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La lettre 278 de l’UGICT CGT du 02 novembre 2009

lundi 2 novembre 2009, par CGT Educ’Action 94

ÉDITO : HARCÈLEMENT ET VIOLENCE AU TRAVAIL LE PATRONAT RESTE DANS LE DÉNI

Syndicats et patronat ont entamé, jeudi 29 octobre, une
négociation sur le harcèlement et la violence au travail.
Les représentants des salariés ont demandé, d’entrée de
jeu, que les modes de management et d’organisation du
travail soient considérés comme pouvant être responsables
de ces phénomènes. Le harcèlement et la violence au
travail sont deux risques psychosociaux qui touchent chacun
quelque 5% des travailleurs européens, selon une
enquête européenne de 2005. L’objet de la négociation est
la transposition d’un accord européen sur le harcèlement
signé en avril 2007. Celui-ci énumère les formes que peuvent
prendre harcèlement et violence au travail : physiques,
psychologiques ou sexuelles, événements isolés ou
plus systématiques, provenant de collègues, de supérieurs
hiérarchiques ou de clients, de patients, etc.
Tous les syndicats ont évoqué, à la sortie de cette première
séance, la nécessité d’améliorer l’accord, en intégrant
notamment l’idée que le harcèlement et la violence
au travail pouvaient aussi découler du management
et de l’organisation du travail. Mais le
patronat, dans une déclaration liminaire lue en
séance, a clairement indiqué qu’il fallait « distinguer
le harcèlement moral de certaines formes
de management qui peuvent conduire les salariés
à percevoir les directives de leurs supérieurs
comme des contraintes exagérées » mais
« dont l’objet n’est pas d’atteindre moralement
le salarié ». Fidèle à sa ligne de conduite au sein
des entreprises, le patronat est dans le déni total
de ses responsabilités. Il fait porter au salarié la
responsabilité de son incapacité à endurer, à comprendre
ou à accepter. Finalement, le harcèlement,
quand il existe aux yeux du patronat, n’est qu’une
dérive. Lorsque l’on regarde l’excellent documentaire
La Mise à mort du travail, diffusé par France 3
la semaine passée, on peut sérieusement douter et s’insurger
contre un tel déni. Notamment le troublant passage
de ces jeunes étudiants belges en management qui
assistent à la consultation du docteur Marie Pezé à l’hôpital
de Nanterre. Ils réalisent que la souffrance d’une
patiente reçue à la consultation résulte de mécanismes
de pression qui leur sont enseignés.
« Etre cadre aujourd’hui consiste de plus en plus à
être le porteur et le garant de l’idéologie patronale, à
jouer le rôle que les directions d’entreprises tentent
de nous imposer, à nous sentir responsables, et sans
conditions, de la mise en oeuvre de directives imposées
 », affirme l’Ugict dans le préambule d’une « Charte
pour l’encadrement » que la CGT des cadres et technicien-
ne-s met en débat. Elle s’inscrit dans nos propositions
pour promouvoir un autre mode de management
dont le besoin se fait plus que jamais sentir.
LIEN VERS LA CHARTE
< www.ugict.cgt.fr/joomla/index.php?option=com_content&view=article&id=1839:une-charte-pour-lencadrement&catid=63:
vie-syndicale-&Itemid=138 >

SOMMAIRE :
- Salaires : Selon l’Apec, un cadre sur deux a été augmenté en 2008
- EADS : La CGT Airbus appelle à « un changement de cap industriel et social »
- Dénonciation au travail sur Internet : La justice française va trancher
- Salaires : Appel à la grève à la Société générale
- Arrêt maladie : Les députés UMP à l’offensive
- Hôpitaux : La loi Bachelot fait place nette pour le privé lucratif
- Egalité hommes-femmes : Négociations en novembre
- Rapport de l’OFCE : Risque de croissance « précaire » en France
- Revenus des grands patrons : Pas toujours justifiés par leurs résultats financiers
- Etats-Unis : 55 % des ménages ne pourront prendre leur retraite à 65 ans
- Débat : Refonder une politique industrielle

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