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La lettre 287 de l’UGICT CGT du 11 janvier 2010

jeudi 7 janvier 2010, par CGT Educ’Action 94

ÉDITO H1N1 : LA PANDÉMIE VIRE À LA PANTOMIME

La grippe H1N1 qualifiée par certains de « gripette » restera
sans doute dans les annales. Pas comme la grippe espagnole
qui fit plus de mort que la Première guerre mondiale. Mais plutôt
comme un modèle du genre en matière de gestion politique
d’une question de santé publique.
La reculade du gouvernement qui vient d’annuler les commandes
faites aux labos vient à point pour étouffer un scandale politique.
Voilà des mois en effet que des voix se sont élevées pour
s’émouvoir de la collusion possible entre les sphères décisionnelles
et les grands labos pharmaceutiques.
« Les laboratoires ont organisé la psychose », accuse l’épidémiologiste
allemand, président de la commission de la santé du
Conseil de l’Europe, le docteur Wolfgang Wodarg. Et il ajoute
« nous avons eu une grippe bénigne et une fausse pandémie ».
Dans un entretien au journal l’Humanité, il parle de « l’un des
plus grands scandales médicaux du siècle ». A ce sujet, il a
obtenu à l’unanimité la mise en place d’une commission d’enquête
au Conseil de l’Europe sur le rôle joué par les laboratoires
dans la gestion de la grippe A par l’OMS et les États. Le docteur
Wolfgang a avoué avoir été très surpris par les chiffres qu’avançait
l’OMS pour justifier de la proclamation d’une pandémie en
avril dernier quand la première alarme est venue de Mexico.
« Les chiffres étaient très faibles et le niveau d’alarme très
élevé », a-t-il relevé et d’ajouter : « on n’en était à même pas
mille malades que l’on parlait déjà de pandémie du siècle ». Or
pour atteindre un tel niveau d’alerte, il aurait fallu que la maladie
éclate dans plusieurs pays à la fois et qu’elle ait des conséquences
très graves avec un nombre de cas mortels au-dessus des
moyennes habituelles.
Cette affaire pose donc d’abord la question de la gouvernance
mondiale en matière de santé. Car c’est sur la foi de ces alertes
que notre gouvernement prétend avoir lancé dans la précipitation
que l’on a constatée un plan d’envergure inégalée qui doit
plus au « principe de précaution » qu’aux besoins de santé.
Et l’on peut donc s’interroger sur l’émergence d’un « ministère
de l’industrie pharmaceutique » comme le souligne la CGT qui
demande : « Quel est le rôle du ministère de la Santé ? Est-ce
d’être au service de l’industrie pharmaceutique ? » Roselyne
Bachelot a beau prétendre « ne pas avoir de gourou à la solde
des labos », un de ses experts régulièrement consulté sur la
grippe, est à la fois chef de laboratoire de virologie au CHU de
Lyon, directeur de l’unité du CNRS pour le H1N1 et président du
Groupe d’expertise et d’informations sur la grippe. Lequel est
une association qui regroupe les trois industriels qui produisent
le vaccin (Sanofi, Novartis et GSK).
Plusieurs éléments parmi d’autres sont « particulièrement troublants
 », relève la CGT : « non transparence des contrats passés
avec les laboratoires pharmaceutiques, prise en charge par l’État
de toutes les complications liées aux vaccins, prix surévalués
(...), refus de prendre en compte à temps la nécessité d’une
seule injection ».
Et on notera le peu d’exigences de l’État vis-à-vis de l’industrie.
Sanofi-Aventis engrange de confortables bénéfices confortés
par la Sécurité sociale et prévoit par ailleurs de supprimer dans
le même temps 1 300 emplois et de fermer quatre centres de
recherche en France. Dans cette affaire, c’est bien le politique qui
a été grippé et il faudra que tous les éléments, notamment financiers,
soient rendus publics dans les meilleurs délais.
Il en va de la démocratie.

SOMMAIRE
- Personnels de soins : mobilisation dans l’unité le 26 janvier contre les ordres
- Infirmières : chantage salaire contre allongement des carrières
- Sanofi-Aventis : nouvelles mobilisations sur les salaires et l’emploi
- Aviation civile : grève contre les suppressions d’emplois
- Sécurité sociale : les cadres se mobilisent à l’Ucanss
- SNCF : les permanents CGT refusent une prime de résultats
- RFI : grève illimitée pour les recalés du plan social et pour les embauches
- France 24 : les syndicats dénoncent l’externalisation de la régie pub
- Zone euro : le chômage atteint les 10 %
- Santé et travail : le parcours de santé dépend du trajet professionnel
- Stress au travail : un coût évalué entre 1,9 et 3 milliards d’euros
- Négociations sur le portage salarial : le Prisme acculé

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