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La lettre 293 de l’UGICT CGT du 22 février 2010

lundi 22 février 2010, par CGT Educ’Action 94

ÉDITO : NOMMER ET FAIRE HONTE

Pathétique affaire que la publication puis le retrait précipité
des listes des entreprises vertueuses ou honteuses qui
auraient ou n’auraient pas négocié d’accords sur le stress.
Cette pantalonnade ressemble à la publication des listes
noires et grises des paradis fiscaux. Comme si nommer et
faire honte (name and shame) était devenu le must de l’action
publique.
L’émotion créée par les suicides au travail a obligé le gouvernement
à intervenir sur le stress au travail. Mais dans
un contexte où l’exécutif laisse libre court aux stratégies
managériales des entreprises et où il détricote les filets de
protection que sont le Code du travail, les inspecteurs du
travail, les médecins du travail, il ne lui reste qu’à faire des
opérations de communication pour masquer le grand vide.
Le Medef et les entreprises sont montés au créneau pour
vilipender la tactique et assurer que parmi les entreprises
mal notées certaines entendaient engager ou poursuivre
des démarches.
Certaines sociétés mises en cause ont préparé des actions
en justice pour le préjudice subi de se retrouver en liste
rouge.
Et du côté des salariés, des syndicats se sont émus et
étonnés de voir leurs entreprises en liste verte alors que
rien ou presque n’avait été engagé.
Résultat, ne subsiste plus aujourd’hui sur le site du ministère
du Travail que la liste verte des entreprises vertueuses.
Et en dépit d’une reculade lamentable, Xavier Darcos a jugé
« relativement positifs » les résultats de la mobilisation des
entreprises pour prévenir le stress et estimé « inutile » la
création d’une taxe pour sanctionner les récalcitrantes.
Cette piteuse histoire intervient alors que le ministre du
Travail a annoncé le lancement d’un chantier pour simplifier
le droit du travail. Cela, deux ans seulement après une
recodification complète du Code du travail.
« Avec l’annonce de cette commission, on a la démonstration
que le ministère du Travail est au service du patronat,
et pas de l’ensemble des salariés », a réagi Michel
Doneddu, secrétaire confédéral CGT.
« Comment oser dire aujourd’hui que les difficultés de
l’ensemble des entreprises sont liées à la rigidité du Code
du travail, alors qu’on sait que l’une des grandes raisons
est la financiarisation des entreprises », a-t-il ajouté.
Il faut être lucide, les gesticulations des communicants ne
seront d’aucun secours pour faire reculer le mal-vivre au
travail, les discriminations de toutes natures.
Récemment, le président de la Haute autorité de lutte
contre les discriminations expliquait ainsi que des progrès
avaient été accomplis depuis que la Halde était dotée d’un
pouvoir de saisine.
Tant que l’on oppose aux directions d’entreprise des chartes,
des labels, des codes de bonne conduite, on n’avance
pas. Il suffit par exemple de voir qu’en dépit d’un arsenal
de textes nationaux, européens, l’égalité entre les femmes
et les hommes n’est toujours pas la règle dans les entreprises.

SOMMAIRE
- Thales France : une pétition pour demander des hausses de salaire
- Banlieue parisienne : enseignants et lycéens manifestent à Paris
- Contrôleurs aériens : en grève du 23 au 27 février
- Philips (Dreux) : la justice ordonne la reprise du travail et annule le plan social
- France Télécom : enquête demandée après un nouveau suicide de technicien
- Ajaccio : tentative de suicide emblématique à Pôle emploi
- Salaires et accessoires : les entreprises jouent le panachage
- Intersyndicale du 15 février 2010 : communiqué commun CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA
- Sondage : l’action collective est jugée plus efficace
- Grand âge : près de 60 % des personnes âgées de 80 ans et plus sont autonomes

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