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- AG 1er et 2nd degré - Refus des évaluations des élèves de CM2 - Grève nationale fonction publique le 21 janvier

Un mois de janvier 2010 revendicatif !

Tract de la CGT-Educ’action Créteil

mardi 5 janvier 2010, par CGT Educ’Action 94

Sarkozy avait annoncé la couleur dès 2007, dans le cadre de la RGPP : suppression en 4 ans de 160 000 emplois dans la Fonction Publique, dont la moitié pour l’Education Nationale. Force est de constater qu’il tient ses promesses : moins 11 200 emplois en 2008, moins 13 500 emplois en 2009, moins 16 000 emplois pour la rentrée 2010 ! Cela fait déjà moins 40700 emplois de supprimés depuis l’arrivée de Sarkozy à la présidence, et la tendance va en s’accentuant !

Pour 2010, l’arnaque est grossière : constatant que les besoins en personnels sont réels, mais arc-bouté sur son dogme de suppression de l’emploi public, le gouvernement utilise la réforme du recrutement et de la formation des enseignants pour supprimer des postes !

En effet, c’est la suppression de 18.202 postes de stagiaires (dont 1 876 dans le privé) et de 600 postes d’administratifs dans les Rectorats, les IA et au ministère qui permettent de créer les 2672 emplois incontournables (2182 emplois dans le premier degré public au titre des évolutions d’effectifs, 144 emplois dans le second degré pour les établissements défavorisés et 476 emplois dans l’enseignement privé " en application du principe de parité ( !) " ) tout en assurant l’objectif idéologique de suppression des 16.000 postes à la rentrée 2010.

Par ailleurs, le gouvernement en profite pour mettre à la porte des milliers de non-titulaires.

Les stagiaires à la rentrée 2010, auront la charge complète d’une classe mais dans le même temps il y a obligation, pour 1/3 de leur temps de service, de leur proposer une formation. Les stagiaires seront ainsi libérés quelques semaines de leurs cours ils seront remplacés par ... les étudiants préparant leur Master, leur concours et doivent en plus, avoir des stages ! A la rentrée 2009, 8530 stagiaires assurent globalement 8h de présence élèves par semaine). Leur intervention devant élèves représentait 3791 équivalent temps plein (ETP) (calcul 8530 x 8/18). A la rentrée 2010, la France comptera 8550 stagiaires qui seront tous à temps plein (en tenant compte de la méthode d’utilisation des stagiaires explicitée par le Rectorat de Créteil). La différence avec 2009 est de 4759 ETP. Elle entraîne, ipso facto, la disparition d’un même nombre d’emplois, aujourd’hui assurés par les non titulaires. Cette différence ne sera pas compensée par la démographie.

Le ministère va simplement utiliser moins de personnels pour faire le même travail ! Les conditions de travail des enseignants et d’enseignement des élèves vont bien entendu en pâtir. Mettre des enseignants non-formés devant des élèves est un non-sens pédagogique. Renvoyer des enseignants, qui ont déjà les acquis de l’expérience, au chômage est un gaspillage humain et une provocation !

Les arnaques comptables avec les stagiaires ne sont bien entendu pas suffisantes pour pérenniser le processus de suppression de postes à la hauteur des désirs du président. Le ministère utilise tous les moyens possibles : diminution et dérégularisation des horaires-élèves, hausse des effectifs de classe, réduction de l’offre de formation et augmentation du temps de travail des enseignants par le recours accru aux heures supplémentaires et l’élargissement de leurs missions au-delà de l’enseignement, développement de l’emploi précaire pour assurer les remplacements....

Réformes dans le premier degré : La suppression des cours du samedi se révèle inefficace. Les nouveaux programmes rétrogrades sont dénoncés par tous ; le service minimum atteint gravement le droit de grève. Dans l’académie, la suppression de la taxe professionnelle aggravera le budget de nos écoles déjà pauvres. Dans le 93, les remplaçants manquent, les classes sans enseignants se multiplient, situation aggravée par le refus du Recteur d’ouvrir la liste complémentaire. Quant à la difficulté scolaire, elle est renvoyée hors temps scolaire alors que les RASED sont peu à peu supprimés. Comment offrir une chance de réussir pour tous dans de telles conditions ?

Au collège : La suppression de la carte scolaire entraîne une ghettoïsation de nombreux établissements aggravant les conditions d’études et de travail. Le développement de l’accompagnement éducatif ne peut être la réponse à la difficulté d’enseigner.

