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La lettre 299 de l’UGICT CGT du 05 avril 2010

jeudi 1er avril 2010, par CGT Educ’Action 94

ÉDITO

JEUNES DIPLÔMÉS : PAS D’AVENIR SANS DROITS

Le chômage explose et les jeunes en sont les premières
victimes. Le chômage pourrait toucher jusqu’à 650 000
jeunes cette année. Selon les données de l’OIT les plus
récentes, sur quelque 191 millions de chômeurs dans le
monde en 2004, près de la moitié, soit 86 millions,
étaient des jeunes âgés de 15 à 24 ans. Dans notre pays,
dont on dit qu’il cultive la religion des diplômes, le fait
d’être un jeune très qualifié n’est pas, loin s’en faut,
une assurance contre le chômage. Depuis trente ans, le
taux de chômage des jeunes est plus élevé en France
que dans les autres pays industrialisés (21,2 % en 2007,
soit sept points de plus que la moyenne). En avril 2009,
38 % des jeunes diplômés en 2008 avaient du travail,
contre 60% à la même époque en 2008. L’obtention
d’un premier emploi stable et correctement rémunéré
relève d’un parcours du combattant de plus en plus
long. De fait, la perception du marché du travail par ces
jeunes diplômés révèle un sérieux coup de blues. Selon
l’enquête nationale L’Expansion – placeOjeunes,
« 65 % des personnes interrogées ne sont pas optimistes
quant à la réussite de leurs démarches pour l’obtention
de leur premier emploi. Les répondants envisagent,
à 56 %, d’accepter un salaire plus bas que celui qui est
habituellement proposé pour leur profil. Aussi, ils sont
42 % à s’imaginer prolonger leurs études d’un an. »
Cette enquête note aussi que 77 % du panel interrogé
déclare être « prêt, au vu du contexte économique actuel,
à se tourner vers un stage, un CDD ou une mission
intérim plutôt qu’un CDI. » Les débuts de carrière,
quelle que soit la branche, sont aujourd’hui particulièrement
bas et l’avenir professionnel est aléatoire. Les
contrats stables et les revenus
décents deviennent des récompenses,
la précarité un apprentissage.
La remontée du chômage
des jeunes, deux fois plus
rapide que pour les autres salariés,
vient moins d’un niveau de
formation insuffisant (il est en
effet plus élevé que les générations
précédentes) que de la
surreprésentation de la jeunesse
parmi les intérimaires ou les
CDD. C’est donc la précarité et les bas salaires dont
souffrent les jeunes. Face à cette situation, le syndicalisme
ne peut rester l’arme au pied en attendant le retour
à des conditions plus favorables pour les jeunes
diplômés. En effet, la propension des entreprises à sous
- payer la qualification et à précariser l’emploi n’est pas
née avec la crise, mais elle est amplifiée. La valeur nationale
des diplômes est remise en question. Les emplois
proposés n’ont rien à voir avec le niveau et/ou le
contenu de sa formation. Les grilles à l’embauche flirtent
trop souvent avec le SMIC. Il est donc indispensable
de revendiquer la reconnaissance des diplômes par
des emplois et des salaires correspondant aux qualifications.
C’est en l’occurrence l’un des axes de bataille de
la CGT des ingénieurs cadres et techniciens qui organisera
le 15 avril un pique-nique revendicatif géant place
la Sorbonne à Paris conjointement avec l’Union nationale
des Etudiants de France et la CGT d’Ile-de-
France. Voir www.cv-discount.com

SOMMAIRE
- Intersyndicale : vers un grand 1er mai revendicatif
- Réforme des retraites : coup d’envoi le 12 avril
- Infirmières : manifestations contre le recul de l’âge de la retraite
- Polyclinique du Val de Sambre (Maubeuge) : neuf salariés sur dix en grève
- Montauban : deux semaines de conflit sur les salaires
- Navettes de l’Océane (Morbihan) : préavis de grève des officiers pour les salaires
- Thalès (Cannes) : manifestations pour les salaires
- Radio France Internationale : l’intersyndicale stoppe les négociations sur la convention collective
- Hausse des inégalités : explosion des très hauts revenus et salaires
- Salaires des enseignants : la CGT Educ’Action dénonce « une revalorisation tronquée »
- Alcatel-Lucent : la CGT jette un pont avec les salariés des prestataires
- Insee : les syndicats inquiets de la situation financière de l’institut
- Hewlett-Packard Grenoble : la justice reconnaît la discrimination contre une intérimaire

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