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La lettre 282 de l’UGICT CGT du 24 novembre 2009

vendredi 20 novembre 2009, par CGT Educ’Action 94

ÉDITO : PARITÉ AU TRAVAIL : MÉDIOCRE BILAN POUR LAURENCE PARISOT

Il paraît que Laurence Parisot a médusé son auditoire
masculin, lors d’un point de presse au Medef, en affirmant
que la « seule » solution pour l’égalité hommesfemmes
dans l’entreprise, « c’est, s’il vous plaît, que
les mecs, vous soyez moins machos et un peu moins
misogynes ». Mais qu’y a-t-il donc de si percutant et
audacieux dans les propos de la patronne des patrons
 ? La trivialité de son langage ? Qu’elle s’adresse
à un parterre de costumes cravates en des termes
directs en les interpellant ? Laurence Parisot sait bien
que de tels propos seront ensuite repris par une presse
avide de bons mots. D’autant plus que, en dehors de
ces exhortations un peu stériles, le patronat fait tout ce
qu’il faut pour que l’on fiche la paix aux entreprises et
que, surtout, jamais on ne sanctionne ni ne contraigne.
Elle sait pouvoir compter sur le gouvernement qui,
voici deux ans, brandissait la menace de sanctions
financières, mais qui finalement soumet à nouveau
la question aux « partenaires sociaux » et répugne
à sanctionner. Sur ce sujet, « l’heure n’est
plus à débuter un nouveau processus de négociation
mais à appliquer et faire appliquer les lois et
les accords collectifs avec rigueur pour progresser
correctement », soutient la CGT, qui réclame
la mise en oeuvre sans délai de l’engagement, pris
en 2007 par le ministre du Travail, d’appliquer dès
2010 des sanctions financières à toutes les entreprises
qui n’auraient pas eu de négociations
« égalité » en 2009. C’est en effet tout un corpus
de lois, d’accords, de transcriptions de textes européens
qu’il convient de mettre en application. Si
le patronat traîne des pieds, c’est parce que l’inertie
ne lui coûte rien et, surtout, parce qu’il a besoin
d’avoir toujours un marché du travail à plusieurs
vitesses avec des inégalités. Car, au fond, n’offrir
aux femmes que des carrières et des salaires
médiocres, c’est aussi une manière de s’offrir les
qualifications au prix le plus bas. Les « qualifs en
low cost », en quelque sorte. Car, ne l’oublions pas, le
niveau de qualification des jeunes femmes a rejoint,
voire dépassé, celui des garçons, y compris dans certains
secteurs qu’on leur croyait interdits.
La question de l’inégalité entre les femmes et les
hommes ne saurait se limiter à celle du nombre de
femmes dans les conseils d’administration, qui resteront
de toute façon de tout petits cercles. Le débat ne
peut se laisser enfermer dans des symboles quand
tant de femmes subissent des écarts de rémunération
de 27 % par rapport à leurs collègues hommes. Voilà
quatre ans qu’une femme incarne le patronat dans
notre pays, tout un symbole… qui n’a pas fait reculer
la précarité, le harcèlement, la discrimination, les inégalités
des femmes au travail. Sur cette question, il
faut arrêter de jouer petit bras.

SOMMAIRE :

- GlaxoSmithKline : Huit cents salariés manifestent pour l’emploi
- Air France : Le CCE consulté sur 1 684 départs volontaires
- AP-HP : La réorganisation va sabrer des milliers d’emplois
- Afssa et Afsset : Fusion à hauts risques pour les missions des deux agences
- Harcèlement moral : DHL et un de ses cadres condamnés
- France Télécom : Réponses massives au questionnaire sur le stress
- Euronext : Trois cadres devront répondre de harcèlement moral
- EADS : Insatisfaction massive des salariés
- Réforme des IRP : Vision commune des syndicats
- TF1 : Pétition contre la dégradation des conditions de travail au reportage
- Cluzet : Le SNJ-CGT demande au CSA d’arrêter son enquête sur les propos de l’acteur
- Droit à l’IVG : La CGT appelle à défendre le droit des femmes

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