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COMMUNIQUE DE L’UNION DEPARTEMENTALE CGT DU VAL DE MARNE

lundi 7 novembre 2005, par CGT Educ’Action 94

Au moment où ces lignes sont écrites, nous rentrons dans le dixième jour d’une colère sans précédent des « banlieues ».

La mort de deux adolescents, électrocutés dans un transformateur d’EDF à Clichy S/ Bois jeudi 27 octobre après un contrôle de police, suivie des provocations de Sarkosy, a cristallisé la colère qui n’attendait qu’un signal pour se réveiller.

Il y a quelques années, la Cgt a été la première à dénoncer la montée des insécurités, dont l’insécurité sociale. Forte de son expérience et de son enracinement, elle a tissé des liens avec les associations qui, comme elle, sont témoins des discriminations sociales et raciales, et particulièrement auprès des jeunes. La Cgt comprend cette révolte.

Cependant la multiplication des actes violents, l’accroissement des incendies de voitures appartenant souvent à des familles modestes, les incendies d’immeubles et/ou d’infrastructures publiques sont inacceptables et sans issues.

Les évènements de ces derniers jours ne sont pas le reflet d’un unique problème de sécurité en banlieue, mais le terrible constat d’échec des politiques de ségrégation urbaine et sociale imposées depuis des années à ces quartiers et à leur population. La France, c’est aussi la banlieue, et plus qu’ailleurs celle qui souffre au travail, celle qui subit le chômage, celle que la loi de l’argent voudrait enfermer dans la précarité, les bas salaires, les discriminations, le mal-logement, les sous-équipements publics.

Le gouvernement n’a en ce moment que ces mots à la bouche « ordre public, fermeté et justice ». Sa volonté n’est pas de ramener le calme. Incontestablement, il semble davantage préoccupé d’exploiter la situation pour enfoncer un peu plus le clou d’une politique autoritaire et discriminatoire, sans aucune réponse aux urgences sociales des villes et des quartiers concernés, dans lesquels vivent salariés du public et du privé, jeunes, privés d’emplois et retraités.

La droite, sur injonction du Médef, a montré depuis avril 2002 qu’elle est prête à tout pour imposer sa politique. Celle-ci est massivement rejetée par les citoyens et les salariés. Ce fut le cas de la réforme des retraites et de l’assurance maladie, de la réforme de l’école avec le mouvement des jeunes lycéens, de la privatisation d’EDF, des ordonnances de 2005 faisant des jeunes de moins de 26 ans des "sans-droit" de l’entreprise.

La droite et le Medef utilisent la provocation, le mépris, l’intimidation, le mensonge autant dans les cités que dans les entreprises. Ce fut le cas à la SNCM en refusant de négocier, à la RTM où la grève est déclarée illégale, chez Cofrafer à Bonneuil où les salariés sont victimes de violences policières et patronales.

Le gouvernement est incapable de rassembler sur ses objectifs politiques qui sont anti-sociaux. Il a été désavoué lors des 4 échéances électorales qui se sont succédées depuis 2002, notamment celle du référendum, en particulier dans les quartiers populaires. Le Gouvernement est une nouvelle fois mis en cause depuis la rentrée par les fortes mobilisations du 4 octobre.

Plutôt que de passer en boucle les images des voitures brûlées, il y a urgence à donner la parole aux citoyens, aux salariés et à leurs représentants.

Il faut mettre en oeuvre une véritable égalité des chances à l’école et dans le travail, une politique de plein emploi solidaire, la reconnaissance des diplômes et qualifications dans les rémunérations, le développement et le déploiement de services publics.

La Cgt réaffirme l’exigence d’une véritable négociation sociale : sur l’emploi, les salaires et les services publics.

Il y a urgence pour une autre politique qui réduise les inégalités sociales et combatte toutes les discriminations.

L’Union départementale CGTdu Val de Marne exige du Préfet, l’organisation urgente d’une table ronde entre organisations syndicales, patronales et pouvoirs publics pour prendre des dispositions urgentes en matière d’emploi, de salaires, de logements et de cadre de vie.

La CGT appelle ses organisations à prendre toutes les dispositions nécessaires pour que des réponses soient apportées aux attentes sociales, dans leur entreprise, leur localité, au niveau du département et sur le plan national.

Créteil, le 7 novembre 2005