ».
Enfin quelle confiance les États doivent-ils à ce mercenaires
qui il y a deux ans fermaient les yeux sur la
masse de « créances pourries » amassées dans les
actifs des grandes banques mondiales grâce au prêts
hypothécaires (subprimes) américains ? Quel crédit
leur apporter alors qu’ils n’avaient pas vu venir l’éclatement
de la bulle Internet ou l’effondrement bancaire
islandais ?

SOMMAIRE
- Airbus : face à un mouvement dur, la direction lâche du lest
- Caisse d’Épargne d’Ile-de-France : les grévistes promettent un jeudi noir le 6 mai
- Samu social de Paris : une longue grève et des acquis
- Stagiaires en travail social : le gouvernement foule au pied 5 ans de lutte
- Retraites : appel de 19 organisations de jeunesse pour peser dans le débat
- Rencontres syndicats de fonctionnaires : Woerth n’a rassuré personne sur ses intentions
- 1er mai 2010 : une étape supplémentaire dans la mobilisation, le gouvernement doit l’entendre !
- Élysée : sommet social le 10 mai
- Santé au travail : le BIT pointe des risques émergents
- Harcèlement et violences au travail : la CGT signe l’accord
- Filière sportive : mobilisation le 20 mai

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