Réforme des lycées professionnels, généraux et technologiques : La réforme du lycée général annoncée est la copie conforme de celle du lycée professionnel : ces réformes ne sont pas adaptées aux besoins des élèves, ses seules motivations sont économiques… L’application concrète de la généralisation du bac pro en 3 ans le démontre : autonomie du choix des disciplines enseignées, disparition de dédoublements au profit d’un vague « accompagnement individualisé »… Par ailleurs, à terme, il s’agit de supprimer tout simplement la voie technologique.

Réforme des EPLE : A l’occasion de la réforme du lycée, le gouvernement essaye de faire passer une réforme des EPLE (collèges, lycées généraux, technologiques et professionnels) consistant à augmenter le pouvoir des chefs d’établissements et des conseil pédagogique dont les membres sont désignés par… les chefs d’établissement ! Ce serait ainsi au conseil pédagogique de décider les enseignements dispensés dans l’établissement !

Dans tout le 2nd degré : Précarité, absence de remplacement et classes surchargées : Dans l’académie, la disparition des moyens de remplaçants et la suppression des postes s’avère catastrophique : de nombreuses classes se trouvent sans professeur, les classes sont bondées. Dans le même temps, les collègues non-titulaires subissent une précarité croissante.

Masterisation et baisse significative des postes aux concours de recrutement : Reculer le concours après un diplôme à bac + 5, c’est instituer une sélection sociale insupportable pour les étudiants les plus modestes et éliminer la plupart des non-titulaires en poste, recrutés souvent avec une licence. Cette hausse du niveau de recrutement n’est pas accompagnée d’une revalorisation salariale à la hauteur.

Salaires bloqués : Notre pouvoir d’achat baisse depuis de nombreuses années. Le recours aux heures supplémentaires ne saurait en aucun cas être une réponse adaptée voire même décente aux revendications salariales. La prétendue revalorisation ne concernerait que les nouveaux recrutés, serait très insuffisante et se concrétise par une attaque contre les statuts (individualisation des carrières,…).

Appel Fonction Publique CGT-FSU-Solidaires

Alors que, pour répondre aux exigences de la situation sociale, le rôle de la fonction publique et des services publics n’a jamais été aussi important, il est urgent notamment :

• de créer les emplois nécessaires et de donner les moyens aux services publics de répondre aux besoins croissants de la population partout sur le territoire ;

• de revenir sur les suppressions au budget 2010 et pourvoir aux remplacements des départs en retraite ;

• d’assurer le maintien et la progression du pouvoir d’achat de tous les personnels par l’augmentation du point d’indice et une reconstruction de la grille ;

• de revenir sur toutes les réformes régressives ;

• d’abroger la loi dite de « mobilité » ;

• de prendre des mesures pour combattre la précarité.

Sur ces revendications, nous appelons à débattre et à agir dès la semaine du 11 janvier pour permettre de faire converger les mobilisations et de construire un temps fort, de grèves et de manifestations, le 21 janvier 2010.

Les fédérations de l’Education FERC-CGT, FSU et SUD-Education appellent également à la grève dans l’Education Nationale le 21 janvier 2010.

Appel de la CGT pour refuser les évaluations des élèves de CM2 :

La CGT-Educ’action pense que ces évaluations sont toujours mal placées dans le calendrier scolaire et qu’elles seront du même type que celles de l’an dernier. Les résultats qu’elles procureront ne seront pas exploitables. Nous sommes en désaccord avec le fait que leur passation et leur correction engendrent une prime qui crée de la division entre les collègues.

Nous soutiendrons donc tous les maitres qui, d’une manière ou d’une autre, auront décidé de contester ces évaluations. La CGT-Educ’action appelle tous les personnels à se saisir des préavis qu’elle a déposé.

Intersyndicale académique 2nd degré le mardi 5 janvier 2010 au soir pour décider des actions unitaires à mettre en place au niveau de l’académie.

• Pour refuser les suppressions de poste et pour gagner des créations à la hauteur des besoins (remplacement, réduction des effectifs)

• Contre les réformes régressives dans l’éducation

• Pour la titularisation des précaires sans conditions de concours, ni de nationalité

• Pour une augmentation des salaires de plus de 300 euros pour tous

• Pour la défense et le développement des services publics

Nous appelons les personnels à se réunir en AG pour préparer et réussir cette grève et en envisager ensemble les prolongements. Cette mobilisation doit se construire dans la durée afin d’avoir un rapport de force suffisant pour faire reculer le gouvernement.

La CGT-Educ’action Créteil appelle les personnels de l’éducation nationale :

- à refuser de faire passer les évaluations des élèves de CM2

- à se rassembler en AG pour mettre en débat les suites à donner à ces mobilisations

- à faire grève massivement et à manifester le jeudi 21 janvier 2010.