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La lettre 289 de l’UGICT CGT du 25 janvier 2010

dimanche 24 janvier 2010, par CGT Educ’Action 94

ÉDITO : ÂGE DE LA RETRAITE : DROIT D’INVENTAIRE OU LIQUIDATION ?

Le sujet des retraites est bien trop lourd d’enjeux sociaux
pour qu’on l’aborde de la manière dont il a été traité cette
dernière semaine.
Donner, comme vient de le faire Martine Aubry, un quasi
sauf-conduit pour repousser au-delà de 60 ans l’âge de
départ en retraite à « 61 ou 62 ans » (« Je n’imagine pas
qu’on aille plus loin », dit-elle), c’est un peu dire aux forces
sociales : « fermez le ban ». C’est aussi accepter de
liquider un des acquis de la gauche au pouvoir qui figurait
encore à l’inventaire, bien que malmené par les réformes
successives.
Cette manière de prendre acte des réformes proposées ne
sera pas d’un grand secours pour affronter Medef et gouvernement
sur cette question alors que rien n’est joué sur
cette question. Brandir la perspective du vieillissement
démographique pour en faire une catastrophe ne permet
pas hélas de bien poser les termes du débat. La question
de l’avenir de notre système de retraite reste, qu’on le
veuille ou pas, celle du partage de la richesse créée. Et sur
ce point, les trois scénarios du Conseil d’Orientation des
Retraites avaient montré que l’évolution de la part du PIB
que notre pays devrait consentir pour financer les retraites
d’ici à 2050 n’était pas insurmontable et qu’elle était en tout
point comparable avec ce que la France consentait dans
les années 70. Mieux, en mettant à contribution, non plus
seulement les salaires, mais aussi les profits, on peut
pérenniser notre système par répartition en maintenant
les droits actuels et surtout sans risquer de faire peser
sur les générations futures une charge insupportable.
La CGT ne se résoudra pas à de nouvelles mesures de
recul de l’âge de la retraite alors que toutes les réformes
(Balladur, Accord Agirc-Arrco, Fillon) ont conduit à une
baisse des pensions qui commence à prendre effet sur les
retraites liquidées aujourd’hui. Reculer l’âge de la retraite,
allonger la durée d’assurance pour une retraite à taux plein,
introduire des mécanismes de décote ont eu, et auront
encore durablement, pour effet de faire baisser le niveau de
vie des retraités. La réforme des retraites ne peut être abordée
sans reposer l’exigence d’une reconnaissance de la
pénibilité pour un départ en retraite avant 60 ans. Elle doit
aussi permettre de poser la question de la réforme du
financement des retraites permettant de pérenniser le système
par répartition. Mais cette éventualité est rejetée catégoriquement
par le patronat qui ne veut plus consentir le
moindre euro supplémentaire au financement des retraites.
Quelque part, accepter comme seul alternative un nouveau
recul de la protection sociale, c’est lui donner quitus.
C’est oublier que toutes les richesses que le patronat
refuse de partager ont alimenté les bulles spéculatives qui
ont précipité le monde dans la crise.

SOMMAIRE
- Retraites et situation sociale : la CGT propose une intersyndicale
- Fonction publique : après le succès de la mobilisation du 21 janvier
- Fonction publique d’État : les chiffres de pertes d’emploi entre 2002 et 2006
- Sanofi-Aventis : manifestation contre la restructuration de la Recherche et Développement
- Areva T&D : la CGT dénonce une « transaction honteuse »
- France 3 : le projet éditorial rejeté par près de 79 % des journalistes
- Air France : - 20 % d’effectifs dans ses escales en deux ans
- EasyJet : la compagnie jugée pour travail dissimulé
- Parité : la CGT réagit à la proposition de loi Copé
- Parité femmes-hommes : le secteur public affiche un mauvais bilan en 2009
- Recherche et enseignement public : 4 heures contre la précarité
- Autour du livre : « Pour en finir avec le Wall Street management »

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